Covid-19 : l’hôpital de Bordeaux ouvre trois drives de dépistage au grand public
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Covid-19 : l’hôpital de Bordeaux ouvre trois drives de dépistage au grand public

Le CHU de Bordeaux a ouvert le 6 mai trois centres de dépistage massif du Covid-19 pour les automobilistes et piétons présentant des symptômes, sur ses trois sites : aux hôpitaux Pellegrin et Saint-André à Bordeaux et à Haut-Lévêque à Pessac. Cela afin d’identifier pour mieux circonvenir la propagation du virus avant le déconfinement du 11 mai.

Contrairement à certains drives saturés d’hypermarchés, ce n’est heureusement pas la foule au drive Covid-19 pour le grand public de Pellegrin en cette deuxième journée de fonctionnement. Mais cela pourrait changer avec le déconfinement…

Pour éviter une nouvelle vague de contamination, une politique de dépistages massifs de personnes potentiellement infectées débute en France. Afin de réaliser ces tests, les trois sites du CHU de Bordeaux ont créé de tels dispositifs : le site de Pellegrin offre un drive voitures et une file drive piétons, ouvert ce mercredi 6 mai ; à Haut-Lévêque à Pessac, se trouve un drive pour les automobilistes et à Saint-André, en plein cœur de Bordeaux, un drive pour les marcheurs, qui sera ouvert le 11 mai.

Une infirmière de l'Hôpital Pellegrin procède au test d'un automobiliste potentiellement malade, en réalisant un prélèvement naso-pharyngé à l'aide d'un écouvillon. L'échantillon partira ensuite dans un laboratoire du CHU de Bordeaux. ©Florence Heimburger
Une infirmière de l’Hôpital Pellegrin procède au test d’un automobiliste potentiellement malade, en réalisant un prélèvement naso-pharyngé à l’aide d’un écouvillon (FH/Rue89 Bordeaux)

Au volant de sa voiture grise, Jean (le prénom a été changé), 42 ans, arrive ce jeudi à Pellegrin. Fiévreux, il a mal à la tête et des troubles gastriques depuis deux jours, et est adressé par son médecin généraliste.. Il salue cette initiative, où il se rend « sans trop d’appréhension, d’autant que c’est rapide ».

Résultat en 24h

Une aide-soignante l’accueille, s’assure qu’il a bien pris rendez-vous via le N° d’appel dédié (lire ci-contre), et, munie d’un thermomètre frontal, lui prend la température. Il peut ensuite avancer sa voiture à l’étape suivante : un prélèvement naso-pharyngé – moyennement agréable – est effectué par une infirmière protégée de la tête aux pieds (masque FFP2, lunettes, surblouse, gants…) à l’aide d’un écouvillon enfoncé par une narine et grattant le fond de la gorge.

Avant d’aller au drive

Les personnes présentant des symptômes du Covid-19 sont invitées à contacter le CHU après avis médical de leur médecin traitant au N° d’appel drive dépistage : 05 57 82 00 05, 7 jours/7 de 8h30 à 18h30. Un rendez-vous leur est alors proposé dans l’un des drives de dépistage sur un créneau horaire défini.

Moins d’une dizaine de minutes après être arrivé, il peut repartir. Il recevra les résultats par texto (s’il a donné son autorisation pour l’envoi par SMS) dans les 24h. La prise en charge se fait à 100 % sur présentation d’une ordonnance médicale, de la carte vitale et de la mutuelle.

Pour les piétons, ce test dit « PCR » est réalisé, à Pellegrin, dans l’un des 3 boxes dédiés, à l’intérieur de la « cellule de crise », un bâtiment décrépi contigu au drive.

« Pellegrin pourra réaliser 200 prélèvements quotidiens, Saint-André et Haut-Lévêque jusqu’à une centaine », précise le professeur Charles Cazanave, infectiologue responsable d’une unité du Service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux.

De gauche à droite : un cadre de santé, le Pr Charles Cazanave, infectiologue au CHU de Bordeaux, le Dr Mojgan Hessamfar, médecin spécialiste de santé publique à l'Hôpital Saint-André et le Dr Duc Nguyen, également infectiologue au CHU. ©Florence Heimburger
De gauche à droite : un cadre de santé, le professeur Charles Cazanave, infectiologue au CHU de Bordeaux, le docteur Mojgan Hessamfar, médecin spécialiste de santé publique à l’Hôpital Saint-André et le docteur Duc Nguyen, également infectiologue au CHU (FH/Rue89 Bordeaux)

« Détecter tous les malades »

Le CHU ambitionne d’atteindre les 3000 tests journaliers. Le docteur Duc Nguyen, du même service des maladies infectieuses et tropicales, explique pourquoi :

« L’objectif est de détecter le plus tôt possible tous les malades présentant des symptômes évocateurs du Covid-19, et pas uniquement les soignants ou ceux à risques de forme sévère comme les à comorbidités ou âgées de plus de 65 ans, comme ce fut le cas jusqu’à présent. Le but est de pouvoir ensuite les soigner et suivre leur évolution, les isoler 14 jours et tracer leurs contacts (famille, amis, collègues…) pour limiter la propagation de l’épidémie », souligne-t-elle.

Pour l’analyse des prélèvements, le CHU s’est doté d’une « plateforme haut débit » équipée d’automates capables d’extraire 2000 tests par jour et de fournir des résultats en 24h, indique le docteur Mojgan Hessamfar, médecin spécialiste de santé publique dans cet établissement :

« Cette plateforme se trouvera au laboratoire d’analyses médicales de l’Hôpital Saint-André et devrait être fonctionnelle dès le 11 mai, . Elle tournera à plein régime, 24h/24, 7 jours sur 7. Une plateforme similaire est aussi en train d’être mise en place au CHU de Poitiers (Vienne). »

Accueil des patients au drive piéton (FH/Rue89 Bordeaux)

Environ cinquante médecins, infirmiers et autres paramédicaux sont présents sur les trois sites pour faire fonctionner les drives du CHU de 8h30 à 18h30 tous les jours y compris le week-end (sauf à Saint-André).

« Nous sommes dotés de suffisamment d’écouvillons, de réactif, de personnel pour une montée en puissance », assure le docteur Nguyen.

Le test « grandeur nature » pourrait débuter d’ici une dizaine de jours, quand le déconfinement aura « fait effet ». Avec un petit point noir : le test PCR n’est pas très « sensible » : il y a entre 20 et 30 % de « faux négatifs », c’est-à-dire de personnes qui ont le Covid-19 mais passent entre les mailles du filet.

Que l’on se rassure néanmoins : la région Nouvelle-Aquitaine est pour l’heure peu touchée, ce qui lui vaut d’être dans la zone verte, déconfinée dès le 11 mai. Mais il faudra rester vigilant « pour ne pas repasser à une phase de confinement que peu d’entre nous souhaiteraient revivre », prévient le professeur Cazanave.

L'AUTEUR
Florence Heimburger
Florence Heimburger
Journaliste indépendante

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