Tous les volontaires girondins de la Campagne Glyphosate contrôlés positifs
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Tous les volontaires girondins de la Campagne Glyphosate contrôlés positifs

La Campagne Glyphosate lancée courant juin en Gironde vient de livrer les résultats des premiers prélèvements effectués à Cussac-Fort-Médoc et Le Haillan : les 87 « pisseurs volontaires » sont tous contaminés. Des plaintes sont prévues pour la fin de l’année.

Ils étaient 44 à Cussac-Fort-Médoc et 43 au Haillan. « On pourrait imaginer que dans le Médoc, on aurait une moyenne des taux plus importante puisque c’est un pays de vignes, mais non ! », s’étonne Jacky Berrahil, référent girondin de la Campagne Glyphosate.

En effet, la moyenne de Cussac s’établit à 0,90 ng/ml (3,17 ng/ml pour le taux le plus fort et 0,24 ng/ml pour le plus bas), tandis que la moyenne du Haillan est à 1,20 ng/ml (3,52 ng/ml pour le taux le plus fort et 0,15 ng/ml pour le plus bas) :

« 1,20 ng/ml est la moyenne nationale, souligne Dominique Masset, coprésident de l’association. Sur les 5300 résultats obtenus dans 70 départements, seulement trois sont sous le seuil que peut détecter une analyse, c’est-à-dire 0,075 ng/nl. Le plus fort taux obtenu est à 7 ng/nl. »

Les enfants sont les plus touchés

Toujours est-il qu’en Gironde, pour cette campagne lancée en juin 2019, tous les volontaires ont été contrôlés positifs. Selon leurs formulaires de vie qui retracent les habitudes de consommation de chacun, « il s’agit de ceux qui consomment bio comme des autres ; de ceux qui boivent de l’eau en bouteille comme de l’eau au robinet » précise Jacky Berrahil.

« Les résultats sont confidentiels, mais je peux vous signaler quelques points qui nous ont interpellés. Un niveau de glyphosate très élevé a été détecté chez un enfant alors que ses parents en avaient peu. C’est peut-être dû à ses repas en cantine scolaire. Les personnes qui ont consommé de l’eau au robinet avaient un taux plus important que les autres. A noter également que les hommes sont plus touchés que les femmes, et les enfants plus que tout le monde ! »

Cependant, le référent local relativise ses constatations sur la base des études du biologiste Gilles-Éric Séralini.

« Il semblerait que dans les analyses d’urine, les taux qu’on peut observer sont ceux des contaminations des jours précédents. Ils dépendent également du métabolisme de la personne, de son poids ou de sa corpulence. Il se trouve également que les analyses se basent sur les premières mictions du matin. Or certains se lèvent la nuit et le taux s’en retrouve plus bas. »

Séance de prélèvement à Cussac-Fort-Médoc (DR)

200 plaintes girondines attendues

D’autres prélèvements sont prévues en Gironde durant le mois d’octobre (Libourne, Langon et La Teste de Buch). La participation des volontaires s’accompagne d’un versement de 85€ pour une simple analyse, et de 135€ s’il y a un dépôt de plainte après résultat positif.

« Les analyses accompagnées de plaintes s’effectuent sous contrôle d’huissier, explique Jacky Berrahil. Seulement deux à Cussac et trois au Haillan ne comptent pas déposer plainte. Les autres vont le faire. Nous espérons plus de 200 plaintes en Gironde. Elles seront regroupées et déposées au TGI de Bordeaux, vraisemblablement en fin d’année. »

Sur les 5000 plaintes prévues en France, 2000 ont déjà été déposées. Pour les premières plaintes, datant de juin 2018 en Ariège, département de lancement de la campagne, bien qu’aucune instruction ne soient pour l’instant lancée, des investigations ont été ordonnées par les procureurs.

Le glyphosate est un herbicide de synthèse exclusivement produit par Monsanto à partir de 1974 sous la marque Roundup. Depuis le passage de son brevet dans le domaine public en 2000, d’autres firmes le commercialisent devenant ainsi le désherbant le plus vendu au monde. Outre ses effets néfastes sur l’environnement soulignés par les scientifiques, le glyphosate est classé depuis 2015 comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’Organisation mondiale de santé.

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
Co-fondateur de Rue89 Bordeaux et directeur de la publication

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