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Des microalgues girondines pour dépolluer l’air de Paris
Brèves  Ecologie 

Des microalgues girondines pour dépolluer l’air de Paris

par Simon Barthélémy.
Publié le 2 mai 2017.
Imprimé le 02 août 2021 à 20:16
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Une colonne Morris très particulière est en cours d’installation à Paris : elle est remplie de microalgues capables d’absorber le CO2 et réduire la pollution atmosphérique. Cette solution est développée par la société Fermentalg, basée à Libourne (Gironde), et testée avec Suez pour la mairie de Paris.

La colonne-puits de carbone testée par Suez et Fermentalg (DR)

Cette variante des antiques colonnes Morris, mobilier urbain et support publicitaire typiquement parisien du XIXe siècle, est érigée place Victor-et-Hélène-Basch (aussi appelée place d’Alésia), dans le XIVe arrondissement. Il s’agit un carrefour très pollué, par lequel transitent plus de 72 000 véhicules par jour (à titre de comparaison, on en dénombre entre 78000 et 131000 par jour sur la rocade bordelaise).

D’ici l’été, cette colonne fera en fait office de puits de carbone. Comment ça marche ? Elle renferme un grand cylindre rempli d’eau et de microalgues d’eau douce, cultivées en Gironde. Grâce à la photosynthèse, activée par la lumière, ces organismes vivants vont transformer le CO2 en dioxygène.

L’air purifié est rejeté dans l’atmosphère. Lorsque les microalgues qui ont proliféré sont en trop grande quantité dans la colonne, la biomasse ainsi formée est évacuée par le réseau d’assainissement vers la station d’épuration la plus proche. Une fois traitées par la méthanisation, les microalgues seront transformées en biogaz pour chauffer les villes.

Paris: Des algues dans une colonne Morris pour… par 20Minutes

« Le projet a démarré il y a un peu plus d’un an et demi, et c’est la partie expérimentation qui commence à Paris, indique Marina Deterrier, biologiste et chef de projet pour Fermentalg. Nous avons pu voir en laboratoire qu’un mètre cube de cultures permet de fixer une tonne de CO2 par an, soit l’équivalente de cent arbres. Grâce à cette colonne Morris, qui contient 2 m3, nous allons pouvoir observer ce que l’a donne en condition réelle. Nous sommes conscient qu’à l’échelle d’une ville, ce n’est pas grand chose. Mais si au bout d’un an de tests le système est efficace, nous pourrons le développer à plus grande échelle. »

5 personnes, sur sa cinquantaine de salariés de Fermentalg, travaillent sur ce projet. Les colonnes Fermentalg pourraient également traiter d’autres polluants, comme l’oxyde d’azote ou l’oxyde de soufre, que les microalgues ont aussi la capacité d’ingérer.

Si la société girondine n’a pas donné de détails financiers sur son accord avec Suez, le puits de carbone est un volet important de son activité. Une autre partie du même projet prévoit de traiter les fumées d’une usine d’incinération à Colombes, en Île-de-France.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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