Les nouveaux soutiens de Pierre Hurmic sortent du bois
Politique 

Les nouveaux soutiens de Pierre Hurmic sortent du bois

actualisé le 07/02/2020 à 13h02

Le candidat écologiste à la mairie de Bordeaux a présenté ce jeudi ses nouveaux colistiers, vantant leurs « compétences » des recrues issues de la société civile et des partis amis de Bordeaux Respire !.

« Rassurer les électeurs et les électrices sur la façon dont sera menée la transition écologique de Bordeaux » : c’est le défi que Pierre Hurmic tente de relever en composant une équipe susceptible de convaincre les Bordelais qui rechigneraient à faire le pari de l’alternance.

Car c’est un argument massue agité par Nicolas Florian : le maire de Bordeaux, au coude à coude dans les sondages avec Pierre Hurmic dénonce (dans Le Monde de ce jeudi) une liste « hétéroclite, gens du PS proches de Hamon, les écolos, les communistes, les altermondialistes ». Il fustige des adversaires « pétris de contradiction », « pas en capacité d’administrer la ville », où d’ailleurs « il n’y a pas que la thématique de l’écologie et de l’environnement qui compte ».

Alors après avoir présenté quelques figures de sa campagne, comme Camille Choplin, sa N°2, ou la socialiste Emmanuelle Ajon, Pierre Hurmic a dégainé ce jeudi des candidats « reconnus dans leurs domaines de compétences », promis à « exercer des responsabilités dans la future gouvernance » de la Ville. Certains émanent donc de la société civile, ces « primo arrivants en politique » qui composeront la moitié de la liste.

Laisse béton

C’est le cas de Bernard Blanc, directeur général de l’office HLM Aquitanis de 2010 à 2018, qui, rappelle Hurmic, « a su régénérer le quartier du Grand Parc sans rien démolir et en apportant un confort nouveau aux habitants » grâce à des techniques bioclimatiques. L’aménageur plaide en retour une des causes de l’avocat :

« Le fait d’avoir un objectif de zéro artificialisation des sols peut-être un bon engagement pour faire bouger les métiers de la promotion immobilière et du BTP, qui font partie des secteurs parmi les plus émetteurs de gaz à effet de serre, estime Bernard Blanc. Sans contrainte, on continuera à urbaniser des nouveaux secteurs comme par exemple la Jallère, à couler du béton (…) et repousser des frontières, alors qu’on a de quoi faire sans aucun problème des m2 d’activité et de logement » dans l’existant.

Un point de vue partagé par Tanguy Baron : coordinateur de projets à Darwin, il porte notamment le combat contre l’aménageur de la ZAC Bastide-Niel, pour le maintien des activités associatives au sein de l’écosystème.

La ligne verte

Ainsi, comme une réponse indirecte au maire, les nouveaux colistiers de Bordeaux Respire ! ont tour à tour exprimé combien leurs divers engagements professionnels, associatifs et dorénavant politiques étaient indissociables de l’écologie. « Ils n’ont pas découvert ces sujets la semaine dernière », résume Pierre Hurmic, alors que tous les candidats s’affichent écolos.

« La santé est totalement liée à l’environnement, à l’air que l’on respire et la qualité de vie, qu’il s’agisse de la mobilité, du logement, de l’alimentation », estime par exemple Isabelle Faure, 52 ans, médecin et responsable du service des urgences de Saint-André et de la permanence d’accès aux soins pour les patients en situation de précarité.

Pierre Hurmic entouré de ses nouveaux colistiers (SB/Rue89 Bordeaux)

Ex directrice en finance et stratégie dans de grands groupes privés (SFR, notamment), Claudine Bichet, 40 ans, défend désormais « des projets à forte utilité écologique et sociale », comme un réseau de magasins « 100% bio, local et vrac », et donc désormais « de construire au sein du collectif  Bordeaux Respire ! une vision écologique tangible et désirable pour notre ville ».

Caviste et présidente de l’association Ô Cœurs de Fondaudège, Sandrine Jacotot travaille quant à elle avec « 130 artisans vignerons du bordelais tous en bio, biodynamie ou Terra Vitis HVE3 » ; elle estime que « Pierre à la mairie, ce serait une réponse donnée immédiatement à l’international » pour y redresser l’image du bordelais « qui en a bien besoin ».

La tête de l’emploi

D’abord engagé auprès de Vincent Feltesse, Benoît Meyer, directeur territorial Gironde de Pôle emploi, compte apporter son expertise en matière d’insertion des chômeurs, tout comme Olivier Escots, journaliste devenu inspecteur du travail, et un des représentants du Parti communiste dans Bordeaux Respire !

Du côté des ralliés socialistes, Bordeaux Respire ! a présenté Pascale Bousquet-Pitt, responsable d’Osez le féminisme en Gironde, et en charge des questions de laïcité au PS national, comme sa spécialiste de la lutte contre les discriminations. Et elle-même dit vouloir en finir avec le « jacobinisme de la mairie de Bordeaux », citant le cas de quartiers délaissés, comme Caudéran privé de transports en commun efficace.

Comme Thomas Cazenave la semaine dernière, Pierre Hurmic a vanté la diversité de ses troupes (même si elle ne comporte pas non plus beaucoup d’ouvriers et d’employés…). La liste Bordeaux Respire ! est désormais forte d’une trentaine de noms. Reste à savoir dans quel ordre ceux-ci seront agencés pour connaître l’équipe sur laquelle pourrait s’appuyer un maire  vert.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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