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71 ans après Nagasaki, ils jeûnent contre l’arme nucléaire
Brèves  Société 

71 ans après Nagasaki, ils jeûnent contre l’arme nucléaire

par Simon Barthélémy.
Publié le 9 août 2016.
Imprimé le 08 août 2022 à 02:42
4 802 visites. 1 commentaire.
Les jeûneurs et militants du désarmement nucléaire ce mardi à Bordeaux (SB/Rue89 Bordeaux)

Les jeûneurs et militants du désarmement nucléaire ce mardi à Bordeaux (SB/Rue89 Bordeaux)

Près du miroir d’eau, à 11h ce mardi 9 août, jour anniversaire du bombardement de Nagasaki, six Bordelais ont respecté une minute de silence en hommage aux 211000 victimes japonaises des deux attaques nucléaires américaines – sans compter les morts des radiations parmi les hibakushas, les survivants.

Ils ont distribué des tracts, pris la parole et chanté (« Le déserteur » et « La java des bombes atomiques », de Boris Vian), sans guère parvenir à attirer l’attention des touristes et des joggeurs de passage.

En entamant un jeûne le 6 août, 71 ans après Hiroshima, ces militants donnent pourtant de leur personne dans leur combat pour le désarmement nucléaire total.

« Le jeûne est pour nous l’expression forte d’une opposition, c’est le moyen de défendre des causes justes, utilisé avec succès par Gandhi, souligne Dominique Beaude.

Vers un traité d’interdiction des armes nucléaires ?

Sous le contrôle d’un médecin, celui-ci a cessé de s’alimenter le 6 août, 71e anniversaire d’Hiroshima, tout comme 5 autres militants pacifistes – deux jeûnaient encore ce mardi. Ils s’étaient réunis ce jour là au Barp (Gironde), devant le site du laser Mégajoule. Inaugurée en 2014, cette installation du CEA doit, depuis la fin des essais nucléaires aériens puis sous-marins, permettre à la France d’expérimenter de nouvelles armes en laboratoire.

« Comme le disait Théodore Monod, préparer un crime, c’est déjà un crime, c’est pourquoi nous nous sommes retrouvés devant le tori japonais symboliquement érigé au Barp par l’association Negajoule, indique Dominique Beaude. Depuis 1945, la dissuasion n’a pas empêché la guerre, il n’y en a jamais eu autant qu’aujourd’hui. »

Depuis le 6 août, des militants anti-nucléaire se sont ainsi rassemblés devant plusieurs équipements phares de l’arsenal français, notamment le CEA de Valduc, près de Dijon, qui assure l’entretien des têtes nucléaires françaises, et La Hague, où sont traitées les pièces démantelées.

A Paris, deux personnes qui ont manifesté devant le siège du parti Les Républicains, et inscrit à la craie le message « non à l’arme nucléaire, qui nous coûte 4 milliards d’euros par an », ont été placées 24h en garde à vue et sont poursuivies pour «dégradation grave en réunion». Elles entendaient ainsi dénoncé l’unanimisme des candidats à la primaire de droite, « tous favorables à l’arme nucléaire et à la poursuite de sa modernisation (en contradiction avec le Traité de non-prolifération, signé par la France) ».

Alors que « 16000 bombes sont en service dans le monde, et 2000 en état d’alerte, autant que pendant la guerre froide », selon les jeûneurs bordelais, ces militants veulent au contraire sensibiliser l’opinion aux débats en cours à l’ONU. Les Nations Unies planchent sur un possible traité d’interdiction de la possession d’armes nucléaires, et non plus simplement sur d’interdiction des essais ou de la prolifération.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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