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Une croix gammée sur la porte du centre Gisèle-Halimi à Bordeaux, une enquête est ouverte

Pour la seconde fois en six mois, le centre d’accueil et d’écoute Gisèle Halimi a été la cible d’un acte de vandalisme. Une plainte a été déposée.

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Une croix gammée sur la porte du centre Gisèle-Halimi à Bordeaux, une enquête est ouverte
La plaque dégradée

Mardi 6 janvier, la plaque du centre d’accueil et d’écoute Gisèle Halimi a été vandalisée par l’inscription d’une croix gammée. Cette dégradation antisémite survient six mois seulement après l’arrachage de cette même plaque.

« La police est intervenue pour constater les faits et la police scientifique a procédé aux prélèvements nécessaires. Une plainte a été déposée », affirme la directrice de l’Apafed, Naïma Charaï, dans un post sur les réseaux sociaux ce matin.

Pour la directrice de l’association qui gère le centre, cet acte ne relève pas d’une simple dégradation matérielle. Il s’inscrit dans une volonté d’intimidation ciblant directement un lieu de protection, d’écoute et de soutien. Le centre accueille des femmes et des enfants victimes de violences et incarne un héritage politique et féministe fort.

Le Parquet dit avoir confié « une enquête du chef de dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion, à la Dipn 33 [Direction interdépartementale de la police nationale Gironde] ».

« Infâme dégradation »

À travers cette inscription antisémite, c’est aussi la mémoire de Gisèle Halimi qui est visée. Avocate et militante féministe, figure majeure de la lutte pour les droits des femmes, elle demeure associée aux combats pour la justice, l’égalité et la dignité. S’attaquer au centre qui porte son nom revient, selon Naïma Charaï, à s’attaquer aux valeurs qu’elle a défendues toute sa vie.

La directrice qualifie ces faits de « graves, haineux et inacceptables », les rattachant clairement à une idéologie raciste et antisémite. Selon elle, en juillet 2025, l’arrachage de cette plaque était un acte ciblé « possiblement lié à notre engagement féministe : tentative d’intimidation d’un ex-conjoint violent ou action d’un militant masculiniste ».

Dans un communiqué, le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, se dit « écœuré, en colère et outré par l’infâme dégradation ». Il « renouvelle [son] admiration pour le travail effectué par cette structure qui illumine notre République » et adresse un message de soutien à la directrice et à Catherine Abelos, présidente de l’Apafed.


#Apafed

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