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Contre le « choc des savoirs », rassemblement et collèges morts en Gironde

À l’appel de la Fédération des conseils de parents d’élèves de Gironde, une quinzaine d’établissements ont participé ce jeudi 28 mars à l’opération « collège mort » contre la création de groupes de niveaux. Un rassemblement s’est tenu devant le rectorat.

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Contre le « choc des savoirs », rassemblement et collèges morts en Gironde

Une cinquantaine de parents, élèves, enseignants et personnels de l’éducation, étaient devant le Rectorat de Bordeaux ce jeudi midi pour dire « Non à l’école de tri ». Tous dénoncent la réforme du Premier ministre Gabriel Attal, qui souhaite créer des groupes de niveaux pour l’apprentissage du français et des mathématiques dans les collèges.

Ce rassemblement était à l’initiative de la FCPE (fédération des conseils de parents d’élèves) qui avait également invité les parents à ne pas envoyer leurs enfants en classe. Plus d’une quinzaine d’établissements dans la Gironde ont participé à l’opération « Collèges morts », comme le collège Jean-Jaurès à Cenon, Edouard-Vaillant à Bordeaux ou encore Robert-Barrière à Sauveterre-de-Guyenne. Depuis décembre, les syndicats de l’enseignement et les professeurs sont sur le pied de guerre.

« Dès le départ, on a alerté sur sa philosophie problématique consistant à trier des enfants dès l’âge de 10 ans. Il y a une unanimité des syndicats de l’enseignement, des chefs d’établissement qui ont montré que sur le fond et sur la forme ça allait être une catastrophe. On n’est absolument pas entendus ! », explique Carla Chaumeil, professeur d’histoire-géographie au collège Edouard-Vaillant. 

« Tri social » et stigmatisation

Selon la FCPE, cette répartition par groupe de niveau va mettre « la pression » et « en situation de concurrence » les élèves dès la rentrée au collège. Ils seront même évalués dès la primaire avec la création d’un diplôme avant le passage dans l’enseignement secondaire.

« La montée inexorable de la rivalité entre les élèves est un terreau au fait de harcèlement et c’est ce qui va se passer. Comment ne pas être moqué par ses camarades quand on passe chez les moins bons, comment s’intégrer à un groupe à qui on n’appartient pas, s’inquiète Corinne Devaux, la présidente de la FCPE Gironde.

Pour les enseignants, cette réforme est inefficace, injuste et brutale socialement. Elle ne fera pas progresser davantage les élèves en difficulté. Laurence Laborde, enseignante dans le primaire et co-secrétaire de la FSU, affirme d’expérience que « l’hétérogénéité est le cœur du métier » et qu’il est question ici d’ « un tri social ».

Une réforme qui ne tient déjà pas ses promesses

Le 17 mars dernier, Gabriel Attal a officialisé sa réforme de l’enseignement. Les mesures seront instaurées dès la rentrée 2024 pour les élèves de 6e et de 5e. Pour les élèves de 4e et 3e, ce sera pour la rentrée de 2025.

Les chefs des établissements et les équipes éducatives décideront du nombre d’élèves par groupe selon leurs propres critères. Mais le personnel enseignant et les familles craignent que la crise des professeurs oblige à constituer des groupes au maximum de la jauge, c’est-à-dire 30 élèves. Le syndicat de la Snes-FSU estime qu’un enseignant manque dans 48% des collèges et lycées en France.

La FCPE Gironde appelle à une nouvelle mobilisation le 6 avril prochain à Bordeaux qui permettra à tous les élèves et familles de venir en dehors des cours pour manifester le désaccord du « prix social ».


#éducation

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