Bordeaux Métropole Arena, une inauguration sans fausse note
Culture 

Bordeaux Métropole Arena, une inauguration sans fausse note

Pas de couac apparent ce mercredi pour l’inauguration de la Bordeaux Métropole Arena : à vélo, en bus ou en voiture, les spectateurs de Depeche Mode sont arrivés sans encombre à Floirac, et repartis pour beaucoup ravis de cette nouvelles salle, à l’acoustique et au confort plébiscités.

20 ans que Bordeaux attendait son Zénith. Ce mercredi, c’est en fait une Arena que les officiels ont inauguré à Floirac, coupan un ruban symbolique devant la salle trois heures avant le concert de Depeche Mode.

Alors que cet équipement modulable pourra accueillir entre 2500 et 11300 personnes pour des spectacles (musique, humour, sport…), la jauge maximale a été atteinte dès ce mercredi avec le groupe pop britannique : le concert est « sold out » depuis la mise en vente des billets, en juillet dernier.

Certains redoutaient les encombrements et le stationnement sauvage que pouvait générer l’évènement, alors que le nombre de places pour se garer est limité dans le quartier. Mais les navettes entre la place Stalingrad et l’Arena ont dépoté, et, le beau temps aidant, beaucoup de spectateurs sont, semble-t-il, venus à vélo – certains réservant même des arceaux (il y en a 500 qui peuvent accueillir 1000 vélos) pour leurs camarades.

Devant la Bordeaux Métropole Arena (SB/Rue89 Bordeaux)

Dans le Top 5

D’ailleurs, pour éviter toute mauvaise surprise, les fans avaient prévu large : dès 17h, une longue queue était déjà formée devant la salle. Certains avaient même campé devant pour être sûrs d’être au premier rang, se précipitant en courant dans la salle dès que les portes se sont ouvertes…  D’autres arrivés par la suite s’étonnaient de devoir attendre aussi longtemps dehors (jusqu’à une heure après l’ouverture des portes), et qu’il n’y ait qu’une entrée pour accéder à l’Arena.

« Il y avait une vraie attente à Bordeaux, affirme Jérôme Lenglet, directeur de la Bordeaux Métropole Arena. Dix autres spectacles (dont Orelsan, Les Bodin’s et Imagine Dragon) sont déjà complets, sur une soixantaine d’évènements programmés en 2018. Bordeaux était sans doute la dernière métropole française qui n’avait pas la possibilité d’accueillir notamment les spectacles de grands artistes internationaux. Ceux-ci ne font que trois dates en France, dont Paris. Pour qu’ils aient envie de venir à Bordeaux, il fallait une capacité dans le top 5 des salles françaises. »

Jusqu’à présent, les grosses productions passaient à la patinoire Mériadeck, dans le centre ville de Bordeaux, capable de recevoir plus de 7000 spectateurs.

Amphithéâtre

« Mais des groupes comme Depeche Mode ne pouvaient pas y faire entrer leurs kits de scène, et la jauge était insuffisante pour amortir tous les coûts », poursuit Jérôme Lenglet, également président de Lagardere Live Entertainment, qui exploite d’autres salles en France, dont le Zénith de Paris et la Bataclan.

Depeche Mode sur la scène de l’Arena (WS/Rue89 Bordeaux)

Outre le confort des artistes, celui du public est, on peut l’affirmer aujourd’hui, garanti : l’acoustique est optimale, la visibilité impeccable même depuis le fond de la salle, grâce à la forme ovale de celle-ci.

« On y voit de partout, comme dans un amphithéâtre, souligne Nicolas, spectateur de 42 ans. Et on n’a pas froid aux pieds comme à la Patinoire. Grâce à ça, Bordeaux revient dans les grandes tournées internationales (Shakira a été annoncée lundi, NDLR), c’est une bonne chose. »

Ce dernier déplore simplement « quelques problèmes d’organisation au bar », où le prix des consos est toutefois raisonnable (6,50 euros la pinte de bière, par exemple).

Et le concert, au fait ? Carré et très pro. Mais un poil froid, sans aucun mot particulier pour cette nouvelle salle – à part des « merci Bordeaux », le trio de quinquagénaires anglais (épaulé sur scène d’un batteur et d’un pianiste) doit jouer et dire exactement les mêmes choses au même moment à Oslo ou Rio de Janeiro. Un Dave Gahan en forme et les clips façon NRJ12 sur les écrans géants ne suffisent pas à enflammer le public, un peu endormi par des séries de titre sans relief.

Il n’a vraiment décollé que dans le dernier tiers, lorsque le groupe a entonné ses tubes des années 80 – « Enjoy the silence », « Never let me down again » (mais pas de « Just can’t get enough » ou de « Master and Servant »), pour conclure sur un « Personal Jesus » énergique. Il faut dire que malgré ses 14 albums au compteur, Depeche Mode n’a rien créé de vraiment marquant depuis plus de 20 ans. Bref, l’affiche était vintage et fédératrice, tout comme de nombreux spectacles au programme de l’Arena cette année. Ce sera un bel endroit pour communier, en espérant que d’autres artistes nous y mettent vraiment en transe.

Devant l’Arena (WS/Rue89 Bordeaux)

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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