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La solidarité, une valeur pilier du groupe Bati, à Pessac
Société 

La solidarité, une valeur pilier du groupe Bati, à Pessac

par Elias Insa.
Publié le 9 février 2022.
Imprimé le 05 décembre 2022 à 18:53
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Le groupe pessacais Bati – composé de l’association Bati Action et de Bati Entreprise – bénéficie, grâce à sa mission d’accompagnement à l’insertion, de l’agrément Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). Il accompagne vers l’emploi, mais aussi le logement ou l’apprentissage du français, des personnes en situation de vulnérabilité. Ce mardi 8 février, dans le quartier de Saige (Pessac), Bati est parti en mission recrutement.

16h : l’heure de la débauche pour les salariés de Bati à Pessac. Ils sont près de 70 travaillant au sein de deux structures : l’association Bati Action, où ils œuvrent dans les espaces verts, la propreté urbaine et le bâtiment, ainsi que Bati Entreprise, société de travaux de second-œuvre et de petite maçonnerie, spécialisée dans le secteur d’activité de l’aide par le travail.

La mission solidaire du groupe consiste à lever par l’accompagnement socioprofessionnel les barrières de l’emploi. Celles-ci sont innombrables : problématiques de logement, de langue, de santé, de mobilité, de liens familiaux et sociaux, d’accès au numérique, de surendettement…

Un tremplin pour ces personnes en situation de vulnérabilité, accompagnées dans la construction d’un projet professionnel afin de trouver, à terme, du travail dans une nouvelle structure.

Une accompagnatrice socioprofessionnelle aide un salarié de l’Association Bati Action (EI/Rue89 Bordeaux)

« Chez nous, les gens sont dans une situation d’urgence »

Elsa Burucoa est accompagnatrice socioprofessionnelle pour le Groupe Bati depuis le mois de juin. Après une formation de juriste, elle a vécu de la danse pendant 15 ans, grâce à l’enseignement et les spectacles. Par ce biais, elle a œuvré pour l’accompagnement de personnes en situation de handicap.

Aujourd’hui, elle s’occupe notamment d’un public de réfugiés au sein de l’Association Bati Action.

« On est sur deux volets : le conseil en insertion et le volet social, détaille-t-elle. Chez nous, les gens sont dans des situation d’urgence. J’ai recruté un monsieur chez Bati Entreprise, il a un toit pour l’instant, mais c’est du temporaire : il est hébergé chez des gens. Par l’emploi et l’accompagnement, on permet de sécuriser des personnes qui sont demandeuses de travail, aptes à travailler, et qui en même temps ont des problématiques sociales. »

Sur le logement, Bati dispose ainsi de plusieurs bailleurs sociaux comme partenaires – Domofrance, ICF Habitat SNCF immobilier, Gironde habitat, Alinov…

Après un rush à la débauche, pour répondre aux interrogations des salariés concernant des démarches administratives – « une habitude », précise Elsa Burucoa -, elle prend sa voiture direction Saige – quartier d’habitat social à Pessac.

Aux côtés de deux stagiaires ayant au préalable installé un barnum, elle se tient disponible afin d’accueillir les publics intéressés. L’initiative est récente : elle vise, depuis la semaine dernière, à informer directement sur le terrain.

Le stand se tient ainsi une fois par semaine dans un quartier de Pessac, différent à chaque fois. Car Bati, qui ne rencontre pas de problème de recrutement, souhaite recentrer son activité sur les quartiers de Pessac – après avoir reçu par les organismes prescripteurs de nombreuses personnes issues de quartiers de Bordeaux ou de Bègles.

A la rencontre du public

Un jeune étudiant d’origine africaine s’approche hésitant du stand tenu par les trois membres de Bati. Bientôt titulaire d’un master de gestion, il ne bénéficie pas encore d’un titre d’autorisation de travail d’un étranger salarié en France. Après une longue discussion pour comprendre la situation de l’étudiant, Elsa lui transmet un flyer du groupe, mais regrette de ne pas pouvoir l’employer avant l’issue des démarches administratives.

Malgré tout, le groupe Bati fait en sorte d’accueillir ce type de personnes, dans l’ambition de les orienter au mieux. « On ne peut pas les laisser devant nos portes », appuie Elsa.

A Saige, le groupe Bati sur le terrain pour rencontrer son public (EI/Rue89 Bordeaux)

De la fenêtre de chez lui, le père d’une famille de 3 enfants a repéré le stand habillé d’une affiche où est inscrit en grosses lettres : « Des difficultés à trouver du travail ? ». Accompagné de sa jeune fille, il explique à Elsa ne plus travailler depuis 6 mois, et vivre avec une famille de 5 personnes dans un T2. Après une expérience dans le bâtiment et une blessure au travail, il a été radié de Pôle emploi.

En attente d’un logement de taille plus adaptée depuis 10 ans, il ne bénéficie d’aucun suivi. « La balle est dans votre camp », conclut Elsa, après avoir détaillé les types de formation mises en place par le groupe Bati, et qui espère sincèrement voir l’individu frapper à sa porte un jour.

Mission d’utilité sociale

L’objectif d’accompagnement socioprofessionnel se décline en accompagnements individualisés et collectifs. L’accompagnement individualisé reste prédominant, afin de construire du mieux possible le projet professionnel d’un individu dans le besoin.

Elsa Burucoa souligne par ailleurs la forte différence de temporalité pour les personnes accompagnées, qui restent, selon l’avancement, entre quelques mois et plusieurs années. L’accompagnement collectif se traduit quant à lui sous forme d’ateliers – cours de Français, cours de code, cours de budget –, organisés de la manière la plus ludique possible. « Pour l’atelier budget, on a fait ça sous la forme d’un jeu de l’oie », explique une jeune stagiaire, parallèlement en formation en BTS.

De fait, le groupe Bati, étant agréé par l’État pour sa mission, est inscrit automatiquement dans l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) et bénéficie de l’agrément Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS).

« Des difficultés à trouver du travail ? » : le stand de Bati (EI/Rue89 Bordeaux)

Agrément

Cet agrément s’obtient suite à la justification, par l’ESS, de la poursuite d’une utilité sociale à titre d’objectif principal, de son impact sur le compte de résultat, ainsi que d’une politique de rémunération spécifique. La moyenne des sommes versées – primes comprises – aux cinq salariés ou dirigeants les mieux payés, ne doit ainsi pas excéder un plafond annuel fixé à sept fois le SMIC. Celle versée au salarié le mieux payé ne doit pas non plus dépasser un plafond annuel fixé à 10 fois le SMIC.

Mais les financements proviennent de leur Insertion à l’Activité Economique (IAE), qui leur permet d’obtenir des financement par poste de l’État et du Département, en raison du recrutement de publics ayant peu de compétences. L’agrément ESUS ne leur fait donc bénéficier d’aucune aide supplémentaire. Il s’agit en fait d’un label « d’office », du seul fait de l’intérêt de solidarité comme unique mission du groupe. Une étiquette qui lui permet de communiquer sur sa mission d’utilité sociale.

« Il y a des structures qui en font la demande, et où pour le coup il faut chercher l’intérêt général et de solidarité, reconnaît Elsa Burucoa. Chez nous, l’intérêt de solidarité est flagrant. »

L'AUTEUR
Elias Insa
Aspirant journaliste, étudiant en licence information et communication à l'Université Bordeaux Montaigne.

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