Les lycées de Nouvelle-Aquitaine s’engagent contre le gaspillage alimentaire
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Les lycées de Nouvelle-Aquitaine s’engagent contre le gaspillage alimentaire

Aujourd’hui, l’équivalent de 68 centimes partent à la poubelle pour chaque plateau repas dans les cantines des lycées de Nouvelle-Aquitaine. La Région et l’Ademe lancent donc un programme d’action contre le gaspillage alimentaire jusqu’en 2020.

La Région Nouvelle-Aquitaine et l’Ademe ont signé ce mardi une convention pour lutter contre le gaspillage alimentaire au lycée Toulouse-Lautrec de Bordeaux. Cet établissement commencera l’expérience en septembre prochain, avec une centaine d’autres lycées (dont 90% en Gironde).

Objectifs : réduire le nombre de déchets et favoriser l’utilisation de produits locaux et bio. En 2017, 92 lycées ont servi de test dans 15 bassins territoriaux différents (Niort, Creuse, Angoulême…).

La première étape pour la Région et l’Ademe passe par la sensibilisation. Les personnels de cuisine sont ciblés et vont bénéficier de formations. En cuisine, on cherchera donc à offrir plus de choix aux élèves, à modifier les quantités ou encore à cuisiner des produits de saisons ou autres produits frais.

« Aujourd’hui, nous prenons en compte qu’il existe des appétits différents et que chacun peut se servir en fonction de sa faim du moment. Certains lycées font aussi des tests avec les morceaux de pain. On peut par exemple faire des quantités plus petites ou alors placer le pain en fin de service », raconte Véronique Bernard, référente de la lutte contre le gaspillage alimentaire en Nouvelle-Aquitaine de l’Ademe.

Les élèves seront aussi au cœur du dispositif de sensibilisation. Ils seront mieux informés. Les professeurs, les personnels de cantine et des associations auront la tâche d’inculquer un esprit anti-gaspillage, à l’aide d’associations comme le CREPAQ (centre ressource d’écologie pédagogique de Nouvelle-Aquitaine). Unis-Cité, de son côté, aidera les lycées grâce à des Volontaires en Service Civique (VHS).

« Le sujet du gaspillage alimentaire n’est pas qu’une simple approche morale. Nous sommes en réalité au cœur de l’éducation. Les jeunes doivent de nouveau faire le lien entre ce qu’ils ont dans leur assiette et le système économique de la production alimentaire », déclare Jean-Louis Nembrini, vice président de Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Education et des Lycées.

Le tri des déchets, autre cheval de bataille

Au niveau des collectivités, des syndicats mixtes viendront en aide aux lycées, notamment sur le sujet de la collecte des déchets. Les éléments récoltés seront compostés. Certains lycées pourront même installer un composteur sur leur terrain. Les établissements disposeront donc d’un accompagnement en termes de communication et d’équipements (tables de tri, etc.)

Car la lutte contre les déchets est un autre enjeu pour la Région, qui en a désormais la compétence, et prépare un plan régional de collecte et de valorisation. Or un établissement produit en moyenne 10 tonnes de bio-déchets par an, qu’il s’agira de réduire et valoriser. Dans certains lycées, les élèves sont déjà responsabilisés. A la fin du repas, ils doivent ranger leur plateau en triant leurs déchets (plastiques, produits frais, etc).

« Endiguer l’épuisement des ressources est un défi du XXIe siècle, poursuit Lionel Poitevin, directeur régional de l’Ademe. Nous devons nous mettre dans une posture d’économie circulaire. Contre le gaspillage, il faut produire, cultiver et cuisiner différemment. Il faut sensibiliser les consommateurs. »

25 millions d’euros gaspillés

En septembre 2018, une deuxième vague de lycées poursuivra l’expérience menée par les 92 premiers organismes. A terme, 296 lycées seront concernés d’ici 2020 en Nouvelle-Aquitaine.

Chaque lycée suivra une charte d’engagement propre à son établissement et projet. L’objectif est de réduire de 50% le gaspillage alimentaire sur les lycées d’ici la fin de la mandature de la Région. L’Ademe va investir 100 100€ sur  les 216 200€ du programme.

Mais cela aura des effets économiques positifs : selon une étude de l’Ademe, les pertes liées au gaspillage alimentaire des 296 lycées de Nouvelle-Aquitaine avoisinent les 25 millions d’euros par an. Environ 68 centimes sont jetés à la poubelle à chaque plateau repas.

« L’argent économisé sera réinvesti dans des produits bio et de meilleurs qualité » informe Véronique Bernard.

L'AUTEUR
Clement Amathieux
Clement Amathieux
Journaliste en formation, étudiant en Master DNHD à Bordeaux Montaigne

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