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Une « situation d’errance pour les enfants » expulsés d’un squat à Saint-Michel
Société 

Une « situation d’errance pour les enfants » expulsés d’un squat à Saint-Michel

par Victoria Berthet.
Publié le 2 septembre 2022.
Imprimé le 05 décembre 2022 à 19:01
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Les associations soutenant les familles expulsées du squat Le Carreau ont organisé un rassemblement devant l’école des Menuts ce jeudi, le jour de la rentrée. Une dizaine d’enfants figurent en effet parmi les personnes sans domicile, dont plusieurs sont scolarisés.

« On s’adapte au jour le jour, on passe notre temps au téléphone à essayer de trouver une nuit d’hôtel ou un autre hébergement », détaille une membre de l’association Droit au logement 33 (DAL 33). Ce jeudi 1er septembre, jour de rentrée scolaire, les associations de soutien aux familles expulsées du squat Le Carreau ont organisé un rassemblement devant l’école des Menuts, dans le quartier Saint-Michel.

Il y a une semaine, une trentaine de personnes ont été expulsées du squat situé rue Clare. Propriété de la société ADOMA, filiale du bailleur CDC Habitat, le bâtiment était occupé depuis janvier 2020. Parmi les personnes expulsées, les associations recensent une dizaine d’enfants, scolarisés de l’élémentaire au lycée.

Hébergements solidaires

Rita (le prénom a été modifié) est arrivée d’Albanie il y a un peu plus d’un an à Bordeaux, avec son mari et son fils. Ce dernier, âgé de 5 ans, est scolarisé à l’école des Menuts. Comme la famille de Rita, la majorité des personnes expulsées sont originaires des Balkans ou du Caucase. Certaines attendent la délivrance de titres de séjours, d’autres sont en situations irrégulières.

Rassemblement de soutien, devant l’école des Menuts, le jour de la rentrée (VB/Rue89 Bordeaux)

Rita, elle, a vu sa demande d’asile déboutée par deux fois. La famille risque l’expulsion. Pour l’heure, comme la plupart des exilés expulsés du squat, elle est hébergée par des parents d’élèves. Une « entraide et une solidarité essentielles », selon Myriam Eckert, conseillère municipale Gilet jaune pour le collectif Bordeaux en Luttes :

« En amont de la rentrée scolaire, nous avons lancé un appel aux dons pour les fournitures. Depuis l’expulsion, tout fonctionne comme ça. Sans l’appui des pouvoirs publics, la solidarité s’organise pour suivre les familles expulsées. Tous les jours, on essaye de faire en sorte que personne ne passe la nuit à la rue. »

Les familles sont notamment suivies par le DAL 33, le Clap 33, le collectif de Bassens et le groupement de collectifs Il Est Encore Temps. Chaque jour, les soutiens et les familles se réunissent place André Meunier pour s’organiser et tenter de trouver des solutions d’hébergement.

Tentative de campement

Dans un communiqué de presse publié le 30 août, la préfecture de la Gironde indique que « des solutions ont été proposées à toutes les personnes évacuées ». Une personne en demande d’asile, et en situation de handicap, a été « placée dans un hébergement adaptée ». Cinq autres personnes ont rejoint un hébergement temporaire « mis en place pour les personnes nécessitant un examen de leur situation administrative ». Enfin, la préfecture annonce qu’une « aide au retour volontaire dans le pays d’origine a été proposée aux personnes déboutées du droit d’asile ».

De « fausses solutions » pour les associations. Pour tenter de mettre fin à l’errance des familles expulsées, ces dernières ont souhaité installer un « campement solidaire » place André Meunier, mardi 30 août. La tentative a été avortée par les forces de l’ordre. Pour autant, les soutiens des familles envisagent comptent maintenir une permanence sur la place.

L'AUTEUR
Victoria Berthet
Journaliste, diplômée de l'IJBA. Du terrain, des faits et de la nuance.

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