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Forte mobilisation pour les salaires et le droit de grève à Bordeaux

Plusieurs milliers de manifestants – 7 000 selon l’intersyndicale, 2000 pour la Préfecture – ont défilé ce mardi 18 octobre, à Bordeaux, pour réclamer des augmentations de salaires et le respect du droit de grève après les réquisitions de salariés dans les raffineries. Des salariés se sont mis en grève dans de nombreuses entreprises, dont la centrale nucléaire du Blayais ou Laygue et Fils à Martillac.

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Forte mobilisation pour les salaires et le droit de grève à Bordeaux

À l’appel notamment des syndicats CGT, FO, la FSU et Solidaires – la CFDT et l’UNSA restant à l’écart du mouvement –, rejoints par plusieurs partis et mouvement de gauche (Nupes, NPA, Lutte ouvrière), le cortège a démarré à midi de Mériadeck, près de la préfecture de la Gironde. Il a été rejoint par des centaines d’enseignants en grève contre la réforme du lycée professionnel.

En grève

Cette manifestation pour le pouvoir d’achat s’articulait à des mouvements de grève, dans les transports (avec 4 TER sur 10 et un Intercités sur deux circulant côté SNCF en Nouvelle-Aquitaine) et dans l’Éducation nationale (avec une participation de 5,47% dans l’Académie de Bordeaux, de 11,35 % dans le second degré). Avec un mot d’ordre : l’augmentation des salaires.

« Beaucoup de salariés étaient également mobilisés dans leur entreprise et en grève pour appuyer cette légitime revendication », signale la CGT33. L’union départementale cite Stryker (fabrication de matériel médico-chirurgical) à Cestas, Laygue et Fils (mécanique) à Martillac avec 70% de grévistes et la centrale nucléaire du Blayais « avec un des réacteur qui n’a pas été recouplé au réseau électrique comme prévu, suite à la grève votée en assemblée générale ce mardi matin ».

« Cela montre le ras-le-bol général, lâche Philippe Mano, secrétaire général de l’union départementale de FO. Ce ne sont pas les salariés qui bloquent le pays, c’est Macron et ses acolytes du CAC40. Les gens ne savent plus comment ils vont pouvoir faire le plein ou remplir leur frigo. Le gouvernement doit répondre sur notre demande d’indexer tous les salaires sur l’inflation. »

Réquisitions

Le représentant syndical insiste également sur le droit de grève, qui ne concerne pas que les salariés des raffineries de Total et Esso, réquisitionnés par le gouvernement :

« C’est un droit constitutionnel de plus en plus bafoué. FO a saisi en référé le tribunal de Rennes car 50 salariés en grève du Laboratoire de biologies réunis avaient été réquisitionnés par la préfecture sur demande de la direction. Le préfet d’Ille-et-Vilaine a été désavoué. »

Étudiants en droit, non encartés dans des syndicats ou des partis, Milo et Mélina ont justement décidé de manifester pour défendre le droit de grève et « plus de partage des richesses ». Ils s’indignent notamment des récentes expulsions d’une cité universitaire et réclament les repas à un euro dans les restos U pour tous les étudiants, pas seulement les boursiers.

« On s’enfonce dans la misère », déplore Alain, peintre en bâtiment à la retraite, et militant CGT. Il affirme toucher une pension inférieure à 1000 euros, et redoute que la guerre en Ukraine ne continue à alimenter l’inflation (+5,6% sur un an). Aussi, les manifestants espèrent que le mouvement va « prendre de l’ampleur » et attirer d’autres catégories encore peu mobilisées, notamment les jeunes.

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