La commission d’information nucléaire du Blayais ferme ses réunions au public
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La commission d’information nucléaire du Blayais ferme ses réunions au public

L’association Tchernoblaye appelle à manifester ce vendredi à Bordeaux devant le conseil départemental de Gironde, où se tient l’assemblée générale de la CLIN (Commission locale d’information sur le nucléaire) du Blayais. Motif : la décision de cette instance de tenir à huis-clos cette réunion, jusqu’à présent ouverte au public.

L’organisation anti-nucléaire voit un « scandale » dans ce choix du bureau de la CLIN, acté lors de sa dernière AG à Braud-et-Saint-Louis. Depuis sa création en 1993, les réunions de cette commission, chargée d’assurer un suivi d’information et de concertation en matière de sûreté nucléaire, sont toujours ouvertes au public.

Cette « décision rétrograde, digne de l’URSS », estime Tchernoblaye, est selon elle, « clairement prise pour l’exclure », elle qui, chaque année, « assistait pacifiquement aux débats… mais posait aussi des questions probablement jugées gênantes ».

« Tolérance »

Mais la « présence du public est une tolérance non prévue dans ses statuts », rappellent plusieurs membres du bureau. Et des membres éminents de la CLIN (la préfecture et EDF, en particulier) n’ont pas apprécié des « débordements » de manifestants anti-nucléaire, notamment lors des dernières séances à Bordeaux. L’an dernier, les représentants de l’Etat et de l’électricien ont quitté la réunion après une interruption de séance, motivant leur tenue à huis-clos.

« Certains des débordements constatés ont conduit l’Etat et EDF à rappeler les statuts de la CLIN, limitant ainsi la participation aux membres désignés, indique le conseil départemental, qui préside la CLIN. Aussi, pour la sérénité des débats, a été fait le choix de fermer ces réunions. Les informations seront désormais présentées par EDF et l’Autorité de sûreté nucléaire lors d’une réunion publique organisée par la CLIN. La prochaine aura lieu le 4 décembre à 18h, à Etauliers. »

La décision de fermer au public la réunion de la CLIN intervient en outre, poursuit Tchernoblaye, « alors que l’industrie nucléaire est plongée dans le plus grave scandale industriel, à savoir la production de milliers de pièces défectueuses dans les usines Areva du Creusot, et alors qu’EDF veut prolonger de façon irresponsable la durée de vie des centrales obsolètes comme celle du Blayais ».

Clarté

L’association a demandé l’intervention de Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental, qui assure via un de ses élus, Alain Renard, la présidence de la CLIN. Interrogé ce lundi par Rue89 Bordeaux, Jean-Luc Gleyze a d’abord justifié cette mesure, estimant que la commission était « un lieu de réflexion de fond, pas une tribune associative », et que cela n’empêchait pas Tchernoblaye ou d’autres mouvements anti-nucléaire « d’avoir voix au chapitre ».

Dans un communiqué envoyé un peu plus tard à la presse, le Département a toutefois dit « regretter que le dispositif antérieur ne puisse être maintenu, celui-ci permettant en toute transparence l’information du grand public prévue par la loi ».

Seul membre du bureau de la CLIN a avoir voté contre ce passage à huis-clos des AG, Patrick Maupin, représentant de Greenpeace, attend une clarification des règlements écrits de la commission, celle-ci prévoyant pour l’instant la tenue d’au moins deux réunions par an. Sans préciser combien et lesquelles doivent être ouvertes au public.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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