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Le portrait de Christophe Gleizes déployé sur l’Hôtel de Région pour exiger la libération du journaliste

La Région Nouvelle-Aquitaine a déployé une bâche sur ses bâtiments de Bordeaux, Limoges et Poitiers afin d’exiger la libération du journaliste sportif Christophe Gleizes. Ce natif d’Agen a été arrêté en Algérie alors qu’il réalisait un reportage sur la Jeunesse sportive de Kabylie, et condamné à 7 ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme ».

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Le portrait de Christophe Gleizes déployé sur l’Hôtel de Région pour exiger la libération du journaliste
Déploiement de la bâche en honneur à Christophe Gleizes

« C’est un geste simple et symbolique pour un journaliste pris en otage par l’Algérie en raison des relations diplomatiques dégradées avec Paris », a justifié Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Depuis ce jeudi 22 janvier, une bâche en l’honneur de Christophe Gleizes orne la façade de l’Hôtel de Région à Bordeaux, mais aussi à Limoges et Poitiers.

La collectivité exige ainsi la libération du reporter de 36 ans. Il a été arrêté le le 28 mai 2024, en Kabylie où il travaillait sur la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), le club de football le plus titré d’Algérie. « Sans journalistes à la recherche de la vérité, il ne pourrait se concevoir de société libre », estime la Région.

Christophe Gleizes a été condamné en première instance à 7 ans de prison, peine confirmée le 3 décembre 2025 en appel, pour « apologie du terrorisme ». La justice lui reproche des entretiens avec des dirigeants de la JSK, dont certains sont des responsables du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé en 2021 comme organisation terroriste par Alger.

Seul journaliste français détenu dans le monde

Né à Agen, formé au Celsa à Paris, ce pigiste aux magazines Society et So Foot est un grand spécialiste de l’Afrique. Il a réalisé plusieurs enquêtes, dont Magique système, l’esclavage moderne des footballeurs africains, et reportages sur le continent, où il a vécu enfant. Il est actuellement le seul journaliste français emprisonné dans le monde.

« Christophe garde le moral malgré une détention difficile, marquée par l’isolement, l’impossibilité de téléphoner à ses proches, un accès aléatoire au courrier et des visites limitées à trente minutes tous les quinze jours derrière une vitre », ont indiqué ses parents lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, ce mercredi 21 janvier.

Dénonçant une « criminalisation de l’exercice du métier de journaliste », les syndicats SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO ont rappelé dans un communiqué « le droit fondamental de tout journaliste à exercer librement sa mission d’informer, sans crainte de représailles politiques ou judiciaires ». Jeudi 29 janvier, une soirée de mobilisation aura lieu à Paris, au Bataclan, pour exprimer sa solidarité avec Christophe Gleizes. Une pétition pour exiger sa libération, initiée par RSF (reporters sans frontières) et son comité de soutien, flirte avec les 30000 signatures.


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