Contre les moustiques, Bordeaux Métropole se dote d’une « brigade du tigre »
Société 

Contre les moustiques, Bordeaux Métropole se dote d’une « brigade du tigre »

Les moustiques vous donne des boutons ? Bonne nouvelle : la métropole bordelaise reprend en charge la démoustication de confort, une compétence dont se déleste le département. Où l’on apprend que les tigres prennent aussi le tram.

« Une menace permanente pour nos concitoyens ». « Une affaire qui concerne tout un continent ». « Une plaie et un vrai enjeu ». Non, le conseil de métropole n’a pas débattu ce vendredi de terrorisme ou de réchauffement climatique (quoique), mais de moustiques.

La collectivité a en effet voté la reprise des compétences et des 10 salariés de l’EID (entente interdépartementale de démoustication), soit un financement à terme de 671000 euros par an, lorsque le département de la Gironde qui en a la charge se sera totalement désengagé.

L’Agence régionale de la santé (ARS) assurera la compétence de la lutte anti-vectorielle, c’est-à-dire la veille sanitaire, la surveillance entomologique et les traitements éventuels du moustique tigre, vecteurs de maladies graves comme la dengue et le chikungunya.

Tigre du Béglais

Mais il reviendra aux communes de traiter la démoustication dite de confort, si les petites bestioles ne présentent pas un danger sanitaire…

« Sauf qu’il faut pouvoir s’y retrouver entre toutes les espèces de moustique et il appartient aux pouvoirs de police des maires, au titre de l’hygiène et de la sécurité, de le faire, relève le premier vice-président Alain Anziani. La métropole propose de faciliter la vie des communes en mettant à leur disposition son service santé-environnement. »

Il sera chargé de « recueillir les plaintes des usagers, dresser une cartographie, faire des visites de terrain et détruire les gites larvaires » si besoin. Bref, une « brigade du tigre », selon le bon mot de Clément Rossignol-Puech, le maire de Bègles :

« Il n’y a pas un jour sans que des concitoyens m’interpellent sur les attaques de moustiques qu’ils subissent. Le tigre a été transporté par la mondialisation et s’est adapté à cause du changement climatique. Il faut  diminuer au maximum son implantation pour prévenir l’arrivée des maladies. »

Cela passe, rappelle le vice-président de la métropole en charge de la nature, par la lutte incessante contre les eaux stagnantes, et par le souci de « redévelopper la biodiversité locale, comme les chauve-souris, capables de manger 2000 moustiques par nuit, les mésanges et les hirondelles. »

Trou dans la raquette

Cet outil métropolitain était particulièrement attendu par les communes de la presqu’île, mobilisée contre les moustiques.

« Je suis ravi que cette délibération voit enfin le jour, réagit Kevin Subrenat, maire d’Ambès. Il y avait beaucoup de trous dans la raquette, et des communes n’étaient pas traitées alors que le moustique autochtone voyage plus loin que le rayon de 150 mètres du moustique tigre. Cette unité de traitement est donc une première satisfaction, et les équipes de l’EID ne vont pas perdre leur savoir-faire. » 

Sauf que les communes de la métropole n’ont pas présenté un front tout à fait uni contre le moustique. Une seule résiste semble-t-il encore et toujours à l’envahisseur.

« Saint-Médard n’a pas signé [l’accord des 28 communes sur l’EID], alors que les moustiques ne font pas demi-tour à l’approche de son territoire, ironise Jacques Guichoux, élu métropolitain d’opposition au maire, Jacques Mangon. Nous sommes surpris et mécontents de ce choix, une mesure budgétaire qui risque de faire bondir certains Saint-Médardais. »

« Nous avons différé cette décision, on ne l’a pas refusée », plaide Jacques Mangon, qui a aussi écopé d’une pique de Pierre Hurmic.

« Des éléments techniques intéressants nous ont été apportés, selon lesquels le moustique tigre se propage aussi par voie du tram. Le maire de Saint-Médard a donc agi par anticipation, sachant que le tram vers Saint-Médard ne se fera jamais lors de la prochaine mandature. » 

Hilarité générale du conseil, où depuis 2014 Jacques Mangon ferraille pour obtenir l’extension de la ligne D vers sa commune – l’enquête publique doit se dérouler en 2020, si un changement de majorité à la métropole ne remet pas en cause le projet. 

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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