Le FAB invite Jan Fabre, entre autres enfants du paradis
Culture 

Le FAB invite Jan Fabre, entre autres enfants du paradis

Avec trois de ses créations à l’affiche, dont une première française de La Générosité de Dorcas, l’artiste belge Jan Fabre sera l’une des attractions du prochain Festival des arts de Bordeaux Métropole (FAB), qui se tient du 5 au 24 octobre prochain, et aura pour thématique les paradis.

Notre Paradis serait-il à reconquérir ? C’est la question, inspirée de l’essai de Thoreau, qui guidera la troisième édition du festival des arts de Bordeaux métropole. A travers ses 32 spectacles ou ses conférences (sur les paradis fiscaux, notamment, avec l’UPB), les FAB explorera les éden perdus – l’extinction massive du vivant évoquée par exemple dans le spectacle de danse Wreck, ou une rue d’Hebron « stérilisée » par l’armée israélienne et racontée par la compagnie Winter Family… –, comme les paradis fantasmés – Paradiso, du new-yorkais Richard Maxwell, transposition futuriste de la Divine comédie, de Dante.

Mais le festival tentera aussi de proposer un havre de bien-être alternatif. Les Bains Publics seront ainsi l’une des attractions majeures : l’Opération Aquitania, à Saint-Médard les 5 et 6 octobre, puis sur la plaine des sports Saint-Michel de Bordeaux du 11 au 14 octobre, offrira ainsi des modules de sauna, hammam et lasérothérapie, ou encore la possibilité de tricoter avec de la laine de moutons du Limousin… Des « îlots hors du temps pour faire face à nos cités en perpétuelle quête de vitesse », résume le FAB. Le lieu, capable de recevoir un millier de visiteurs, sera animé par deux troupes, 3615 Dakota et Les 3 points de suspension.

Tremplins vers le paradis

La plaine des sports accueillera aussi le QG du festival, un Magic Mirror (chapiteau en bois) qui accueillera notamment le bal masqué des Bains Publics, le spectacle marocain autour de chants berbères de Kabareh Cheikhats, et une programmation festive concoctée par l’Iboat. Exit la volonté d’investir des friches, comme l’ancien marché Victor Hugo ou un hangar des Bassins à flot, recalé l’an dernier pour cause de normes de sécurité.

Si le FAB ne programme pas cette année d’évènement tel que Dominoes ou l’illumination de Carabosse aux Bassins à flot, l’objectif de Sylvie Violan, sa directrice (et dirigeante du Carré-Colonnes) reste d’impliquer le plus grand nombre – 80000 participants au festival l’an dernier.

Aussi, le FAB ira aux 4 coins de la métropole, avec par exemple « un monument du théâtre de rue », Looking for paradise, jeu de piste urbain à Saint-Médard, ou encore un récital de l’Opéra à Saint-Louis-de-Montferrand et à Saint-Aubin-de-Médoc.

Bref, une façon de toucher un public populaire et éloigné des scènes du centre-ville, celui qui fréquentait jadis les paradis des théâtres (les places les moins chères, en hauteur), mais sans renoncer à l’exigence artistique du festival qui entend être plus que jamais un tremplin européen pour des artistes locaux comme ceux du monde entier.

13 premières et 18 créations 2018

Le FAB présentera ainsi cinq commandes artistiques inédites, expressément réalisées pour l’évènement, dont le projet Travelling, qui sera projeté en réalité augmentée dans le tramway de Bordeaux grâce au système Connectram, de la société Axyz. Il proposera 4 premières mondiales, notamment La nostalgie du futur, dernière création de Catherine Marnas (qui dirige le TnBA), La chute des anges, de la bordelaise Raphaëlle Boitel, ou Posare il Tempo, de Claudia Catarzi.

Preparatio Mortis, de Jan Fabre, se jouera du 10 au 12 octobre au TnBA (DR)

5 autres spectacles seront joués pour la première fois en France, dont Quasi Niente, des chaudement recommandés artistes italiens Deflorian / Tagliarini – après le FAB, cette pièce sera à l’affiche du théâtre de la Bastille, à Paris, une référence. Mais aussi La générosité de Dorcas, la dernière création de Troubleyn, la compagnie de Jan Fabre.

L’œuvre s’inscrit dans un focus que le FAB consacre cette année au très provoc artiste et metteur en scène belge, avec deux autres de ses spectacles à l’affiche : Preparatio Mortis, créé en 2005 pour la danseuse (installée en Gironde) Annabelle Chambon, et Belgian Rules – Belgium Rules, une œuvre de 2017, hymne à la belgitude dans toute la splendeur de ses clichés et de ses arts (BD, surréalisme, musique…). Artiste associé du festival d’Avignon en 2005, Jan Fabre n’était plus venu à Bordeaux depuis 1996, pour une des toutes dernières éditions de Sigma.

Pour préparer cette troisième édition, le FAB bénéficie d’un budget équivalent aux éditions précédentes, estimé à 700 000 euros, dont 500 000 de subventions – ce qui, soulignent ses responsables, est peu pour trois semaines d’évènements et une cinquantaine de propositions. La billetterie du FAB ouvrira le 6 septembre.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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