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Iggy Pop à pleins tubes à l’Opéra de Bordeaux
Culture 

Iggy Pop à pleins tubes à l’Opéra de Bordeaux

par Walid Salem.
Publié le 22 mai 2022.
Imprimé le 07 juillet 2022 à 12:31
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Ce samedi 21 mai, le pape du punk a surchauffé l’auditorium de l’Opéra national de Bordeaux avec un concert débordant d’énergie. A 75 ans, l’Iguane a pioché dans ses tubes de jeunesse et surtout dans le répertoire légendaire des Stooges.

Le concert avait l’étiquette Jazz sur le site de l’Opéra de Bordeaux. Les rumeurs évoquaient une session cool, voire acoustique. Les billets étaient vendus pour des places assises (comme partout en France, hormis La Coopérative de mai à Clermont-Ferrand). A l’heure du concert à l’auditorium, une consigne est donnée au micro, non pas pour éteindre son téléphone ou le mettre sur silencieux, mais pour « respecter les places numérotées ». Les hommes du service d’ordre de l’opéra, costard, chemise blanche et oreillette, sont à leurs postes.

Ce samedi 21 mai 20h30, allait débuter le 11e concert de la tournée Free d’Iggy Pop en France. Celle-ci devait se tenir en 2020, puis en 2021, elle est reportée deux fois pour cause de crise sanitaire. Bien qu’il s’agisse de la promotion de son dernier album du même nom, aux mélodies plutôt tranquilles, les échos de ses précédentes dates à Rennes, Nantes ou Toulouse… ont fait état d’une ambiance survoltée qui rappelle les jours punk heureux.

La gomme

Les mille et quelques spectateurs bordelais sont sagement installés dans leurs fauteuils et attendent pour voir. Pas de Dr Martins ou de cuirs à pin’s. Le dress code est celui d’une journée à 38 °C : tongues, chemises hawaïennes, et crop tops pour les plus rebelles ; chino beige, sebago et robes dos échancré pour les plus habitués du lieu. Certains portent le masque sanitaire et ça sent le parfum de soirée à plus de 100€.

Le « parrain du punk » cachait-il son jeu ? En attendant de le savoir, des extraits vidéos de ses concerts de jeunesse sont projetés, accompagnés d’un instrumental spatial où la guitare est jouée à l’archet par la très douée Sarah Lipstate. Petite barbe et tenue de smoking (sans chemise ni nœud pap), la rock star de 75 ans déboule sur scène comme une pile et se poste en première ligne, devant ses sept musiciens alignés : en plus de la guitariste, Florian Pelissier (claviers), Greg Fauque (guitare), Kenny Ruby (basse), Tibo Brandalise (batterie), Corey King (trombone) et Yoann Loustalot (trompette).

Les premières notes ne viennent bizarrement pas de Free, mais de New Values (1979), avec le swinguant « Five Foot One » qui fait dodeliner quelques têtes. Toujours assis, le public se dit que la poudre est bien dosée. Mais au bout de 3 morceaux, l’Américain rappelle qu’il n’est toujours pas rangé des bagnoles et met la gomme avec un « TV Eye » (Fun House, 1970) que les murs bercés jusqu’ici par des sonates de Mozart ou opéras de Verdi ne sont pas prêts d’oublier. A tous les étages, les spectateurs sont debout, certains collés à la scène.

Iggy Pop, 75 ans et toutes ses dents (WS/Rue89 Bordeaux)

Torse nu

Débarrassé du blazer, Iggy Pop enfile le perfecto (toujours sans chemise ni nœud pap) pour interpréter « Gimme Danger Little Stranger » (Raw Power, 1973). Avec la peau aussi fripée qu’un animal préhistorique, il finit torse nu, sans surprise sauf pour ceux qui débarquaient tout juste de Mars. Micro jeté et crachats de rageux accompagnent le reste de sa performance qui n’a rien à envier à celles des années Grand Parc (1988) ou Médoquine (1993).

Sensuel comme un reptile au soleil ou tonique comme un cabri, il offre un set qui alterne voix feutrée à souhait sur « The Passenger » (Lust for Life, 1977) ou « Nightclubbing » (The Idiot, 1977)… et vocalises en mur de son sur « I Wanna Be Your Dog » (The Stooges, 1969) ou « Death Trip » (Raw Power, 1973)… Citons également le déchirant « I’m Sick Of You » (que le public oublie de reprendre micro tendu vers la salle) et un final version fin du monde avec un « Search and Destroy » ultime.

Au bout d’une heure trente d’un concert à pleins tubes, James Osterberg, de son vrai nom, laisse un parterre de tout âge sonné et en sueur, avec les oreilles qui bourdonnent encore d’un « I Fucking Love You » vociféré par l’idole dans des enceintes saturées. Et c’est fini, en espérant la revoyure.

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L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
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