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Un film écrit et joué par des jeunes de Bordeaux Nord en mémoire de Lionel

« Poings liés » est le premier long-métrage d’Alpha Diallo, réalisé dans le cadre d’un projet inter-associatif. Une dizaine de jeunes ont participé au film, qui s’apprête à être projeté au quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de Gradignan.

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Un film écrit et joué par des jeunes de Bordeaux Nord en mémoire de Lionel
Le film a été tourné entre les Aubiers et le Grand Parc (Ousseynatou Diallo)

Le film a fait salle comble à l’Utopia pour son avant-première, le 13 novembre dernier. Écrit et joué par des jeunes âgés de 16 à 20 ans des Aubiers et du Grand Parc, il a été réalisé par Alpha Diallo. Les Poings Liés, ce sont les histoires croisées de jeunes des quartiers nord de la ville. Il s’agit d’un projet porté par plusieurs associations de Bordeaux-Lac*.

Questionner le rapport à la violence

Rawane, 16 ans, a fugué de son foyer. Elle est hébergée par Wafaa, une jeune boxeuse, qui ne tarde pas à ressentir de la jalousie. Omar, lui, sort tout juste de prison. Il veut se venger de la personne responsable de son incarcération. Le long-métrage soulève le rôle des structures associatives comme vecteur de cohésion. Grâce au sport, et en particulier la boxe, un drame est évité de justesse. Le film est un hommage à Lionel, 16 ans, tué par balle en janvier 2021 aux Aubiers.

Le tournage a duré un an, entre la cité des Aubiers et celle du Grand Parc. D’un budget de 20 000 euros, il a été financé par des subventions, entre autres, de la Ville de Bordeaux et de la Cité Éducative. Deux caméras et un drone ont permis de capter les séquences.

Un projet inter-associatif qui a mobilisé une dizaine de jeunes Photo : Ousseynatou Diallo

Alpha Diallo, 38 ans, signe là son premier long-métrage en tant que réalisateur. Un an plus tôt, il a déjà participé au film Pas lui, impulsé par l’éducatrice Nouhra Boulsennane, dans lequel Lionel devait tenir le premier rôle.

« Il y a eu des frustrations sur le premier film », raconte le réalisateur :

« Les jeunes voulaient parler d’armes et de rixes. Mais c’était très tôt, le drame venait d’arriver. Et puis le temps a passé, les jeunes avaient toujours envie de s’exprimer. »

Créer du dialogue

Alpha Diallo a grandi aux Aubiers. Il a co-fondé l’association Urban Vibration School et a évolué dans le milieu de rap avant de « raccrocher le micro pour la caméra ». Il est aujourd’hui à la tête de Gosen’Eye, une société de production vidéo basée à Bordeaux :

« Les jeunes étaient libres dans l’écriture de la fiction. J’ai été leurs mains. Je voulais un film avec du dialogue, parler du rapport à la violence. Il y a comme une morale dans le film, à savoir comment on peut court-circuiter une montée en tension par l’intervention des associations et des grands frères du quartier. Il y a une portée pédagogique. »

Aujourd’hui, Alpha Diallo espère projeter le film dans des collèges et lycées de Gironde. Avant cela, il sera diffusé le mois prochain au sein du quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de Gradignan :

« J’ai connu des jeunes qui étaient bons en sport et qui ont décroché. Ils se sont retrouvés en bas des tours. Ça peut aller vite. Il faut aussi essayer d’impliquer les parents. Le film est là pour créer du dialogue. »

Le film a par ailleurs suscité des vocations puisque l’un des jeunes acteurs, Fodé Balde, aidé par les associations, vient d’intégrer le cours Florent.

*Associations : Urban Vibration School (UVS), Association Promotion Insertion Sport (APIS), Centres d’Animation de Bordeaux (CAQB), Union de Bordeaux-Nord des Associations de Prévention Spécialisée (UBAPS)


#cinéma

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