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Le vélo décolle dans la métropole, Bordeaux veut pérenniser ses pistes temporaires
Brèves  Ecologie 

Le vélo décolle dans la métropole, Bordeaux veut pérenniser ses pistes temporaires

par Simon Barthélémy.
Publié le 11 juin 2020.
Imprimé le 27 octobre 2021 à 15:44
3 712 visites. 2 commentaires.

Le maire de Bordeaux a annoncé ce mercredi que les 25 kilomètres d’aménagements cyclables temporaires, dont les couloirs bus-vélo sur les boulevards, avaient « vocation à être pérennisés », quand Mérignac a fait machine arrière sur l’un d’eux. Bordeaux Métropole indique pour sa part « un afflux très important de nouveaux pratiquants ». Selon les compteurs répartis dans toute l’agglo, le trafic vélo a augmenté de 10% à 88% en mai.

Les aménagements cyclables d’urgence créés pour le déconfinement, pour favoriser les alternatives à la voiture et aux transports en commun, « ça marche », estime Nicolas Florian. Le maire de Bordeaux a donc avancé ce mercredi que les 25 kilomètres dédiés au vélo avaient « vocation à être pérennisés ».

Il précise cependant qu’il faut « avoir une vigilance sur deux ou trois points » et que si cela provoque de nouvelles congestions, « de nouveaux aménagements pourraient être réalisés ».

Jointe par Rue89 Bordeaux, la métropole ne dispose pas encore de retours chiffrés sur la fréquentation des « pistes coronavirus ». Mais elle considère que « ces aménagements ne se traduisent pas pour l’instant par une augmentation de la congestion », dont le niveau est « très en deçà de ce qu’il était avant la crise ».

« Il y a quelques retenues entre la place Ravezies et la barrière du Médoc mais il faut évidemment persévérer, relève Ludovic Fouché, de Vélo-Cité. Il faut du temps pour que les cyclistes modifient leurs itinéraires et s’habituent à passer pas les boulevards sécurisés, et que de nouveaux pratiquants franchissent le pas en voyant ces aménagements. Par contre, tant que ceux-ci ne seront pas homogènes et continus, avec des tronçons à niveau de sécurité faible, cela risque de décourager les gens et de donner l’impression qu’ils sont sous-utilisés. »

La petite reine déboule en première couronne

L’association reconnaît que « tout faire d’un coup risque de cristalliser beaucoup de problèmes de congestion » et comprend la volonté d' »y aller pas à pas ». Ludovic Fouché déplore en revanche la décision de Mérignac de supprimer l’aménagement avenue de la Marne, qui selon la mairie générait trop de bouchons.

« On est en discussion avec la Ville pour voir comment les repenser et les refaire de manière plus correcte. »

Cycliste empruntant les aménagements temporaires sur les boulevards (WS/Rue89 Bordeaux)

Car le succès du vélo ne se dément pas. Si Bordeaux Métropole ne dispose donc pas encore d’évaluation de ces « pistes cyclables coronavirus », elle note « une croissance générale [de la pratique du vélo] et une croissance plus marquée en première et deuxième couronne ».

Ainsi, les compteurs répartis sur son territoire ont relevé en mai une augmentation de 10% à 20% des passages de vélo dans Bordeaux centre, de 50% à Mérignac, ou encore de 88% à Bassens.

« Cette tendance, qui est nationale, est très intéressante, elle montre que la pratique cycliste a presque doublé dans les secteur périurbain et ruraux, pointe Ludovic Fouché. Et elle est encourageante alors que le trafic automobile est revenu à près de 90% de son niveau d’avant la crise ».

Effet d’appel

La croissance en périphérie est « un très bon signal car elle témoigne probablement de report de trajets en moyenne plus longs », souligne-t-on du côté de Bordeaux Métropole. Mais elle doit être relativisée « car les volumes ne sont pas comparables entre l’hypercentre et les couronnes » – doubler le nombre de cyclistes en passant de 5 à 10 vélos par jour a moins d’impact qu’une hausse de 10% dans le centre-ville de Bordeaux.

Ainsi, alors que celui-ci « a perdu beaucoup de pratiquants habituels (lycéens, étudiants, professeurs, cadres, clientèle des bars et restaurants…) la croissance de quelques points de la pratique vélo en hypercentre correspond à un afflux très important de nouveaux pratiquants, probablement issus des transports en commun », poursuit la métropole.

« C’est cohérent avec les files d’attente que l’on voit encore tous les jours devant les nombreux vélocistes de la ville. Les aménagements d’urgence, pour l’instant plus nombreux en centre-ville, ont donc dû aussi jouer un effet d’appel. »

« Trop tôt » cependant pour trancher sur leur pérennisation, indique l’intercommunalité, qui entend « aller au bout du programme de réalisations qui se déploie jusqu’à l’été ».

De son côté, Vélo-Cité aimerait que la métropole se lance rapidement dans des travaux lourds et définitifs, pour mettre par exemple les quais de Bacalan à double sens. Et qu’elle étudie des aménagements cyclables dans des secteurs qui en sont totalement dépourvus comme le boulevard Jolliot-Curie, prolongement du pont Saint-Jean sur la rive droite.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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