La manif des lycéens passe du calme rive gauche à la tempête rive droite
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La manif des lycéens passe du calme rive gauche à la tempête rive droite

Pour la troisième journée de mobilisation, les lycéens bordelais ont défilé jusqu’à l’Hôtel de ville avant de rejoindre Stalingrad. Malgré leur volonté d’éviter les violences, la manifestation a dégénéré et sept personnes ont été interpellées.

Sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, dès 9h ce matin, Roxane et ses amies semblent déterminées :

« Les réformes du bac et de Parcoursup favorisent les classes supérieures, qui auront plus de chances que les classes populaires. Nous sommes contre les élites », avancent-elles.

Juste avant de préciser leur volonté de rester pacifiques :

« Nous voulons cette manifestation sans incident, beaucoup de gens ne sont pas venus aujourd’hui car ils avaient peur de se prendre des lacrymos. Il n’y a eu aucune violence jusqu’ici. Nous voulons la paix, et qu’on ne nous enlève pas notre droit à manifester. Nous ne sommes pas innocents et naïfs comme des enfants. »

Asseyez-vous !

Finalement, ils étaient plusieurs centaines. Des lycéens de Montaigne, Montesquieu, Edgar-Morin et Le Mirail, ont rejoint ceux de Mauriac, La Ruche et Trégey. Ils sont arrivés devant l’Hôtel de ville les mains en l’air en signe de non-violence. Dès que retentit un bruit de pétard, une injonction s’élève : « Non, pas de violence, arrêtez vos conneries ! »

Les gendarmes mobiles, présents en nombre place Pey-Berland, leur demandent de s’asseoir afin de pouvoir plus facilement identifier les « casseurs » présents les jours précédents et dont ils disent disposer de photographies.

Mais les manifestants décident de se remettre en route vers la place de la Comédie, « pour que tout le monde nous voit, comme il y a plus de passage » indique l’un d’eux. Des lycéens s’étonnent même du déroulement les événements :

« Je trouve ça bizarre. À Stalingrad les flics nous tiraient dessus au flashball, et là ils ne font rien. Parce qu’on est en ville, tout le monde le verrait. Et puis on est avec Montaigne, c’est un lycée de bourges, ils ne vont pas tirer sur eux, estime un jeune lycéen. Ici c’est la fête, mais venez voir à Stalingrad, c’est pas la même chose. »

Les lycéens manifestants, ce mercredi matin devant le Grand théâtre (BG/Rue89 Bordeaux).

Heurts rive droite

Le cortège ne tient pas en place. Craignant des dérapages, un groupe se remet en marche vers les quais, bientôt suivi par le reste de la foule. Une bonne partie s’engage alors sur le pont de pierre pour la place Stalingrad.

En plus des « Médics jaunes 33 », d’autres gilets jaunes ainsi que des militants « adultes » étaient présents ce matin pour tenter de prévenir les violences policières. Dont Myriam :

« Des tirs de flashball sans sommation sur des enfants qui commencent juste à se politiser, ce n’est pas possible ! Ils voient leurs parents qui souffrent, ils ne sont pas débiles. On est là pour dire aux jeunes que ça ne sert à rien d’entrer dans ce jeu, et leur expliquer leurs droits s’ils se font arrêter. Ensuite, ils ont la chance de pouvoir apprendre, se politiser, et ils se feront leur propre culture politique. »

Ce qui n’a pas empêcher des heurts avec les forces de l’ordre rive droite où une voiture est retournée, d’autres vandalisées et des poubelles sont incendiées. La police a interpellé sept personnes. Elles sont en garde à vue pour « participation sans arme à un attroupement et dégradation de biens publics », l’une d’entre elles se voyant aussi reprocher des faits de violence, indique le parquet de Bordeaux dans un communiqué.

Avertissement aux parents

Le procureur de la République de Bordeaux signale également que depuis lundi, six mineurs ont été poursuivis pour violences sur personnes dépositaires de l’ordre public ayant entraîné des arrêts de travail de 8 jours ou moins. Quatre ont été condamnés à des mesures de réparation pénale, et deux placés en liberté surveillée.

Ce mercredi, les assistants d’éducation du lycée François Mauriac avaient décidé de ne pas se rendre à leur travail, « ne se sentant pas en sécurité pendant [leur] service ». Dans un courrier adressé mardi au rectorat, à l’Académie de Bordeaux et au proviseur, ils indiquent que CPE et AED sont depuis lundi la cible de projectiles (pierre, calculatrice…), et subissent un « climat de tension omniprésent ».

Cette fin de semaine, au regard d’importants risques de blocages, plusieurs lycées bordelais demandent aux parents d’exiger de leurs enfants « de rentrer à la maison et non pas de rejoindre les lieux de manifestations ».

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