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Financement des LGV : Alain Rousset ne « désespère pas de convaincre »
Politique 

Financement des LGV : Alain Rousset ne « désespère pas de convaincre »

par Victoria Berthet.
Publié le 8 janvier 2022.
Imprimé le 28 janvier 2022 à 01:01
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Vendredi 7 janvier, lors de la présentation de ses vœux à la presse, Alain Rousset a brièvement évoqué l’épineuse question du financement du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO, les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax), alors qu’il manque encore plus de 200 millions d’euros à la charge des collectivités locales.

« On ne peut pas demander la simultanéité Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Dax, si la ville de Dax ne joue pas le jeu », a prévenu Alain Rousset. Lors de la présentation de ses vœux à la upresse, vendredi 7 janvier, le président du Conseil Régional est revenu sur la problématique du financement du GPSO, alors qu’une collectivité locale clé du passage de la LGV, Dax, refuse de participer au financement.

Il reste encore 235,5 millions d’euros à trouver, sur les 5,6 milliards que doivent apporter les collectivités. Mais le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic estime ce manque à gagner à 760 millions, selon un chiffrage transmis au préfet d’Occitanie, selon Sud Ouest.

« Un couteau dans le dos »

Pour rappel, la facture total du GPSO s’élève à 14,3 milliards d’euros, dont 10,3 milliards d’euros pour Bordeaux/Toulouse et 3,7 milliards d’euros pour Bordeaux/Dax. L’État finance la première étape à hauteur de 40% (soit 4,1 milliards d’euros). 20% du coût total (2 milliards d’euros) pourrait être, lui, pris en charge par l’Union européenne.

Au total, sur les 26 collectivités concernées, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, 23 se sont engagées à participer au financement à hauteur de 5,2 milliards d’euros. Si la participation au financement fait consensus en Occitanie, il n’en n’est pas de même en Nouvelle-Aquitaine. Le Département de la Gironde s’est positionné contre le GPSO, mais a voté une contribution de 170 millions d’euros au projet de RER métropolitain.

Deux collectivités apportent moins que prévu – le Département des Pyrénées-Atlantique et Bordeaux Métropole -, trois autres ont refusé de participer au financement : le Département du Lot-et-Garonne, la Communauté d’Agglomération du Pays-Basque et la communauté d’agglomération du Grand Dax. Un « couteau dans le dos » pour Alain Rousset :

« Si nous n’avons pas Bordeaux/Dax nous n’aurons pas d’argent de l’Europe et nous devrons payer plus cher. »

En effet, l’Union européenne pourrait renoncer à verser les 2 milliards d’euros prévus pour un tronçon qui ne serait pas transfrontalier.

Lancement de l’association de préfiguration

Quant à l’Etat, il a prévenu via le préfet coordonnateur du projet, Etienne Guyot, qu’il ne compenserait pas la part défaillante des collectivités locales. Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine ne « désespère pas de convaincre » :

« La communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (NDLR : Saint-Vincent-de-Tyrosse, Hossegor, Capbreton…) a annoncé sa participation au financement. J’ai écrit à toutes les communautés de commune à toutes les agglomérations qui vont bénéficier de la ligne à grande vitesse. »

En attendant de « convaincre », le président de la Nouvelle-Aquitaine s’est réjoui de la participation financière de SNCF Réseau. À l’instar de la Région Occitanie, Alain Rousset compte sur les péages d’infrastructures perçus par SNCF Réseau, lorsque le GPSO sera mis en service. Ce retour sur investissement représenterait plus d’un milliard d’euros.

Pour la suite du calendrier, le projet d’ordonnance de création de la société de financement doit être transmis d’ici la fin janvier au Conseil d’État.

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L'AUTEUR
Victoria Berthet
Journaliste, diplômée de l'IJBA. Du terrain, des faits et de la nuance.

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