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Tout savoir sur la Bordeaux Métropole Arena (et comment y aller sans galérer)

Depeche Mode inaugure le 24 janvier la nouvelle grande salle de spectacle de l’agglomération. Capable d’accueillir 11300 personnes, sa desserte en transports et les conditions de stationnement suscitent des inquiétudes, que Bordeaux Métropole s’emploie à lever.

Pour agiter un galet, il fallait de la New Wave. Le 24 janvier, Depeche Mode fera donc son unique date française de l’année dans la Bordeaux Métropole Arena, à la forme caractéristique de caillou échoué. Ce concert inaugural affiche complet depuis l’heure qui a suivi l’annonce de la venue du groupe électro-pop british, avec 11300 places écoulées.

Organisé par le plus grand tourneur mondial, Live Nation, il met d’emblée Floirac en bonne place sur la carte. D’autant que l’Arena bordelaise aura une jauge plus importante, et de meilleures conditions d’accueil des artistes, que son concurrent principal, le Zénith de Toulouse (capable d’accueillir jusqu’à 11000 personnes en poussant un peu les murs). Oubliés donc les gros concerts à l’acoustique douteuse et au confort médiocre à la patinoire de Mériadeck ou à la Médoquine de Talence….

« Il nous manquait à Bordeaux une salle capable d’accueillir de grands spectacles de musique, de sports, etc. a rappelé Alain Juppé ce mercredi lors d’une conférence de presse. Beaucoup de ces spectacles évitaient Bordeaux et on les retrouvaient dans des villes plus éloignées. Aujourd’hui les premiers objectifs sont atteints : la salle est livrée dans les délais, les coûts sont tenus, et le bâtiment conçu par Rudy Ricciotti est magnifique. »

Lagardère viendra à toi

L’équipement, dont le chantier a démarré en janvier 2016, aura coûté 75 millions d’euros, dont 57 millions à la charge de Bordeaux Métropole (l’agglo a également financé à hauteur de 9,1 millions d’euros un parking silo de 962 places, géré par Parcub). Pour bâtir et exploiter l’Arena, un contrat de concession de travaux publics a été signé avec le groupement SENSO, qui comprend l’agence de l’architecte, Rudy Ricciotti, Bouygues Bâtiment Centre Sud-Ouest, et Lagardère Live Entertainment. Ce dernier groupe, qui exploite entre autres le Zénith de Paris et le Bataclan, va piloter la salle bordelaise pendant 17 ans, à l’issue desquels la métropole en deviendra propriétaire.

60 évènements sont déjà au programme pour 2018 (voire notre encadré en bas de page). L’Arena compte en accueillir une centaine par an, c’est à dire trois par semaine. 20% d’entre eux devraient atteindre la jauge maximale, soit plus de 8000 spectateurs. Mais 80% auront une jauge inférieure, et la moitié seront même en configuration « petite jauge » (2500 personnes).

12 euros la place

Pour Alain Juppé, cela relativise les critiques sur le nombre de places de stationnement qui serait insuffisant : sachant qu’aux 962 places en ouvrage s’ajoutent 500 à 600 places en surface 1 kilomètre à la ronde autour de l’Arena, et que la métropole table sur trois spectateurs par voiture (une moyenne constatée par les salles équivalentes en France), une majorité du public pourrait donc théoriquement se rendre sur place sans trop d’encombre.

Un parking en silo s’est glissé dans cette image, saurez-vous le retrouver ? (SB/Rue89 Bordeaux)

Alain Juppé ne désespère pas par ailleurs de convaincre le directeur d’Auchan Bouliac de laisser les spectateurs de l’Arena utiliser le parking de son hypermarché, ce qu’il refuse catégoriquement. Mais la collectivité entend de toutes façons limiter l’usage de la voiture dans une zone, les quais, propice aux encombrements. Et elle le fait de deux manières : le prix (12 euros la soirée dans le parking, et la place devra être achetée à l’avance, avec le billet) et la lutte contre le stationnement sauvage – 2000 potelets installés dans le périmètre habité de la ZAC des Quais, et les 8 nouveaux policiers municipaux recrutés par la Ville de Floirac assureront un filtrage, laissant librement circuler les riverains disposant de macarons (à retirer en mairie).

En mode crash test

Pour se rendre à l’Arena, la métropole préconise l’usage du covoiturage et des modes doux :

« Il faut 15 minutes à bicyclette entre le centre-ville et l’Arena, sans être consommateur de produits spécifiques, ou encore 25 minutes à pied pour rallier la salle depuis le pont Saint-Jean », signale notamment Alain Juppé.

A l’arrivée 500 arceaux, soit 1000 places, sont réservées aux vélos. Et la métropole escompte plus de 3000 spectateurs véhiculés par bus. Alors que le pont Simone-Veil, qui aurait du être livré en même temps que la salle (et avec son bus à haut niveau de service depuis la gare), a pris trois ans de retard, l’agglo dégaine une navette depuis la place Stalingrad. Celle-ci assurera un bus toutes les 3 minutes pour les grosses affluences, comme celle du 24 janvier, en plus des quatre lignes régulières qui desservent l’Arena (lianes 10, lignes 28, 32 et 62).

A l’instar du France-Serbie pour le grand stade, le concert de Depeche Mode fera ainsi office de crash test pour l’Arena.

Le parcours de la navette TBM (DR)

Une programmation très « oldies »

Les spectacles au programme de la première année de l’Arena ne font pas dans la prise de risque artistique démesurée. Il s’agit essentiellement de variété à forte tonalité vintage, qu’elle soit française (Véronique Sanson, Charles Aznavour, Michel Sardou, Bernard Lavilliers…) ou internationale (Lenny Kravitz, …). Même standard tout public dans les autres catégories : cirque (le Cirque du Soleil), danse (Le Lac des Cygnes), spectacles équestres (Cadre Noir de Saumur) ou humour (Jamel Debbouze…).

Côté musiques actuelles, et si on excepte la venue Orelsan, celles d’Imagine Dragons ou de Vianney ne fait pas particulièrement vibrer (c’est un point de vue personnel, certes, mais d’amateur éclairé). On espère donc que les tourneurs identifieront rapidement le potentiel de l’Arena pour y programmer des artistes moins consensuels.

Le cahier des charges avec la métropole prévoit pour sa part simplement que Lagardère Live Entertainment, qui gère sa propre écurie (dont fait partie Florent Pagny, également à l’affiche de l’Arena) donne libre accès à toutes les productions concurrentes, et fasse la promotion de la scène locale. 1% du  chiffre d’affaires (hors billetterie) seront ainsi investis dans un partenariat avec les SMAC (scènes de musiques actuelles) de l’agglo. Un concert réunissant des groupes locaux pourrait ainsi avoir lieu en juin.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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