L’appli « Tous anti-Covid » pour tous les étudiants en santé de Bordeaux ?
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L’appli « Tous anti-Covid » pour tous les étudiants en santé de Bordeaux ?

L’université de Bordeaux a annoncé ce mercredi le lancement d’une « expérimentation participative visant à généraliser l’utilisation de l’application StopCovid » – rebaptisée Tous anti-Covid – par les 18000 étudiants en santé. Le téléchargement sera vivement conseillé, mais pas obligatoire.

18000 étudiants en médecine, pharmacie et odontologie, plus notamment ceux des deux Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) du CHU de Bordeaux seront incités à télécharger l’appli, actuellement en cours de modification et renommée « Tous anti-Covid ».

« Il est exclu de les obliger à quoi que ce soit, nous voulons les persuader », précise Christophe Tzourio, professeur d’épidémiologie et directeur scientifique de l’Espace santé étudiants de l’université.

« StopCovid s’applique parfaitement aux jeunes adultes, chez qui l’incidence du virus est élevée (248 car pour 100 000 habitants chez les 20-30 ans) et en particulier aux étudiants qui ont une vie sociale riche, poursuit-il. Ils vont boire des coups, sans forcément porter de masque et connaître le copain du copain, et ne vont pas pouvoir retrouver les personnes susceptibles d’avoir été contaminées ».

D’où l’intérêt « évident », selon Christophe Tzourio, de StopCovid, qui permet d’identifier une personne positive si on s’est trouvé à un mètre de celle-ci pendant 15 minutes.

« Vrai challenge »

Reste à en convaincre, ce qui sera, reconnaît le responsable de la cohorte i-Share sur la santé des étudiants, « un vrai challenge » : selon une enquête préparatoire à cette expérimentation menée auprès de 300 étudiants en santé, seuls 4% d’entre eux utilisent StopCovid, à l’instar de sa faible diffusion dans la population française.

« On part de zéro. Car nous savons que plus de 50% des étudiants interrogées croient des idées complètement fausses : que l’appli identifie les déplacements ou récupère des infos personnelles et celles de ses contacts pour les envoyer à un serveur central. Les codes sont ouverts, n’importe qui peut le vérifier si il s’y connait un peu. Et le ministère de la santé a pris en compte les réserves de la CNIL sur les données personnelles. »

L’université table sur « la parole d’autorité des enseignants-chercheurs en santé, plus écoutés et suivis que si la recommandation émanait de la direction de l’université ». Plus de cent enseignants sont associés à cette opération menée par l’Université de Bordeaux, avec pour partenaires l’agence régionale de la santé, le CHU, l’Inserm et l’Inria – pilote, au niveau national, du projet StopCovid auprès de la Direction Générale de la Santé.

Rôle d’exemple

« Les professionnels et futurs professionnels de santé ont un rôle d’exemple à jouer auprès du reste de la population, indique l’université dans un communiqué. En outre, les étudiants en santé peuvent être une source de contamination de patients lors de leurs stages ou d’enseignants en santé, eux-mêmes professionnels de santé au contact de patients. »

« Si ça ne marche pas avec de futurs professionnels qui doivent être mobilisés par l’idée de prévention, alors ça ne marchera nulle part », estime Christophe Tzourio. Selon lui, le système peut être pertinent à partir de 30% d’utilisateurs.

L’évaluation de l’expérimentation s’effectuera notamment par sondages aléatoires répétés sur le terrain. Si elle fonctionne, la méthode « pourra être répliquée dans les universités en France et dans d’autres disciplines », selon Christophe Tzourio.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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