L’Europe, vous et moi (9) : Guillaume Guérin, Républicain 100% pro-européen
Politique 

L’Europe, vous et moi (9) : Guillaume Guérin, Républicain 100% pro-européen

A J-2 des élections européennes, suite et fin de notre série d’entretiens avec certain.e.s candidat.e.s parmi les 33 listes en lice. Nous évoquons avec ces locaux de l’étape l’impact concrets des politiques de l’Union sur leur quotidien, et celui des Néo-Aquitains. Aujourd’hui, trois questions à Guillaume Guérin, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, et représentant de la liste Les Républicains pour la Région.

A 32 ans, Guillaume Guérin est une figure montante de la droite régionale. Premier adjoint au maire de Limoges après la victoire surprise de son camps aux municipales dans ce bastion de la gauche, il est repéré par Virginie Calmels, qui s’appuie sur lui lors des élections régionales de 2015.

Cet expert en questions agricoles vient d’ailleurs de remplacer l’ex première adjointe d’Alain Juppé à la présidence du groupe Les Républicains-CPNT au conseil régional. Et il a hérité de la 17e position sur la liste LR aux européennes, menée par François-Xavier Bellamy.

Cette place est a priori non éligible en l’état actuel des sondages, mais Guillaume Guérin en est fier : « Cette candidature me place dans les 10 premiers hommes de mon parti, c’est quelque chose que vous ne refusez pas à votre famille politique quand on vous demande ce service-là », explique l’élu.

Rue89 Bordeaux : Quelle relation personnelle entretenez-vous avec l’Union européenne ?

Guillaume Guérin (DR)

Guillaume Guérin : J’ai eu la chance de beaucoup voyager dans le monde, et particulièrement en Europe. Peut-être pas dans les 27 pays de l’Union, mais dans une grande partie d’entre eux. J’ai été dans la plupart des pays européens de l’ouest – Portugal, Italie, Espagne, Allemagne… – et j’ai fait un peu de tourisme en Europe de l’est, j’en garde un excellent souvenir,

Sans l’UE, vous n’avez pas la capacité de voyager aussi librement qu’on peut le faire aujourd’hui. Je pense que cela parle aux jeunes générations.

Et ça peut paraître désuet de dire « L’Europe, c’est la paix », mais j’y crois énormément. Si elle n’existait pas, je ne suis pas sûr qu’on aurait cet espace de paix tel qu’on le connaît aujourd’hui. Sans l’Europe je ne suis pas sûr que ce qui s’est passé en Crimée (annexée par la Russie, NDLR) ne se serait pas également produit en Ukraine.

Enfin, je suis un rural, je travaille dans le biais de l’expertise agricole et sociale, je vois tous les jours ce que l’Europe rapporte à nos territoires. Les ruraux se plaignent souvent de Bruxelles, de cette grande machine qui écrase tout, mais ce n’est pas si simple.

Oui, la commission européenne parfois – et c’est ce que nous dénonçons dans notre programme -, au lieu de se concentrer sur de gros projets structurants, est surtout éditrice de normes. Mais pour 2014-2020, Bruxelles a débloqué une enveloppe de 700 millions d’euros pour la France à destination des territoires ruraux pour aménager leurs bourgs, les pôles de vie, créer des festivals à la campagne…

On accuse souvent l’Europe d’être trop éloignée de la vie des citoyens. Quelle mesure a selon vous eu un impact particulier, bon ou mauvais, sur le quotidien d’un Bordelais ou d’un Néo-Aquitain ?

Qu’est-ce qui fait la richesse et l’authenticité de la Nouvelle-Aquitaine ? Un savoir-vivre, une culture gastronomique et touristique autour du vin… C’est pour une des plus belles régions de France. L’Union européenne lui a apporté des fonds financiers colossaux. L’oenotourisme en a beaucoup profité, notamment à Bordeaux.

On a également réussi à avoir de l’industrie de pointe. Dans ma ville, grâce à l’UE nous avons reçu plusieurs labels. Ils nous ont permis d’avoir des entreprises de 40 ou 50 salariés qui font notamment des prothèses en céramique vendues dans le monde entier.

Les grands standards de l’alimentation ou du médical qui ont des technologies de pointe sont des standards européens. Si un produit est aux normes européennes, il est reconnu comme l’un des produits les meilleurs du monde dans sa qualité, sa conception…

En revanche, on ne peut pas mettre nos entreprises en concurrence avec des entreprises qui ne respectent pas les mêmes règles. Par exemple, vous ne pouvez pas dire aux exploitants néo-aquitains de produire une viande de qualité, qui sera reconnue et commercialisée comme telle, et la mettre en concurrence avec des viandes d’Amérique latine qui ne respectent aucuns standards environnementaux. Ces produits, lorsqu’ils rentrent sur notre territoire, ils doivent être taxés sur une base qui est celle de l’empreinte carbone.

En quoi voter pour votre liste pourrait changer cela ? 

Finalement, il y a 34 listes, mais pas beaucoup de choix. Il y a les populistes avec l’extrême droite qui, s’ils étaient majoritaires, ne pourraient pas fonctionner car sur plein de sujets, ils ne sont pas d’accord entre eux, comme sur celui de l’immigration… Donc les populistes ne seraient générateurs d’aucune décision, d’aucune réforme, sans compter qu’ils ont une vision particulière du marché commun et de l’euro.

Ensuite, Macron a sur sa liste des opportunistes pathologiques en politique. Au sein de Renaissance, qui risque d’obtenir une vingtaine de sièges, il risque d’y avoir des gens qui siègeront dans différents groupes politiques. Donc l’intérêt de voter LREM est nul, puisque ces gens-là ne seront pas capables demain matin d’incarner une majorité en Europe.

Du côté du Parti socialiste européen, il a tellement régressé ces dernières années – l’Espagne étant l’exception qui confirme la règle -, qu’il ne pourra pas constituer une majorité. Quant à l’alliance qu’est en train de constituer le parti de Jean-Luc Mélenchon avec les autres formations politiques de gauche, elle aura un groupe fort qui sera au moins intellectuellement honnête, qui défendra une vision de l’Europe qui n’est pas la mienne, mais sera encore dans l’opposition.

Le seul groupe qui peut influencer la politique du Parlement, avec un programme européen, c’est le PPE (parti populaire européen), c’est à dire ceux avec lequel se présente la liste de François-Xavier Bellamy et les Républicains.

L'AUTEUR
Claire Mayer
Claire Mayer
Journaliste pigiste web et presse écrite, passionnée d'actualité

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