La question de l’implantation de La Case, un CAARUD (centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) ouvert depuis début 2012 rue Saint-James, au pied de la Grosse Cloche, s’invite à nouveau dans le débat public bordelais.
Dans un courrier daté du 16 janvier 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist indique avoir « demandé au directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine de mener une concertation afin de réétudier l’implantation » de la structure, « avec toutes les parties prenantes », et « en favorisant les hypothèses de rapprochement progressif vers un cadre hospitalier ou assimilé ».
Cette réponse intervient après la saisine de la ministre, le 14 janvier, par Thomas Cazenave, député Renaissance de la Gironde, conseiller municipal d’opposition et candidat aux élections municipales à Bordeaux. L’élu souhaitait attirer l’attention sur les difficultés de cohabitation dans ce secteur très fréquenté de l’hyper-centre, entre usagers de la structure, passants et commerçants.
Une pression locale qui s’intensifie
La relocalisation de La Case devient ainsi une hypothèse officielle, alors même que la structure a vocation à être implantée au plus près des publics qu’elle accompagne, entre cours Victor-Hugo et rue Sainte-Catherine. La contestation locale s’est accrue ces derniers mois : une pétition lancée à l’automne pour demander le déménagement du CAARUD, affiche près de 1 000 signatures.
Le 17 janvier, Thomas Cazenave a adressé un courrier aux riverains et commerçants du quartier Saint-Paul – Saint-Éloi pour annoncer la décision ministérielle. Il rappelle que ceux-ci alertent « depuis plusieurs années » les pouvoirs publics « de la dégradation de la salubrité et de la sécurité dans [leur] quartier, liée à la présence du CAARUD La Case », et déplore que ces alertes « n’ont malheureusement été suivies d’aucun effet, laissant peu à peu se détériorer la qualité de vie du quartier ».
Pour l’élu, « l’accompagnement des publics vulnérables […] ne peut s’exercer au détriment de la tranquillité et la salubrité d’un quartier commerçant et densément habité ».
« Cette localisation n’est plus adaptée ni aux riverains, ni aux usagers, ni aux professionnels de santé qui y travaillent », estime le député. Il affirme que « le déménagement du CAARUD vers un environnement hospitalier ou assimilé [est] la seule option permettant d’assurer un encadrement médical renforcé, une prise en charge digne des publics concernés et une cohabitation apaisée avec les habitants ».
Une commande ministérielle aux contours flous
Ni la demande de Thomas Cazenave, ni la réponse de Stéphanie Rist ne précisent cependant la nature exacte de la mission confiée à l’ARS. S’agit-il d’un simple déménagement de La Case ? Ou de l’ouverture, dans « un environnement hospitalier ou assimilé », d’une salle de consommation de drogues à moindres risques (vulgairement appelées « salle de shoot »), ou du moins une Halte de soins addictions (HSA) ?
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