Elections européennes : Bordeaux Métropole partagée entre Macron et Le Pen, les écolos vent en poupe
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Elections européennes : Bordeaux Métropole partagée entre Macron et Le Pen, les écolos vent en poupe

La liste Renaissance (République en Marche, Modem) arrive en tête en Gironde, à Bordeaux et dans la plupart des communes sur la rive gauche de l’agglomération. Mais le Rassemblement national la devance dans de nombreuses villes de la rive droite. Et partout, Europe écologie s’impose comme la première force à gauche.

Les appareils politiques vont examiner à la loupe les précieux enseignements locaux des élections européennes. D’autant que ce dernier scrutin avant les municipales a bénéficié d’une participation relativement forte (pour des européennes), dépassant les 50%. Voici les trois enseignements principaux.

1 – Bordeaux et sa métropole, labos du macronisme

La première leçon apparente, c’est que Bordeaux confirme sa place de laboratoire du macronisme. Ici plus qu’ailleurs, la liste de Nathalie Loiseau, créditée de 29,47% des voix (un peu en deçà des 31,26% d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle), profite de l’écroulement historique des Républicains (4e, avec 9,02%).

Comme l’avait fait Alain Juppé, les électeurs de la droite gaulliste ont rallié avec armes et bagages Renaissance, la liste soutenue par La République en Marche (LREM) et le Modem.

Panneaux au Grand Parc (SB/Rue89 Bordeaux)

Or le nouveau maire de Bordeaux, Nicolas Florian, reste adhérent des Républicains. Et si un sondage récent, commandé par son camp, lui donne un score flatteur de 45% au premier tour des municipales, ses chances de conserver son siège en 2020 passeront probablement par une alliance avec le parti du président. Car l’appétit des Marcheurs pour Bordeaux ne devrait pas se démentir.

La liste de centre-droit arrive en tête de la plupart des communes de la métropole bordelaise, réalisant par exemple 32,6 % au Bouscat, 28% à Bruges, 26,7% à Mérignac, 26,2% à Pessac, 24,38% à Eysines, 24,17% à Blanquefort… Les grandes manoeuvres devraient s’accélérer dans ces villes, pour certaines encore aux mains de la gauche.

2 – L’extrême-droite s’enracine

Si Renaissance est première en Gironde, avec 23,36%, elle compte seulement 12000 voix d’avance sur la liste de Jordan Bardella (Rassemblement national), à 21,18%. Après Jacques Colombier, le mouvement lepeniste aura d’ailleurs un nouvel eurodéputé girondin, Jean-Paul Garraud, transfuge des Républicains.

L’extrême-droite continue à s’enraciner dans le département, et en particulier sur la rive droite de Bordeaux. La liste soutenue par Marine Le Pen obtient ainsi 28,4% à Bassens, 28,10% à Ambarès, 23,71% à Lormont, 20,51% à Cenon et 20,41% à Floirac.

Dans toutes ces communes de la métropole, le Rassemblement national devance assez largement le mouvement macroniste, qui arrive en deuxième place. Les Européennes confirment ainsi la perte d’influence de la gauche auprès de son électorat traditionnel, ouvrier et populaire, au profit de l’extrême-droite.

Alors que ces cinq villes de la métropole sont encore toutes gérées par le parti socialiste, la liste Envie d’Europe de Raphaël Glucksmann, soutenue par le PS, ne se retrouve au mieux qu’à la troisième place, et la France insoumise ne parvient pas à s’y imposer – elle n’y franchit jamais les 11%. C’est la liste Europe écologie de Yannick Jadot qui monte sur le podium.

3 – Europe écologie vent en poupe

Surprise de cette élection, Europe écologie-Les Verts s’impose donc comme la troisième force politique, dans la métropole bordelaise comme au niveau national. La liste « Pour le climat » profite sans doute des importantes mobilisations à Bordeaux contre le réchauffement ou les pesticides. Elle arrive en tête (21,69%) dans la seule commune de l’agglo dirigée par un écologiste, Bègles.

Elle fait aussi de très bons scores et arrive deuxième (derrière LREM) à Talence (22,21%), Pessac (19,12%), Mérignac (18,56%), Saint-Médard-en-Jalles (17,38%)… Surtout, elle est deuxième à Bordeaux, avec 21,54%, confirmant le score accordé à Pierre Hurmic dans le sondage d’Esprit Bordeaux pour les municipales.

Les écologistes se retrouvent en position de force dans les discussions qui s’amorcent en vue d’une liste d’union à gauche. A Bordeaux, la liste de Raphaël Glucksmann n’a réuni que 8,49% des voix, et celle de Manon Aubry, 6,20%. L’effondrement est spectaculaire pour la France insoumise dans une ville où Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 23,43% au premier tour de la présidentielle, avant d’élire un député, Loïc Prud’homme, dans l’une de ses circonscriptions.

Ce dernier, testé par le sondage d’Esprit Bordeaux, obtiendrait 13% aux municipales si celles-ci se tenaient demain. Mais ces élections, bien davantage que la présidentielle, les législatives et a fortiori les européennes, seul scrutin à la proportionnelle intégrale en France, ont des ressorts qui leurs sont propres. Et imposent donc de manier le commentaire avec prudence.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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