Comme le révélait Rue89 Bordeaux, la Métropole devrait entériner ce vendredi 4 avril une nouvelle hausse des tarifs des transports en commun sur le réseau TBM de 3% en moyenne. Elle « portera en grande partie sur les titres occasionnels et pour moitié sur les abonnements », indique ce mercredi Olivier Escots, conseiller métropolitain communiste. Quoique membres de la majorité, les trois élus de son groupe voteront contre cette décision.
« C’est un mauvais signe, justifie l’élu bordelais. Le ticket unitaire a pris 20 centimes en deux ans, et coûtera désormais 1,90€. Et les abonnements peuvent représenter des sommes conséquentes – plus de 1000 euros à consacrer chaque année aux transports en commun pour une famille avec deux enfants et dont les deux parents ont un pass salarié. »
Serpent de mer
Au nom du pouvoir d’achat des habitants de la métropole, du droit à la ville, et de la lutte contre le changement climatique et la pollution atmosphérique – « avec des trams et des bus gratuits, plus besoin de ZFE », selon Olivier Escots –, le PCF relance donc le débat sur la gratuité des transports en commun. Un serpent de mer que le parti compte réanimer, notamment à l’occasion des prochaines municipales.
Cependant, les communistes sont isolés sur ce sujet : ni la droite, ni la gauche (Insoumis et NPA exceptés) ne sont favorables à rendre gratuits le réseau TBM. « Il n’y a pas de débat au sein de la majorité », indique Clément Rossignol-Puech, vice-président écologiste en charge des mobilités.
« Nous sommes très fiers de la tarification solidaire qu’on proposait depuis longtemps, et que la Métropole est la seule à offrir en allant jusqu’à la gratuité totale pour une majorité de ses bénéficiaires. Nous allons désormais indexer les seuils sur l’inflation pour ne pas les mettre en difficulté, et on peut réfléchir à élargir son champ. Mais cela nous paraitrait injuste que la collectivité paye les transports pour les cadres, qui ont les moyens de s’abonner. »
Place aux jeunes
Actuellement, 82% des 85000 bénéficiaires de la tarification solidaire des transports, qui sont parmi les plus pauvres de la métropole, ont en effet droit à la gratuité.
« Et depuis peu ce sont 10000 personnes en situation de handicap et dont l’invalidité est de plus de 50%, qui sont éligibles, ajoute Olivier Escots, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l’inclusion. Mais cela semble peu, sachant qu’une personne sur 6 a un handicap. Il faut désormais des étapes supplémentaires sur le chemin de la gratuité. »
A défaut de Grand soir immédiat du libre accès, les communistes suggèrent en effet d’étendre progressivement le champ des transports gratuits, en commençant par certaines catégories, notamment les jeunes.
« Aujourd’hui le pass Pitchoun pour les 4-10 ans ne rapporte que 240000 euros de recettes à la métropole, alors que l’abonnement coûte 146 euros, ce qui est un poids important dans le budget d’une famille et nécessite des démarches complémentaires, reprend Olivier Escots. Le pass jeune pour les 11-26 ans est lui à 250 euros, et on peut imaginer qu’à ce prix, une partie des jeunes qui sont au dessus des seuils de la tarification solidaire s’appliquent la gratuité à leurs risques et périls… »
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