La police municipale de Bordeaux teste les caméras piétons
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La police municipale de Bordeaux teste les caméras piétons

Déjà utilisées par la gendarmerie nationale ou par les polices municipales de Toulouse et Marseille, les caméras piétons débarquent à Bordeaux. L’expérience a débuté ce lundi, pour un an.

La réorganisation de la police municipale bordelaise se poursuit. Engagée il y a 18 mois, cette politique vise notamment à renforcer la polyvalence des agents, et augmenter la présence nocturne. Cela se traduit par des nouveaux besoins matériels et humains. Six nouveaux véhicules ont été achetés pour la police municipale de Bordeaux.

Désormais, les policiers seront équipés de caméras piétons. 80 appareils seront mis à leur disposition, pour un coût de 35 000 € – dont 20 000 pris en charge par l’État.

Des caméras contre les agressions

Les caméras piétons permettent au porteur d’enregistrer les faits observés. Elles s’activent au moment voulu par une simple pression du policier, et celui-ci est libre de le faire ou pas lors d’une mission ou interpellation. En revanche, les caméras seront constamment portées par les forces de l’ordre ; elles font partie intégrantes de l’équipement policier.

Le but est de protéger les équipes en patrouille contre les agressions et d’enregistrer des moments d’intervention.

« Le port des caméras a tendance à calmer les personnes qui insultent ou agressent les forces de l’ordre, explique Jean-Louis David, adjoint au maire en charge de la vie urbaine et de la coordination de la politique de proximité. Les gens changent d’attitude une fois filmés. Tout ce qui est enregistré vous est opposable, car les images sont transmises à la police judiciaire, à la police nationale et à la Justice ».

Les séquences captées sont conservées six mois maximum, excepté si elles deviennent des preuves judiciaires. Au terme du délai, elles seront automatiquement effacées.

« Nous avons une autorisation préfectorale et nous avons fait une déclaration à la CNIL (commission nationale de l’informatique et des libertés). Pour le reste, on se réfère au code de la sécurité intérieure », précise Jean-Louis David.

Souriez, vous êtes filmés

Au moment de l’utilisation, les agents ont l’obligation de signifier à la personne arrêtée que la caméra est active. Dès le retour au service, le son et les images sont transférés et stockés sur un serveur. Seuls des responsables de la police municipales auront ensuite accès aux contenus. L’auteur n’a en aucun cas l’autorisation de consulter les images en temps réel.

« Toutes les actions sur la vidéo seront tracées, c’est une nécessité pour la CNIL. Si jamais une vidéo est supprimée, une enquête sera menée pour en savoir la raison. Il s’agit au final du même processus que pour les caméras de vidéo-surveillance. »

En décembre 2017, Bordeaux a inauguré son nouveau centre de vidéo protection. 105 caméras sont dispatchées dans la ville. L’an dernier, elles auraient permis d’interpeller 700 personnes.

A Bordeaux, les chiffres de la délinquance plutôt positifs, et vont en s’améliorant : en 2017, baisse de 3,34% des atteintes volontaires à l’intégrité physique, baisse de 13,56% des cambriolages, et légère augmentation de 2,36% des atteintes aux biens, selon le dernier état des lieux du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD).

« L’objectif c’est qu’on diminue d’année en année le taux de délinquance, car 25 000 faits par an, c’est évidemment beaucoup trop », estime Jean-Louis David.

L'AUTEUR
Clement Amathieux
Clement Amathieux
Journaliste en formation, étudiant en Master DNHD à Bordeaux Montaigne

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