L’Europe, vous et moi (2) : Edwige Diaz, le Rassemblement national contre « l’Union carcérale »
Politique 

L’Europe, vous et moi (2) : Edwige Diaz, le Rassemblement national contre « l’Union carcérale »

A J-16 des élections européennes, Rue89 Bordeaux vous présente certains candidats locaux de l’étape parmi les 33 listes en cours. Nous évoquons avec eux l’impact concrets des politiques de l’Union sur leur quotidien, et celui des Néo-Aquitains. Aujourd’hui, trois questions à Edwige Diaz, colistière du Rassemblement national pour les élections européennes, conseillère régionale du parti en Nouvelle-Aquitaine, déléguée départementale et vice-présidente du groupe RN en Nouvelle-Aquitaine.


Edwige Diaz est militante pour le Front national (devenu Rassemblement national) depuis 2014. Candidate à toutes les élections, les européennes sont pour elle une première. Mené par la tête de liste Jordan Bardella, le RN serait d’après les derniers sondages d’Epoka et Harris Interactive au coude à coude avec la liste de La République en marche (LREM) avec 21,5% d’intentions de vote. Ce qui lui donnerait un peu plus de 20 eurodéputés.

Pour Edwige Diaz, 30e de la liste, l’enjeu est ailleurs : Le 26 mai, élection à un seul tour, si Emmanuel Macron arrive en tête, il va pouvoir passer à l’acte II de son quinquennat. L’acte I a déjà été une catastrophe pour notre économie et les français, comme on peut le constater avec la mobilisation des Gilets jaunes. »

Rue89 Bordeaux : Quelle relation personnelle entretenez-vous avec l’Union européenne ?

Je suis avant tout Française, puis Européenne. J’ai fait un lycée avec option bilingue, car je m’intéresse à la littérature espagnole et aux langues étrangères. J’ai eu l’opportunité de passer un bac franco-espagnol, puis de réaliser un master d’espagnol. Je ne suis pas une franco-française repliée sur soi, d’ailleurs mon frère vit à Londres, et mon père à l’étranger.

En revanche, je ne me suis pas satisfaite du fonctionnement actuel de l’Union européenne. Elle est responsable d’échecs, on voit bien qu’elle agit contre les agriculteurs et les souverainetés nationales, c’est une machine à broyer les peuples. Quand on entend Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne, NDLR) nous dire qu’il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens, je pense que tout est dit.

Edwige Diaz (DR)

On accuse souvent l’Europe d’être trop éloignée de la vie des citoyens. Quelle mesure a selon vous eu un impact particulier, bon ou mauvais, sur le quotidien d’un Bordelais ou d’un Néo-Aquitain ?

Quand on pense Union européenne, on pense à l’UE carcérale qui punit, sanctionne. Elle est très couteuse pour les Français, et par ricochet pour les Néo-Aquitains, puisque la contribution de la France à l’UE s’élève à peu près à 21 milliards d’euros, sur lesquels on récupère 13 milliards. Au passage, on perd beaucoup d’argent. Pourquoi devoir subir les slogans de l’Union Européenne comme « L’Europe vous aide », « L’Europe vous protège », alors qu’en réalité, l’Europe nous coûte de l’argent ?

Dans la région, on peut parler par exemple des viticulteurs. L’UE envisage d’interdire le cuivre pour la préparation de la bouillie bordelaise, qui est le seul élément pour produire du vin bio. Les agriculteurs subissent aussi les baisses de la politique agricole commune (PAC).

De plus, dans les écoles, une directive européenne cultive la directive ELCO (Enseignement des langues et cultures d’origine), avec l’apprentissage des langues étrangères dont l’arabe dès l’école primaire (enseignement facultatif, NDLR).

L’UE concerne aussi les chasseurs qu’on arnaque tous les ans en leur disant qu’ils pourront chasser l’oie jusqu’à la date qu’ils souhaitent à savoir fin février, que l’Union refuse systématiquement. C’est un sujet très important en Gironde car c’est le premier département cynégétique de France.

A l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, on constate un développement massif d’éoliennes car l’UE impose le développement des énergies renouvelables quelles qu’elles soient.

En quoi voter pour votre liste pourrait changer cela ? 

Nous n’avons pas la volonté de sortir de l’Union européenne car elle a changé. Nous avons beaucoup de partis amis de plusieurs pays membres, ou qui vont faire une entrée massive au parlement européen. Nous allons pouvoir modifier l’Union européenne de l’intérieur. Par exemple, revenir sur l’espace Schengen (de libre circulation entre les Etats, NDLR), sur la concurrence déloyale…

Ou encore mieux protéger nos agriculteurs français en favorisant le localisme c’est à dire un patriotisme économique qui vous donne le droit d’acheter et de consommer local de manière à relancer l’économie française.

Nous pourrons aussi dire stop à la libéralisation des services publics, comme par exemple les barrages hydroélectriques qui vont être privatisés. Surtout, le Rassemblement national c’est aujourd’hui le vote utile puisque c’est la seule liste capable de battre Macron.

L'AUTEUR
Claire Mayer
Claire Mayer
Journaliste pigiste web et presse écrite, passionnée d'actualité

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