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Plus de 500 personnes défilent contre l’extrême droite à Bordeaux
Société 

Plus de 500 personnes défilent contre l’extrême droite à Bordeaux

par Simon Barthélémy.
Publié le 22 avril 2022.
Imprimé le 27 novembre 2022 à 02:03
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Plus de 500 personnes, selon les organisateurs, se sont rassemblées ce jeudi 21 avril sur le parvis des droits de l’Homme avant de manifester dans les rues de Bordeaux. Les organisateurs – parmi lesquels la Ligue des droits de l’Homme, Nous toutes 33, SOS Racisme, FSU, la CGT – ont clairement appelé à voter Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen.

« Nous comprenons toutes celles et tous ceux qui hésitent, qui ont tant souffert sous le dernier quinquennat, nous comprenons les exaspérations et les colères, et ce d’autant plus que nous nous sommes mobilisés contre les répressions violentes, liberticides, la loi asile et immigration, la loi sécurité globale, la loi séparatisme, l’inaction environnementale et bien d’autres », entame Pierre-Antoine Cazau

« Pour autant », poursuit le président de la LDH Bordeaux devant les centaines de personnes rassemblées ce jeudi soir sur le parvis des Droits de l’Homme, « le risque que représente l’accession au pouvoir de la candidate de l’extrême-droite ne peut pas être ignoré ».

« L’Histoire nous apprend que l’on ne s’oppose pas de la même manière à un régime d’extrême-droite comme on s’oppose à n’importe quel autre régime », souligne l’avocat.

Pierre-Antoine Cazau rappelle notamment que la Ligue des droits de l’Homme s’est créée en pleine affaire Dreyfus, « contre les ligues factieuses, contre l’antisémitisme, le racisme et l’extrême droite », et que son président Victor Basch « a été assassiné par les milices françaises du régime de Vichy ».

« Nous devons alerter sur le danger que représente l’accession au pouvoir d’un parti fondé par des Waffen-SS [dont Pierre Bousquet et Léon Gaultier, NDLR], poursuit-il. Ce souvenir est particulièrement important ici, à Bordeaux, où Maurice Papon siégea comme secrétaire général de la préfecture de la Gironde, et se rendit coupable de complicité de crime contre l’humanité, pour avoir fait déporter près de 1600 juifs. »

Plus de 500 personnes se sont rassemblées contre Marine Le Pen ce jeudi 21 avril à Bordeaux, avant le second tour de la présidentielle (SB/Rue89 Bordeaux)

Société d’apartheid

C’est pourquoi, conclut-il, la LDH « s’est positionnée pour un vote de refus massif et clair de l’extrême-droite ». De nombreuses propositions de sa candidate « sont fondées sur la préférence nationale, c’est-à-dire sur une politique de discrimination officielle et systématique ».

« La société de la famille Le Pen est une société d’apartheid. Son arrivée au pouvoir entraînerait des insécurités et des injustices accrues, marquées de tensions sociales et de violences inédites et un probable démantèlement de l’État de droit. »

« L’extrême-droite n’est en aucun cas un camp comme un autre », souligne Erwan Nzimenya, de SOS Racisme, faisant ainsi référence à ceux qui renvoient Emmanuel Macron et Marine Le Pen dos à dos. Il évoque à son tour l’ « apartheid à la française » qui serait mis en place en cas d’application de la préférence nationale, menaçant de séparer des familles entières.

« Nous appelons à voter contre Marine Le Pen, et se saisir pour cela du seul bulletin à disposition, celui d’Emmanuel Macron », poursuit le responsable bordelais de SOS Racisme, brandissant un panneau « Mieux vaut un vote qui pue qu’un vote qui tue ».

Si les organisateurs de la manifestation appellent clairement à voter Macron contre Le Pen, tous les participants ne sont pas sur la même ligne (SB/Rue89 Bordeaux)

La nausée ou les mains sales ?

« Ne la laissons pas devenir présidente », renchérit Céline, de Nous Toutes 33. Elle démonte méticuleusement l’image d’une Marine Le Pen « féministe » : celle-ci « a voté contre l’allongement à 14 semaines du délai de recours à l’IVG, et veut le réduire à 10 semaines, et ne « s’intéresse pas » à l’égalité salariale femme-homme ou à la liberté des femmes de disposer de leur corps ; la candidate du Rassemblement national soutient les régimes polonais et hongrois, où les droits des femmes ont reculé, rappelle la militante féministe.

Après ces quelques prises de parole, le cortège s’est élancé, fort de plus de 500 personnes. En tête, des « Marine Le Pen, on en veut pas ! » fusent. Derrière, des anars et anticapitalistes marchent eux en lançant des « Macron, Le Pen, on en veut pas » !

Plusieurs militants avec lesquels nous avons échangé, pour certains engagés de longue date dans des combats de la gauche et de l’écologie, rechignent en effet à voter pour Emmanuel Macron, contre lequel ils ont ferraillé pendant 5 ans. 20 ans après le rejet massif de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, grâce aux voix de gauche, certains voteront donc blanc ou s’abstiendront. D’autres hésitent encore, conscients qu’ils regretteront peut être de ne pas avoir voulu se « salir les mains » si tout le monde fait le même calcul.

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L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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