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« Universités à bout de souffle » : mobilisation syndicale à Bordeaux

Les syndicats de personnels et d’étudiants ont manifesté ce jeudi 19 mars à l’Université de Bordeaux. Ils dénoncent les coupes budgétaires du gouvernement dans l’enseignement supérieur et la recherche, et présente une motion pour « reconsidérer » cette décision.

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« Universités à bout de souffle » : mobilisation syndicale à Bordeaux
Mobilisation intersyndicale en amont du CA de l’Université de Bordeaux

Parmi les budgets les plus touchés par les 10 milliards euros d’économie de Bercy, celui de l’enseignement supérieur et la recherche subira 904 millions d’euros de coupes budgétaires. Ce jeudi 19 mars, une vingtaine de personnes ont manifesté à l’appel des syndicats CGT Ferc Sup, Snesup-FSU et SNPTES-Unsa, devant le Conseil d’administration (CA) de l’Université de Bordeaux, où une motion a été présentée.

« Le conseil d’administration de l’Université de Bordeaux, exprime sa profonde préoccupation face à cette mesure et ses conséquences néfastes sur le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche publique [et] appelle donc le gouvernement à reconsidérer sa décision et à garantir un financement adéquat et pérenne pour l’enseignement supérieur et la recherche, afin d’assurer aux étudiantes et aux étudiants des conditions d’études et de vie étudiante dignes, mais aussi de préserver l’excellence académique et scientifique de notre pays », peut-on lire dans ce document que Rue89 Bordeaux a consulté.

Report vers le privé

« C’est une motion qui rappelle que les universités sont à bout de souffle », commente Bertrand Lubac, enseignant-chercheur en sciences de l’environnement, représentant CGT du personnel et élu au CA :

« Jusqu’à présent, les universités n’avaient pas le droit de voter des budgets déficitaires. Or en 2023, le budget était déficitaire [de 72 millions d’euros, soit 708 millions de dépenses pour 636 millions de recettes, NDLR]. Ça veut dire qu’on gèle des postes d’enseignants et que les conditions de travail se dégradent. »

« Beaucoup d’étudiants se dirigent désormais vers des formations privées, souvent très coûteuses », observe Stéphanie Péraud-Puigségur, maîtresse de conférences en philosophie, enseignante au sein de l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspé) de l’Académie de Bordeaux :

« Les formations privées, parfois, ne sont pas diplômantes. Ce report vers le privé est accentué par Parcoursup car il manque des places dans le supérieur. »

Sur la plateforme, en quatre ans, les formations d’enseignement privé ont presque doublé au niveau national, passant de 4992 en 2020 à 9298 en 2023 (+86,3%). Au cours de la même période, les offres dans l’enseignement public, elles, n’ont augmenté que de 15,3% (11 998 en 2020, contre 13 829 en 2023).

« Mauvais signal »

Depuis 2021, l’Université de Bordeaux, via une procédure de dévolution, est devenue propriétaire de 8 sites et campus en Gironde. Une prise en main de son patrimoine immobilier qui a aussi ses revers, selon les syndicats. « C’est une série de charges, d’assurances et de coûts d’entretien qui retombent sur les universités », analyse Stéphanie Péraud-Puigségur :

« Désormais, on rationalise à tous les étages. Un déménagement de l’Inspé est prévue dans de nouveaux locaux. Sous couvert de transition écologique, les espaces de travail sont réduits. »

Venu à la rencontre des syndicats, Dean Lewis, président de l’Université de Bordeaux, a assuré « partager leurs préoccupations ».

« Les coupes budgétaires donnent un mauvais signal dans un contexte déjà difficile », a t-il résumé.

Dans ce contexte inflationniste, l’Université de Bordeaux puise dans ses réserves. En 2023, les dépenses supplémentaires sont passées de 10 à 20 millions d’euros dues notamment à l’augmentation des coûts de l’énergie.


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