Le projet d’implantation d’une usine d’élevage intensif de saumons porté par Pure Salmon au Verdon-sur-Mer ne se heurte pas à une simple opposition de principe. C’est ce que révèle l’analyse des avis déposés lors de l’enquête publique sur l’autorisation environnementale et le permis de construire, que pourraient accorder le préfet de la Gironde à Pure Salmon Fishfarm France, détenue par un fonds d’investissement singapourien (8F Asset Management), une société de capital risque.
Sur les 20 000 contributions envoyées au registre numérique lors de la consultation publique de décembre 2025 à janvier 2026 – estimation faite à quelques minutes de la fin de celle-ci –, on peut noter 4085 avis (20,6%) fortement défavorables, 15 153 avis (76,4%) défavorables, 531 avis (2,7%) neutres, et 64 avis (0,3%) favorables.
Ces contributions s’appuient sur des avis d’experts et d’institutions publiques. Plusieurs participants citent explicitement les analyses du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), du Parc naturel marin et des Commissions locales de l’eau. Signe que la contestation ne s’appuie pas uniquement sur des craintes citoyennes ou un rejet NIMBY (not in my backyard), mais sur les observations d’organismes publics spécialisés.
« Mon estuaire n’est pas un site d’expérimentation »
La consommation électrique annoncée du site, de 100 à 125 GWh par an, « soit la consommation d’une ville de 40 000 habitants » interpelle plusieurs contributions, portant moins sur l’élevage lui-même que sur la cohérence entre les objectifs climatiques.
Plusieurs avis soulignent qu’un tel volume – 10 000 tonnes de saumon par an – n’a jamais été atteint dans ce type d’installation en France, ce qui alimente une inquiétude sur le caractère expérimental du projet à cette échelle. « Mon estuaire n’est pas un site d’expérimentation », écrit ainsi une habitante de Meschers-sur-Gironde.
« Produire des millions de saumons dans un système intensif terrestre, c’est condamner des animaux sensibles à des densités élevées, au stress, aux maladies et à des conditions de vie très éloignées de leurs besoins naturels », relève une contributrice du Bugue (Dordogne).
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