Fabriquer sa planche de surf en matériaux naturels et de récup, mode d’emploi
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Fabriquer sa planche de surf en matériaux naturels et de récup, mode d’emploi

Titouan La Droitte est shaper dans la région bordelaise. Il est le dernier gagnant du concours « Creators & innovators upcycle contest » dont le principe est de créer une planche de surf fonctionnelle à partir de matériaux de récupération. Reportage en images sur un processus de création innovant.

Aux origines du surf les planches étaient uniquement faites de bois. La construction « moderne » en résine et fibre de verre est apparue dans les années 50 et n’a pas évolué depuis. Les résines utilisées dans la fabrication des planches sont des dérivés de pétrole cancérigènes, et très difficilement recyclables. C’est un paradoxe de mettre en œuvre de tel matériaux pour servir un sport si proche de la nature.

Matériaux utilisés pour créer une planche. (VB/Rue89 Bordeaux)

Titouan La Droitte a fait le choix de développer un procédé différent : la résine et la fibre de verre sont remplacées par du liège et du bois de paulownia. D’origine la plus locale possible, ils sont issus de forêts durables. Le polystyrène provient d’emballages alimentaires récupérés en grandes surfaces, la fixation de leash est un bouchon de bouteille.

Contrairement à ce que l’on peut parfois entendre, l’écologie n’est pas une contrainte, veut rappeler Titouan :

« Elle doit être le déclenchement d’une prise de conscience collective qui mène vers une nouvelle façon de penser et de concevoir le surf. »

Création d’une planche éco-responsable

Première étape : retravailler le bois. Le paulownia est débité puis raboté à la bonne épaisseur. Les fines lattes ainsi usinés sont jointées pour former une plaque à la fois flexible, solide et légère qui sera le dessous de la future planche. (VB/Rue89 Bordeaux)

Deuxième étape : remodeler les blocs de polystyrène récupérés dans une grande surface, normalement à usage de conditionnement alimentaire lors des transports. (VB/Rue89 Bordeaux)

A l’aide d’un fil chaud (construction maison !), le profil incurvé de la planche est découpé selon le design imaginé par Titouan. L’empreinte carbone finale de la planche étant aussi déterminée par le choix des outils et les procédés de fabrication, c’est une alternative au rabot électrique pour dégrossir le shape de la planche, en produisant moins de poussière et de déchets tout en étant moins énergivore. (VB/Rue89 Bordeaux)

Une fois le pain de mousse propre et découpé, on passe au shape. Une étape très technique car c’est là qu’on décide du design de la planche : son épaisseur, concave, tail, etc. (VB/Rue89 Bordeaux)

La planche est ensuite mise sous vide avec le liège au-dessus, le pain de mousse shapé au milieu et le bois de paulownia en dessous. Collés entre eux, le bois et le liège ainsi plaqués épousent les formes données au polystyrène. (VB/Rue89 Bordeaux)

Après avoir ajouté le goulot de bouteille qui fait office d’attache de leash, une dernière étape de shape est nécessaire pour ajuster le bois et le liège ensemble et parfaire la surface de la planche.(VB/Rue89 Bordeaux)

La planche terminée. (DR)

L’industrie du surf est en plein essor

Sport très populaire, il attire de plus en plus d’adeptes chaque années. La plupart des planches aujourd’hui créées sont pourtant peu écologiques car produites à partir de résine. Ces planches pétrochimiques n’échappent pas à la règle de l’obsolescence programmée. Elle sont fragiles et mettent des centaines d’années à disparaitre. En un mot elles vivent peu et meurent longtemps.

Les nombreuses contre-indications des bidons de résine. (VB/Rue89Bordeaux)

L’idéal pour Titouan serait, à terme, d’atteindre une construction 100% organique, en fabriquant une planche biodégradable : dotée d’une longue durée de vie (contrairement aux planches en résine), elle pourrait se désagréger rapidement dans la nature sans l’intervention de l’homme.

Le bois et le liège remplissent déjà ce critère, il faudrait ensuite remplacer le polystyrène par une matière organique avec des propriétés proche de celui-ci. Pour le moment le surcyclage de polystyrène est une excellente alternative puisqu’il ne demande pas ou peu d’énergie et débarrasse des déchets existants.

Pour en savoir plus sur le travail de Titouan, consultez sa page instagram ou Facebook.

L'AUTEUR
Valentino Belloni
Photojournaliste en formation, étudiant en photographie documentaire et écriture transmédia.

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