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Stéphanie, comptable pour 2100 euros par mois : « A 45 ans, j’arrête de travailler »
Société 

Stéphanie, comptable pour 2100 euros par mois : « A 45 ans, j’arrête de travailler »

par EFJ.
Publié le 24 novembre 2021.
Imprimé le 03 décembre 2021 à 17:04
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Stéphanie est comptable depuis février 2020 à Bordeaux dans un cabinet d’expertise. Ses 2100 euros nets par mois et ses revenus locatifs permettent d’investir avec un objectif : vivre de ses rentes dans 15 ans. Une stratégie qu’elle a accepté de décortiquer dans ce « porte-monnaie au rayon X », la rubrique animée par les étudiants de l’EFJ pour Rue89 Bordeaux.

Stéphanie (le nom a été modifié) travaille dans un cabinet comptable bordelais, qui compte une trentaine d’employés. Stéphanie gère tous types d’entreprises : restaurateurs, entreprises du BTP, architectes, plombiers, en passant par des infirmiers ou des chirurgiens-dentistes…

Sa vie est cadencée, rythmée de rendez-vous. Et quand elle rentre chez elle après avoir récupéré son fils à 17h30, cela continue – « Le soir, j’ai des artisans qui viennent chez moi pour les travaux », indique-t-elle. En 2016, Stéphanie a effet acheté avec son mari un immeuble dans le sud de Bordeaux pour 380 000 euros. Ils logent dans un appartement de 70 m2, au premier étage, et louent ou comptent mettre en location le reste.

« J’aime les chiffres »

Stéphanie a une vie chargée, un enfant de deux ans et demi, un mari basketteur professionnel au TBC (Touraine basket club, à Tours), souvent absent. Avec son mari, elle possède et gère une société de conseil et d’évènementiel, qui fait notamment de l’optimisation fiscale pour les basketteurs de haut niveau. Pour l’instant cette activité ne rapporte pas d’argent mais n’en fait pas perdre non plus. « Ça sera un tremplin pour mon mari après sa carrière professionnelle. »

Native de Marmande dans le Lot-et-Garonne, la jeune femme a effectué un BTS comptabilité à Agen et une licence en fiscalité à Toulouse.

« J’aime les chiffres, la finance, et surtout on est au cœur de l’action. On sait tout sur tout, on connait la santé financière des entreprises. »

Ascension sociale

Un père dans la chaudronnerie, une mère aide-soignante, Stéphanie vient d’un milieu modeste.

« Ma mère ne pouvait parfois pas retirer ne serait-ce que 50 euros, je suis partie de rien. »

Angers, Strasbourg, Blois, Tours… Elle a beaucoup déménagé à cause du métier de son mari.

« J’ai travaillé dans sept cabinets comptables au cours des déménagements. Je suis revenue vivre ici, dans le Sud-Ouest, avec le petit. J’en avais marre de bouger à chaque fois. »

Son salaire n’a pas beaucoup évolué depuis ses débuts. « J’ai commencé à 1600€ net et maintenant je suis à 2100, en 8 ans c’est pas mal mais bon… » Elle espère atteindre les 2500€ net par mois, surtout depuis sa promotion en tant que cheffe. « En fin de carrière j’espère avoir 3000€ net par mois. »

Pas de temps à perdre

La crise sanitaire l’a touchée dans sa vie quotidienne mais pas au porte-monnaie. « Au niveau financier ça allait, mais j’ai dû faire du télétravail avec lui », sourit-elle en désignant son fils.

Côté professionnel, elle note que les entreprises dont elle s’occupe « n’ont pas été trop impactées, avec toutes les aides de l’État, elles s’en sont bien sorties ». En revanche, la crise a bouleversé la vie de ses clients :

« Ils sont stressés, il faut savoir les gérer, depuis la crise ils sont complètement à fleur de peau. »

De son côté, Stéphanie n’a pas de temps à perdre. Les copines, c’est au travail. Et si des souvenirs de voyage sont empilés sur une étagère, les prochaines escapades sont remises à plus tard, faute de temps. Les petits plaisirs sont rares, ou toujours en rapport avec son activité.

« Le ciné par exemple, ça fait longtemps que je n’y suis pas allée, on bosse beaucoup. Si on veut changer de notre routine d’achats quotidiens, on achète un ordinateur à 2700€ mais finalement, c’est toujours lié au travail. » 

« J’ai 30 ans et je roule en Mercedes »

Si elle n’a pas une seconde (et un euro) à perdre, c’est parce que Stéphanie a une stratégie :

« À 45 ans j’arrête de travailler, donc d’ici là on investit. Un jour, on pourra récolter le fruit de notre travail. On a presque un million d’euros de patrimoine, ça nous coûte cher, mais à la fin du mois on s’y retrouve. Et quand dans 15 ans on aura remboursé le crédit, on aura une rentrée de 3420 € de revenus fixes tous les mois. »

Elle ajoute fièrement : « On travaille beaucoup, mais aujourd’hui j’ai 30 ans et je roule en Mercedes qui vaut 40 000 balles. » Pour Stéphanie, c’est le fruit de son travail, et sa vision toute personnelle de la réussite. Sa vie est mouvementée, mais c’est un choix : « Je suis fatiguée, mais c’est pour être à l’abri et pouvoir profiter plus tard. »

Manon Dubost

Le porte-monnaie de Stéphanie

Revenus : 3850€ par mois

  • Salaire : 2100€ net
  • Revenus locatifs : 1750€

L’immeuble dans lequel Stéphanie et son mari ont investi comprend leur appartement, un garage transformé en studio (loué 620€), une place de parking (80€, et un local commercial (1050€ par mois).

Dépenses fixes (communes avec son conjoint) : 5573€

  • Remboursement de l’emprunt immobilier : 2000€ par mois
  • Emprunt pour les travaux : 1700€ par mois (150 000€ sur 8 ans)
  • Charges : 192€
  • Mutuelle familiale : 60€
  • Crèche : 250€
  • Assurance de quatre véhicules : 260€ par mois

« On est deux mais on a quatre voitures, c’est comme ça », sourit Stéphanie.

  • Prêt à la consommation pour une des voitures : 600€
  • Taxe foncière : 2000€ par an
  • Frais bancaire : 5€ par mois
  • Frais essence : 120€ par mois
  • Abonnement Amazon Prime Vidéo : 50€ par an

Dépenses aléatoires (communes avec son conjoint) : 600€

  • Courses alimentaires : environ 300€ par mois
  • Train : 50€ aller-retour les week-ends, pour Bordeaux – Tours, afin de retrouver son mari.
  • Vêtements : 100€ par mois pour son fils

« Je profite souvent de ventes privées pour mon fils mais moi je ne m’achète pas souvent de trucs, je n’ai pas le temps. »

Epargne : 1500€

L'AUTEUR
EFJ
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Les articles des étudiants de l'EFJ Bordeaux, l'école française de journalisme, en immersion à Rue89 Bordeaux.

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