À 15h ce lundi 24 février, plus de 400 personnes, étudiant.es et membres du personnel, se sont réunis en assemblée générale pour faire le point sur la mobilisation entamée le 18 février. La décision est sans appel : reconduction du blocage de Sciences Po et de l’université Bordeaux Montaigne (UBM).
« Nous le regrettons », écrit Alexandre Péraud, le président de UBM, dans une communication de ce jour à l’adresse des étudiant.es :
« Nous sommes donc dans l’obligation, pour des raisons de sécurité, de maintenir la fermeture des accès aux bâtiments du site de Pessac jusqu’à vendredi 28 février inclus. »
Les cours en présentiel sont ainsi annulés et les épreuves de contrôle continu sont reportées fait savoir l’université. Un dispositif provisoire de continuité pédagogique a été mis en place dès ce mardi matin, assuré par les enseignant.es. Les événements culturels sont, quant à eux, annulés.
Par ailleurs, les étudiant.es appellent à une Coordination nationale étudiante contre les coupes budgétaires. L’enseignement supérieur et la recherche risque effectivement d’être privé de 630 millions d’euros par le nouveau budget du gouvernement Bayrou.
« Déminage idéologique »
A Sciences Po, les étudiants dénoncent en particulier l’implication de leur établissement, à travers la fondation Bordeaux Université, dans la Chaire Défense & Aérospatial, financée en partie par Dassault Aviation et Thalès, accusés de fournir du matériel militaire à Israël dans sa guerre contre Gaza. Ils réclament la sortie de Sciences Po de la fondation.
« Ce sont des moyens de privatisation et de dépendance au secteur privé qui finance le conflit israélo-palestinien, alors que rien ne nous y oblige », expliquent-ils.
La direction a promis d’étudier la question de la Chaire Défense & Aérospatial, mais la proposition est accueillie avec scepticisme : « On nous avait déjà promis un audit sur la Chaire en mai dernier, et cela n’a jamais été respecté. »
Les étudiants pointent également une note révélée par une photographie prise dans le bureau de directeur Dominique Darbon. Sur un tableau, une liste fixe des « objectifs 2027 », parmi lesquels on peut lire celui d’un « déminage idéologique ». « Méprisant et dangereux », aux yeux des étudiants mécontents qui y voient la volonté de restreindre l’expression politique au sein de l’établissement.
Lors de l’AG, des représentants de la direction ont soutenu qu’il s’agissait « d’un pense-bête personnel de Dominique Darbon, qui réfléchit à divers enjeux », la mention faisant référence à « la manière d’aborder certains débats intellectuels en cours ».
Négociations en cours
Les négociations entre la direction et les étudiant.es se multiplient, parfois sans succès. Comme pour la cérémonie de remise des diplômes ce 22 février au Pin Galant, à Mérignac, où des diplômes factices ont été remis, faute de laisser sortir les originaux.
Les étudiant.es ont toutefois obtenu l’annulation des absences durant le blocage, l’ouverture d’une salle pour s’y installer et l’éclairage du parvis la nuit par crainte des provocations. Les étudiants rapportent par ailleurs des agressions des groupuscules d’extrême droite. Alors qu’Action française est soupçonnée d’avoir molesté un étudiant dans la nuit du 18 au 19 février, c’est La Bastide bordelaise qui est accusée d’avoir agressé et filmé un jeune militant de La France Insoumise le jeudi 20 février.
« On est fatigué et on a peur », témoigne un étudiant, tandis que d’autres font état d’intrusions de personnes étrangères dans les salles. Malgré ces tensions, « le blocage continuera jusqu’à ce que nous soyons entendus », affirme l’organisation étudiante.
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