L’action d’Extinction Rebellion contre les SUV à Bordeaux divise
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L’action d’Extinction Rebellion contre les SUV à Bordeaux divise

Vendredi soir, une quarantaine d’activistes d’Extinction Rébellion Bordeaux ont dégonflé les pneus de 220 SUV dans les quartiers les plus aisés de Bordeaux. Une atteinte à la propriété privée qualifiée de « terrorisme » par certains internautes. L’association a également tracé plusieurs pistes cyclables.

Première du genre pour Extinction Rebellion, cette action contre les SUV avait « pour objectif de participer à endiguer le chaos climatique et de décourager les fabricants de continuer à produire ces véhicules écocides ».

Motif : « les « Sports Utility Véhicules », véhicules utilitaires de sport lourds et larges, représentent à eux seuls la deuxième source de croissance des émissions de CO2 responsables du chaos climatique, devant l’industrie lourde et l’aviation », indique l’association dans un communiqué.

XR estime que les SUV, inspirés du 4X4, « n’ont rien à faire en ville » : ils émettent à l’utilisation 20% d’émissions de gaz à effet de serre de plus que le reste de voitures, causent 25% d’accidents en plus et tuent davantage en cas de choc avec les piétons et les cyclistes.

Aussi, alors que les ventes de SUV ont été multiplié par 7 en 10 ans en France, les militants ont décidé de cibler ces véhicules, à cause desquels le pays « n’atteindra pas ses objectifs climats », selon le WWF. « Limiter le réchauffement climatique à 1,5° à l’horizon 2100 est pourtant une question de vie ou de mort pour des millions de personnes », souligne Extinction Rebellion.

« Déclaration de guerre »

A Bordeaux, ses militants ont choisi de dégonfler un pneu par véhicule, « causant une gêne certaine mais facilement résorbable », et laissé un tract sur le pare-brise des véhicules visés pour expliquer les motivations de l’action.

« Et pourquoi ne pas sensibiliser en laissant simplement le fly, sans dégonfler les pneu ? interroge un internaute sur la page Facebook de XR Bordeaux. Je suis d’accord que le temps presse mais le risque est que cette action peut être perçue comme une déclaration de guerre. »

Ce que laisse penser d’autres commentaires moins amènes (sans parler des ceux carrément insultants ou menaçants) :

« Vandaliser la propriété privée d’une personne qui a dépensé son argent obtenu du travail est un délit et un acte de débilité et de racaille, surtout parce que la plupart de ces « activistes » sont des jeunes bobos qui n’ont pas vu une fiche de paie de toute sa vie et vivent au chaud chez leurs parents dans un bon quartier », selon Martin Ruijmgaart Lamelas.

Du « terrorisme »

« Il ne faudrait pas se tromper de cible », estime un autre internaute :

« Les gens sont des moutons qui suivent la mode (…) sans se soucier des conséquences écologiques ou autres de leur achat. Les responsables, ce sont les constructeurs automobiles qui ont surfé sur cette mode par seul intérêt économique sans se soucier de l’impact écologique et… les gouvernements qui ne les ont pas sensibilisés au problème. S’en prendre aux propriétaires, ça s’appelle du terrorisme ! »

Cette action s’inscrivait dans le cadre de la « rébellion internationale » d’Extinction Rébellion, en cours depuis le 11 octobre, partout en France. A Bordeaux, ses activistes ont notamment posé des affiches, mis hors-service 323 trottinettes électriques en libre-service et tracé 900 mètres de pistes cyclables cours de la Somme (qui doit prochainement passer en sens unique), route de Toulouse et rue de Cursol.

« Cette rue était une interconnexion entre plusieurs zones cyclables, et son aménagement était particulièrement demandé par les cyclistes », rappelle XR.

A Bordeaux, l’association s’est déjà faite remarquer par quelques coups d’éclat, dont le blocage du pont Chaban pour empêcher l’arrivée d’un paquebot de croisière. Ses militants n’ont pour l’heure pas fait l’objet de condamnations à Bordeaux, mais l’action contre les SUV pourrait elle entraîner des plaintes.

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