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L’abolition de la corrida avortée par l’obstruction de députés, notamment de Nouvelle-Aquitaine
Politique 

L’abolition de la corrida avortée par l’obstruction de députés, notamment de Nouvelle-Aquitaine

par Victoria Berthet et Simon Barthélémy.
Publié le 24 novembre 2022.
Imprimé le 03 décembre 2022 à 06:38
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Ce jeudi 24 novembre, la proposition de loi portée par le député de La France Insoumise Aymeric Caron devait être débattue à l’Assemblée nationale. Ce dernier a finalement choisi de retirer son texte, dénonçant une « obstruction » parlementaire face au dépôt de 800 amendements par les oppositions, dont de très nombreuses par des députés des Pyrénées Atlantique, des Landes et de Gironde. La Bordelaise Hélène Thouy, coprésidente du Parti animaliste regrette la « puérilité de l’opposition ».

Ce devait être une première dans l’hémicycle. Mais le texte sur l’interdiction de la tauromachie, porté par le député de Paris Aymeric Caron, n’a finalement pas été examiné par les parlementaires. Dans une ambiance agitée, l’élu a finalement décidé de retirer son texte, « contraint » par « l’obstruction » de ses opposants.

Plus de 800 amendements ont été déposés, dont un grand nombre par des députés Rassemblement national, ce qui aurait représenté « plus de 24 heures de débats ». Or la proposition de loi s’inscrivait dans le cadre de la journée d’initiatives parlementaires du groupe France insoumise, et se limitait à une séance.

Champions de l’obstruction

Dans le genre tirs de barrage, les élus de la région se sont distingués. Des amendements de Fabien Lainé, député (Modem) des Landes, ou de David Habib (non inscrit, dissident du PS) consistaient uniquement à supprimer l’article unique du texte, et donc maintenir l’autorisation de la corrida en France.

« Cette proposition de loi tente d’uniformiser notre pays, de standardiser notre pays au point que le modèle soit le modèle parisien, justifiait le second, député des Pyrénées Atlantique. Ce n’est pas que le combat de la corrida. C’est le combat du foie gras, de la chasse, de ce qui fait les originalités du sud et du sud ouest. » 

Champion toutes catégories des banderilles dans les roues (et parfois de la beaufitude), David Habib a déposé plusieurs d’autres amendements proposant de modifier un ou plusieurs mots de la proposition de loi. Exemple : « Substituer aux mots : « abolir la corrida : un petit pas pour l’animal, un grand pas pour l’humanité », les mots : « imposer un mode vie parisien. »

Exceptions locales

Le député du Béarn est aussi l’auteur d’une centaine d’amendements introduisant des exceptions géographiques pour les régions, départements et communes où la corrida est actuellement tolérée, dont la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur.

A travers quatre amendements différents, Sophie Mette, députée Modem de Gironde, proposait elle aussi d’autoriser la corrida en Nouvelle-Aquitaine, en Gironde et dans les communes de Captieux et de la Brède, situées dans sa circonscription. Ce sont les seules villes de Gironde où des corridas sont encore organisées.

Modification du Code pénal

Avec cette proposition de loi, Aymeric Caron souhaitait modifier le Code pénal, qui réprime la maltraitance animale, mais dont les sanctions de l’article 521-1, ne s’appliquent pas au nom de « traditions locales ininterrompues », à l’instar des arènes de Bayonne, de Mont-de-Marsan ou de Béziers.

Le 16 novembre dernier, la commission des lois de l’Assemblée avait majoritairement voté contre la proposition du député insoumis. Les élus de la commission avait alors soutenu des amendements RN et LR pour supprimer le seul article du texte. Thomas Cazenave, député (Renaissance) de Bordeaux, avait lui proposé de donner aux conseils municipaux le droit d’autoriser une corrida sur leur territoire en début de mandature.

Suite au retrait du texte ce jeudi 24 novembre, l’opposition a accusé le rapporteur de « fuir le débat ». « Je pense que vous avez fait œuvre de bien peu de courage aujourd’hui, par rapport à celui que vous aviez rassemblé jusqu’alors », a lancé Sacha Houlié, président de la commission des lois.

Réaction du Parti animaliste

Dans un communiqué, le Parti animaliste dit regretter la « puérilité de l’opposition ». Hélène Thouy, avocate bordelaise et coprésidente du Parti animaliste, a dénoncé l’attitude des députés à l’égard de la proposition de loi :

« C’est encore une occasion de mettre fin à une pratique génératrice de souffrances, à un symbole que les animaux restent considérés comme des choses dans notre société, que les députés viennent de manquer. Interrogés un par un, tous se diront viscéralement attachés au bien-être animal. Alors, où sont les actes ? Je suis révoltée, ce n’est ni à la hauteur des enjeux, ni de l’attente des Français, que de saboter ainsi cette proposition de loi ! »

« Nous ne pourrons pas abolir la corrida en France aujourd’hui mais ce qui vient de se passer aujourd’hui n’est pas une fin, c’est n’est qu’un début », a assuré, de son côté, Aymeric Caron, au sein de l’hémicycle. À l’avenir, ce dernier souhaite déposer une nouvelle proposition de loi « transpartisane ».

L'AUTEUR
Victoria Berthet et Simon Barthélémy

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