Média local avec zéro milliardaire dedans

Ces candidats qui veulent un retour en force de la voiture dans Bordeaux

La place de la voiture en ville est un sujet majeur de cette campagne des municipales à Bordeaux. Critiquant la ligne du maire écologiste, Thomas Cazenave et Philippe Dessertine veulent mettre sur pause la piétonisation et la suppression de places de stationnement. Tout comme Julie Rechagneux (RN), ils plaident aussi pour un contournement routier de Bordeaux. Pierre Hurmic se dit « dans le sens de l’histoire » en privilégiant les mobilités décarbonées.

Municipales 2026
,
Édition abonnés
Ces candidats qui veulent un retour en force de la voiture dans Bordeaux
Sur les boulevards de Bordeaux

Quelle place occupe la voiture à Bordeaux ? À en croire les candidats à la droite du maire sortant, elle n’en aurait plus suffisamment. La faute à la majorité écolo, accusée de vouloir la chasser du centre-ville.

Depuis 2020, l’équipe de Pierre Hurmic a en effet étendu de 87 ha le secteur piéton, qui représente désormais 259 ha, supprimer une des deux voies voiture ou mis à sens unique plusieurs axes (boulevards, cour de la Marne…) afin de libérer de la place pour les bus et les vélos, ou encore éliminé des places de stationnement en surface pour créer des micro-forêts ou des placettes.

Comment cette politique est-elle perçue ? Dans un sujet récemment diffusé sur BFMTV, un usager dénonce un « évitement de la voiture en centre-ville » qui aurait été « poussé à son paroxysme ». Il est suivi par des riverains de la rue Bouquière, devenue piétonne en 2022, qui se disent quant à eux satisfaits d’avoir retrouvé « une vraie vie de quartiers ».

Priorité à droite

Certains candidats aux municipales à Bordeaux surfent sur cette divergence d’appréciations, à l’image de l’économiste Philippe Dessertine (indépendant) ou du conseiller municipal d’opposition et député Thomas Cazenave (Renaissance). Ceux-ci parlent d’adopter une vision plus « pragmatique » et plus « équilibrée » afin de « réconcilier » Bordeaux et la voiture, tandis que la candidate du Rassemblement national, Julie Rechagneux, accuse Pierre Hurmic de « taper sur les automobilistes ».

Il n’hésitent pas pour cela à brandir l’index annuel TomTom, dont celui de janvier dernier classe Bordeaux à la 2e place des villes les plus embouteillées de France, juste derrière Lyon, avec un taux de congestion estimé à 43,5 %. Même si ce palmarès est contesté par l’équipe municipale, qui rappelle notamment que contrairement à d’autres grandes villes de France, la rocade, où la circulation est relativement fluide, ne se trouve pas sur son territoire, accroissant mécaniquement le taux de congestion.

La mairie de Bordeaux et la Métropole mettent par ailleurs en avant leurs résultats dans le dernier baromètre métropolitain : une baisse estimée à 10% du trafic automobile en 10 ans et un doublement des déplacements à vélo depuis 2015. Pierre Hurmic salue une baisse de 35% de la pollution de l’air – à relativiser néanmoins puisqu’elle ne concerne qu’un seul capteur (sur les boulevards) et seulement pour le dioxyde d’azote (NO2), un polluant lié à la circulation routière.

« Réconcilier automobilistes et cyclistes »

Mais qu’importe : s’il est élu, Thomas Cazenave demandera un moratoire sur l’extension du secteur piéton centre, « pour privilégier une piétonisation d’îlots à l’échelle des quartiers en concertation ». Il prévoit également de revoir le plan de circulation pour « redonner de l’accessibilité à la ville ». Une méthode dont son adversaire Philippe Dessertine est également partisan.

Lisez la suite pour 1€

En profitant de notre offre d’essai, résiliable en ligne à tout moment.

Pour accéder à cet article, il faut être abonné. Pourquoi ?

Les informations exclusives, les enquêtes et certains reportages constituent l’édition abonnés de Rue89 Bordeaux. En tant que média indépendant, nos ressources proviennent de nos lectrices et lecteurs abonnés, aucun milliardaire ni groupe bancaire ne nous finance.

Nous demandons à nos lecteurs une faible contribution pour disposer à Bordeaux d’un média critique des pouvoirs, capable d’enquêter et de traiter les enjeux locaux en profondeur et dans la durée.

Chaque abonnement compte. Toutes nos recettes sont investies dans un journalisme local indépendant, dont la force et la réactivité dépend directement du nombre d’abonnés actifs.

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Municipales 2026#Municipales 2026

Activez les notifications pour être alerté des nouveaux articles publiés en lien avec ce sujet.

Voir tous les articles

À lire ensuite


« Je ressens parfois ce regard un peu différent » : pourquoi les femmes peinent à devenir maires
Partager
Plus d'options