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L’opération « collège mort » très suivie en Gironde
Société 

L’opération « collège mort » très suivie en Gironde

par Simon Barthélémy.
Publié le 15 février 2020.
Imprimé le 27 septembre 2021 à 12:21
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Des milliers de collégiens girondins ont séché la classe pour la cause ce vendredi : 30 établissements du département ont participé à l’opération « collège mort » contre les projets de réforme des retraites et de l’éducation nationale.

Des collectifs de parents et d’enseignants avaient appelé les familles à ne pas envoyer leurs enfants en classe, et ils ont été largement entendus : ce vendredi en Gironde, 30 établissements ont participé à l’opération « collège mort ».

Au collège bordelais Aliénor d’Aquitaine, impliqué depuis le début dans ces actions, « une quinzaine d’élèves sur 830 se sont présentés et sont entrés,  montrant un vif soutien des parents », se réjouit un représentant de la FCPE. « Côté prof, cette mobilisation avait été votée à l’unanimité lors d’une AG en début de semaine », poursuit-il.

Au collège Aliénor d’Aquitaine à Bordeaux (DR)

Au collège La Garosse de Saint-André-de-Cubzac, « l’action a été une réussite avec 90 élèves présents sur les 980 », malgré les pressions de la hiérarchie, indique Yann Briand, professeur et membre du collectif interprofessionnel de Haute Gironde contre la réforme des retraites :

« Les chefs d’établissement ont également envoyé aux parents des élèves, par SMS et par messages sur l’application Pronote, des demandes à mettre les élèves au collège, mettant clairement des bâtons dans les roues aux actions programmées. (…) Moins de 10% des élèves ont finalement été envoyés au collège par leurs parents. En excluant ceux qui ne pouvaient pas du tout laisser leurs enfants seuls chez eux et en prenant en compte le fait que les familles des élèves absents payeront la cantine de ce vendredi 14 malgré tout, on peut constater très objectivement que le soutien est immense et que la bataille de communication a été remportée haut la main par le personnel. »

Au collège La Garosse de Saint-André-de-Cubzac (DR)


« Rapport de force »

Les enseignants avaient en effet expliqué en amont aux parents les raisons de cette mobilisation contre la réforme des retraites :

« Depuis plus de deux mois, les nombreuses journées de perte de salaire des professeurs n’ont eu aucun effet (…). C’est effectivement le texte initial que les députés examineront en séance plénière à partir de ce lundi 17 février, et ce malgré le mécontentement d’une majorité de l’opinion publique. (…) Un rapport de force provoqué par le gouvernement s’installe nécessairement. Au niveau local, ce rapport de force a notamment lieu entre professeurs d’une part et rectorat et certains chefs d’établissement d’autre part. »

Dans le tract transmis aux parents d’élèves du collège Cheverus, à Bordeaux, où 25 collégiens sur 536 se sont rendus en classe, les enseignants mobilisés rappellent que les professeurs « vont voir leur retraite grandement diminuée », avec des mesures de compensation « conditionnées à de nouvelles missions ou heures supplémentaires ».

Le collège est mort mais pour la Saint-Valentin son cœur bat encore (DR)


Déclaration d’amour

Mais « cela aura aussi de conséquences sur la qualité de l’enseignement », et donc sur les élèves, ajoutent-ils :

« Dans un contexte où le recrutement est déjà difficile, pour pallier le manque de personnel qualifié, le gouvernement aura recours à des contrats précaires de personnel non formé. »

Les enseignants mobilisés de Cheverus indiquent par ailleurs que les collégiens de cet établissement pâtiront de la diminution de plus de 20h de la dotation horaire globale, équivalent à plus d’un poste d’enseignant, alors que les effectifs par classe augmentent. Ils mentionnent également la « mise en œuvre chaotique des E3C », les épreuves communes en contrôle continu du bac.

Les actions devant les collèges se sont déroulées dans le calme, selon les participants. « La déclaration d’amour à notre modèle social et solidaire, venue s’ajouter au mot d’ordre “collège mort”, s’imposait en ce 14 février et a permis d’ajouter une note plus joyeuse et optimiste », relève Yann Briand.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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