Il jette du mercurochrome sur un policier, et sera jugé pour « violences aggravées »
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Il jette du mercurochrome sur un policier, et sera jugé pour « violences aggravées »

actualisé le 25/08/2016 à 09h56

Situation tendue entre manifestants et policiers lors du 1er mai à Bordeaux (XR/Rue89 Bordeaux)

Situation tendue entre manifestants et policiers lors du 1er mai à Bordeaux (XR/Rue89 Bordeaux)

Ce mardi, la coordination lycéenne de Bordeaux appelle au rassemblement place de la Victoire à 12h30. Si la loi Travail est toujours en ligne de mire, l’arrestation de l’un des leurs lors de la manifestation du 1er mai accroit leur courroux.

Après la marche pour la journée internationale des travailleurs qui a réuni 4000 personnes, Camille a été interpellé par la police. L’étudiant de 19 ans et manifestant assidu contre la loi El Khomri est poursuivi pour « violences aggravées sur une personne dépositaire de l’autorité publique ».

Arrêté par la Bac, il loupe son partiel

Que s ‘est-il passé ? Dimanche matin lors du défilé, la situation était tendue cours Victor Hugo. Une partie du cortège a lancé, selon la coordination, « des œufs sur une banque et un fast-food ». L’agence InCité, près de la Grosse Cloche a également été touchée. Un policier en civil a été aspergé de mercurochrome mélangé avec de l’eau, explique Camille sur sa page facebook. Rue89 Bordeaux n’a pas assisté à la scène mais a remarqué que, dans les minutes qui ont suivi, seules quelques gouttes maculaient les vêtements et le visage du policier touché.

« Vous croyez que c’est normal ? » a-t-il lancé à une syndicaliste de Solidaires qui tentait de calmer le jeu.

Alors que la manifestation reprenait sa marche vers la place de la Victoire – et le policier avec – Camille a nommément été désigné par les policiers comme l’auteur des jets. Il a finalement été arrêté par la brigade anti-criminalité (Bac) une fois la marche achevée puis placé en garde-à-vue.

« Arrestation injustifiée »

La coordination lycéenne de Bordeaux dénonce une « arrestation injustifiée (…) dont le but ne serait qu’une intimidation pour essayer de museler la contestation lycéenne ». Dans un communiqué commun, les syndicats CGT, FSU, Solidaires, Unef et Unl s’indignent de l’arrestation de Camille « alors qu’il rentrait chez lui » :

« Une voiture banalisée s’est arrêtée à sa hauteur et quatre policiers en civil se sont précipités sur lui et l’ont embarqué. Un camarade qui a tenté de s’interposer a été frappé au visage et jeté à terre. »

Les organisations dénoncent une « criminalisation » de l’action syndicale. Loupant son partiel de droit ce lundi matin à l’heure où il était déféré devant le parquet de Bordeaux, Camille sera jugé le vendredi 3 juin.

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.

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