Manifestation d’Emmaüs Gironde : la colère partagée des employés
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Manifestation d’Emmaüs Gironde : la colère partagée des employés

Un raz-le-bol général et partagé : ce mardi 28 mai, une cinquantaine d’employés du pôle social et des compagnons d’Emmaüs Gironde ont manifesté devant le siège bordelais de l’association, soutenus par des représentants de la CGT, de la Ligue des droits de l’homme et des vice-présidents du mouvement Emmaüs France.

Emmaüs Gironde est dans la tourmente. L’association a été exclue, le jeudi 23 mai, du mouvement national Emmaüs France en raison de l’ »opacité totale » de son fonctionnement, mettant directement en cause son président Pascal Lafargue.

Un collectif d’employés suivi par les compagnons d’Emmaüs Gironde a décidé de s’exprimer ce mardi pour « dénoncer les agissements du président » et réclamer sa démission. Devant le siège social d’Emmaüs Gironde à Bordeaux, ils étaient environ une cinquantaine à brandir des pancartes « Emmaüs c’est nous ».

La colère se faisait entendre mais surtout l’anxiété de ceux qui voient leur avenir devenir incertain. « Il faut que cela s’arrête » confie une employée qui préfère rester anonyme.

Des salariés, des compagnons et des représentants d’Emmaüs manifestent devant le siège social d’Emmaüs Gironde (LB/Rue89 Bordeaux)

Emmaüs France soutient le mouvement

Portent des gilets bleus floqués du logo du mouvement fondé par l’abbé Pierre, ils sont soutenus par deux vice-présidents d’Emmaüs France. Annick Berthier est venue exprès de Chalon-Sur-Saône :

« Notre démarche aujourd’hui est uniquement de défendre les salariés et les compagnons. Le départ de Pascal Lafargue est souhaité par tous. Les salariés sont en souffrance, les compagnons ont été lésés. Emmaüs France a exclu Emmaüs Gironde mais cela ne veut pas dire que nous laissons tomber les gens sur place. »

Michel Frédérico vice-président d’Emmaüs France au titre de la branche communautaire juge cette situation « exceptionnelle » et « anormale » :

« Ce n’est pas dans les habitudes d’Emmaüs France d’exclure. C’est la deuxième fois que cela arrive en 25 ans. C’est donc une décision très motivée. Nous sommes ici aujourd’hui pour soutenir les salariés et nous serons là lorsqu’ils auront besoin de nous après la démission souhaitable de M. Lafargue, pour qu’ils continuent leur travail. »

Manifestation devant le siège d’Emmaüs Gironde à Bordeaux (LB/Rue89 Bordeaux)

Les soupçons d’emploi fictif à Emmaüs Gironde, révélés ce mardi par Sud Ouest (un ancien conseiller départemental socialiste serait un salarié invisible du pôle social auquel il est théoriquement rattaché, NDLR), le « conforte » dans cette action, poursuit-il.

« Je ne partirai pas sous les crachats »

Pascal Lafargue refuse lui de démissionner :

« Le temps de partir viendra mais je ne le ferai pas sous les crachats et les huées, a-t-il déclaré vendredi à Rue89 Bordeaux. J’ai le soutien de l’intégralité des administrateurs et de 80% des salariés. Certains sont vent debout contre la fronde du pole social et sont très mécontents de ce que peut dire Emmaüs France ».

Le 14 juin, Pascal Lafargue contestera devant le tribunal de Bobigny la suspension conservatoire (et par conséquent l’exclusion), car elle « repose sur des faits de maltraitance jamais attestés » au foyer de Martillac.

Il pourrait toutefois être poussé vers la sortie : le 3 juin, le tribunal de grande instance de Bordeaux examinera la demande d’Emmaüs France de désigner d’un mandataire judiciaire pour les associations Emmaüs Gironde et Emmaüs Aquitaine (non concernée par l’exclusion, mais également présidée par Pascal Lafargue). Objectif : préserver la structure, ses 320 salariés, et l’accueil de centaines de bénéficiaires.

L'AUTEUR
Lucile Bonnin
Lucile Bonnin
Étudiante en Journalisme Culturel et future journaliste.

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