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Les clients des cars Macron descendent la gare routière de Bordeaux

A Bordeaux, les cars Macron s’arrêtent dans un parking près de la gare, dont le confort sommaire est critiqué par les clients de Flixbus. Dans une enquête de satisfaction réalisée par la compagnie leader du marché, l’arrêt bordelais est l’un des moins bien notés.

Deux abribus et quatre bancs publics sur le parking Descas, coincé entre le quai de Paludate et la bretelle d’accès au pont Saint-Jean : bienvenue à la « gare routière » des cars Macron à Bordeaux. Les centaines de voyageurs qui y transitent chaque jour doivent ainsi faire avec un confort rudimentaire, comme le racontent ceux que nous avons rencontrés ce jeudi.

« Il n’y a même pas de sanitaires, j’ai dû un jour aller faire mes besoins dans un coin », avoue Ramzi, 25 ans, qui emprunte deux fois par mois la liaison Ouibus pour Paris.

Un panneau indique pourtant des toilettes publiques, mais celles-ci sont introuvables dans les environs immédiats. D’ailleurs, l’arrêt des cars Flixbus, Ouibus (filiale de la SNCF) et Isilines, les trois dernières compagnies à desservir Bordeaux depuis la faillite de Mégabus et le rachat de Starshipper par Ouibus, est lui-même délicat à trouver, poursuit Ramzi :

« Il n’est pas du tout visible ni indiqué. Je ne suis pas de Bordeaux, et la première fois que je suis venu, j’ai galéré ! »

« La nuit, je ne resterais pas dans le coin »

Sa voisine Claire, 25 ans, et qui attend son car pour Clermont-Ferrand assise sur sa valise, renchérit :

« Heureusement, j’avais mon GPS lors de ma première venue. Et ce serait bien d’avoir un vrai abri. Aujourd’hui, il fait beau, ça va. Mais quand il pleut, on est parfois très nombreux sous les abribus, et on ne peut pas s’assoir. Enfin, c’est un peu à l’écart du centre, la nuit je ne resterais pas dans le coin… »

Sur le parking servant d’arrêt aux cars Macron à Bordeaux (SB/Rue89 Bordeaux)

L’arrêt bordelais des cars Macron de Bordeaux figure donc plutôt en queue de peloton dans l’enquête de satisfaction menée par la compagnie leader du marché, Flixbus, auprès de 10000 de ses clients en France.

Parmi les 30 grandes villes de France, Bordeaux n’obtient qu’une note de 2,8 sur 5, contre 3,7 pour Toulon et Grenoble, les grandes villes les mieux classées, ou encore 3,4 pour Toulouse, Nice et Limoges. Les derniers de la classe sont Massy-Palaiseau (2,1) et Paris-Bercy (2,5).

A boire et à manger

Dans les critiques concernant la gare de Bordeaux, celle sur l’absence/insuffisance d’abris recueille le plus de suffrages (70%), suivi de l’absence de toilettes (61%), du manque de sièges (49%), de point de restauration (46%) et d’informations des voyageurs (35%).

« Les résultats de l’étude illustrent le décalage entre la mauvaise qualité de certaines infrastructures et le niveau de confort proposé à bord des cars Macron, bien supérieur à ce que propose le covoiturage et la majorité des trains, » martèle Yvan Lefranc-Morin, directeur général de Flixbus.

Raphaël Daniel, responsable de la communication de Flixbus France, souhaiterait que la métropole bordelaise s’inspire de son voisin toulousain en construisant des aménagements corrects. La situation actuelle risque selon lui d’envoyer un mauvais signal aux passagers occasionnels « qui pourraient se dire que nos services sont low-cost alors que c’est faux. »

L’arrêt de Bordeaux mis au ban des gares routières par les clients de Flixbus (SB/Rue89 Bordeaux)

Les voyageurs que nous avons rencontrés sont toutefois plutôt compréhensifs de ce point de vue :

« A 17 euros pour aller à Paris, on peut faire des concessions, explique Claire. On ne va pas être trop tatillons sur les conditions d’attente. D’autant que l’arrêt n’est pas loin de la gare, ce qui est pratique lorsqu’on a une correspondance, comme cela a été mon cas. »

Une étude est toujours en cours à Bordeaux Métropole pour savoir où, comment et à quel prix pourrait être réalisée une vraie gare routière. Jointe par Rue89 Bordeaux, la métropole n’a pas encore pu nous donner  plus de précisions sur l’avancée de ces réflexions, en cours depuis plus d’un an.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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