Gilles Sarrailh, le « serial creveur de pneus » face à ses 1116 victimes
Vigie 

Gilles Sarrailh, le « serial creveur de pneus » face à ses 1116 victimes

[A lire sur Slate] Gilles Sarrailh. Jusque récemment, ce nom n’évoquait pas grand-chose. Pourtant, c’est bien cet homme qui, pendant six années, est devenu le cauchemar des Bordelais.  Le « poinçonneur » comme il aime à être surnommé, passa ses nuits à crever les pneus de 6000 véhicules entre 2011 et 2017, jusqu’à cette nuit, rue de Mexico, où la caméra de surveillance du consulat du Maroc le prend en flagrant délit.

Slate raconte avec finesse « le procès de toute une ville » : sa comparution le 18 mai dernier devant ses 1116 victimes au Tribunal de Bordeaux a pris des airs de vindicte populaire contre le « serial creveur de pneus ». Les victimes, trop nombreuses, étaient réparties entre salle d’audience et salle de rediffusion. Peu familières des tribunaux, elles n’hésitèrent pas à applaudir ou crier selon les réquisitoires des avocats. Ils voulaient entendre Gilles Sarrailh se justifier, comprendre.

Quand l’homme de 45 ans est entré dans la salle, personne ne l’a reconnu et pour cause : personne ne l’avait jamais vu. Mais le prévenu a « cette particularité terrible, le physique du délinquant », écrit Elise Costa :

« Blouson noir en cuir élimé, jean bleu clair et sourire goguenard, Sarrailh prend place sur la chaise qui lui est réservée. Un homme derrière lui s’insurge: “Mais pourquoi il est pas dans la cage ?” »

Gilles Sarrailh, passé par la DDAS, les familles d’accueil et l’hôpital de Bègles vient expliquer ses actes : il voulait alerter sur les violences sexuelles sur mineurs et la maltraitance infantile, arguant que les « poinçonneurs » de l’Etat n’avaient pas fait leur travail en ce qui le concernait. Il aurait ainsi été maltraité et violé jusqu’à ses treize ans.

Solitaire, obsessionnel, mais aussi insomniaque, il semble seul face à cette foule de victime qui prennent ensuite la parole et racontent, les unes après les autres, leur histoires et les dangers qu’il a provoqués.

« Tout le monde est chauffé à blanc, et le prétoire prend parfois des airs de cour de justice populaire, écrit Slate. Au premier rang, une femme se lève, le doigt sur sa montre, et coupe la présidente qui n’en est qu’à la lettre “C” : “Excusez-moi ! Dites, il est 10h15. On s’en fiche de savoir le montant des préjudices au centime près. Il y en a qui travaillent ici. Moi je veux qu’il s’explique. Je suis venue pour entendre les justifications de ce monsieur – si on peut l’appeler monsieur – qui m’a privée de vacances.” »

Tout en relatant le procès, Slate peint le portrait d’un homme solitaire, malade et qui voulait être entendu qu’importe les moyens. A 21h le verdict tombe : Gilles Sarrailh est condamné à dix-huit mois d’emprisonnement dont six avec sursis, assortis de trois ans de mise à l’épreuve et d’une obligation de soins.

L’article sur Slate.fr

L'AUTEUR
Julie Chapman
Julie Chapman
Journaliste, étudiante à Sciences Po Bordeaux. Bordelaise de naissance et de cœur.

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