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Le bidonville de Brazza n’existe plus, une vingtaine de familles relogées

L’expulsion des occupants restés au bidonville de Brazza, une vingtaine, a eu lieu ce mercredi matin à 9h avec pour certains des solutions de relogement. Après avoir été sécurisés, les terrains ont été rendus à la ville de Bordeaux en fin de matinée.

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Le bidonville de Brazza n’existe plus, une vingtaine de familles relogées

Il est 8h30, deux tractopelles sont postées quai de Brazza, au pied des Grands moulins de Paris. De l’autre côté, les ballots sont déjà prêts et les chiens sont au bout des laisses. Les regards de leurs propriétaires scrutent l’allée avec les mains protégeant les yeux du soleil levant et l’inquiétude se lit sur leurs visages.

Nayden, un jeune bulgare de 22 ans, occupant du bidonville de Brazza rencontré la veille, gratte de son ongle la peinture du portail en répétant : « on est prêt ».

« On a passé la nuit à ranger les affaires. Je sais que ça va bien se passer… »

A 9h, c’est l’heure

Comme lui, ils sont une vingtaine dans l’attente de l’évacuation prévue ce mercredi 19 juillet matin. Ils sont restés avec l’espoir d’être relogés, alors que d’autres ont trouvé des solutions par les collectivités ou par leurs propres moyens.

Des représentants des associations, qui ont accompagné les quelques 250 personnes vivants ici, dont une soixantaine d’enfants, patientent devant la porte depuis 7h : Réseau éducation sans frontières (RESF), ATD quart monde, collectif Soutien à Brazza.

« On sait que certains n’ont pas de solutions et on va essayer d’en trouver une », reconnait Philippe Mora de RESF. Il sait qu’un couple ne sera pas reloger. Anka et Alexander ont déjà eu une proposition qu’ils ont refusé par peur d’être séparés de leur fils, majeur, hébergé à l’hôtel.

A 9h, trois fourgons et autant de voitures arrivent avec les forces de l’ordre de la police nationale et municipale. Ils sont accompagnés de Justin Babilotte, directeur de cabinet du préfet de la région Nouvelle-Aquitaine ; Eve Demange, conseillère municipale, métropolitaine et départementale, représentant la mairie de Bordeaux ; et des représentants des services d’État, notamment de la Direction départementale de l’emploi du travail et des solidarités (DDETS).

La police est arrivée ce matin à 9h et les occupants ont quitté les lieux en moins d’une heure Photo : WS/Rue89 Bordeaux

Une vingtaine de familles relogées

En exécution des trois ordonnances d’expulsion rendues depuis septembre 2019 par le Tribunal administratif de Bordeaux pour les trois parcelles occupées, et à la demande de la ville de Bordeaux, propriétaires des trois sites, l’évacuation est pliée en moins d’une heure.

Elle a été prononcée pour l’illégalité de l’occupation, mais aussi « les conditions de vie des occupants, l’amoncellement de déchets et la présence de divers objets de récupération (carcasses de voitures, électroménagers, etc.) présentaient des risques importants pour la salubrité et la santé publique ».

Lors de cette évacuation, une prise en charge pour cinq nuitées d’hôtel a été proposée aux « familles les plus vulnérables n’ayant pas souhaité bénéficier d’un accompagnement social » précise un communiqué de la Préfecture, publié ce jour. « Ainsi 4 familles, 7 adultes et 3 mineurs, ont accepté un hébergement d’urgence. » Nayden et sa compagne en font partie. Pas Anka et Alexander.

Les départs des occupants du bidonville de Brazza avaient commencé depuis une semaine Photo : WS/Rue89 Bordeaux

Quelques semaines plus tôt, un diagnostic social a permis d’identifier 16 familles (31 adultes et 22 mineurs) qui « ont répondu aux critères d’éligibilité et bénéficient depuis le début du mois de juillet d’un accompagnement social » poursuit le communiqué. Il précise que « 10 familles sont logées au sein de l’établissement temporaire d’insertion de la Jallère ouvert au printemps 2023 par Bordeaux Métropole, 4 familles sont logées au sein d’un logement temporaire d’insertion de Bordeaux Métropole et deux familles sont prises en charge par la maîtrise d’œuvre urbaine et sociale Rom ».


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