Quelle place occupe la voiture à Bordeaux ? À en croire les candidats à la droite du maire sortant, elle n’en aurait plus suffisamment. La faute à la majorité écolo, accusée de vouloir la chasser du centre-ville.
Depuis 2020, l’équipe de Pierre Hurmic a en effet étendu de 87 ha le secteur piéton, qui représente désormais 259 ha, supprimer une des deux voies voiture ou mis à sens unique plusieurs axes (boulevards, cour de la Marne…) afin de libérer de la place pour les bus et les vélos, ou encore éliminé des places de stationnement en surface pour créer des micro-forêts ou des placettes.
Comment cette politique est-elle perçue ? Dans un sujet récemment diffusé sur BFMTV, un usager dénonce un « évitement de la voiture en centre-ville » qui aurait été « poussé à son paroxysme ». Il est suivi par des riverains de la rue Bouquière, devenue piétonne en 2022, qui se disent quant à eux satisfaits d’avoir retrouvé « une vraie vie de quartiers ».
Priorité à droite
Certains candidats aux municipales à Bordeaux surfent sur cette divergence d’appréciations, à l’image de l’économiste Philippe Dessertine (indépendant) ou du conseiller municipal d’opposition et député Thomas Cazenave (Renaissance). Ceux-ci parlent d’adopter une vision plus « pragmatique » et plus « équilibrée » afin de « réconcilier » Bordeaux et la voiture, tandis que la candidate du Rassemblement national, Julie Rechagneux, accuse Pierre Hurmic de « taper sur les automobilistes ».
Il n’hésitent pas pour cela à brandir l’index annuel TomTom, dont celui de janvier dernier classe Bordeaux à la 2e place des villes les plus embouteillées de France, juste derrière Lyon, avec un taux de congestion estimé à 43,5 %. Même si ce palmarès est contesté par l’équipe municipale, qui rappelle notamment que contrairement à d’autres grandes villes de France, la rocade et les axes pénétrants, où les vitesses autorisées sont plus élevées, ne se trouvent pas sur son territoire, accroissant mécaniquement le taux de congestion.
La mairie de Bordeaux et la Métropole mettent par ailleurs en avant leurs résultats dans le dernier baromètre métropolitain : une baisse estimée à 10% du trafic automobile en 10 ans et un doublement des déplacements à vélo depuis 2015. Pierre Hurmic salue une baisse de 35% de la pollution de l’air – à relativiser néanmoins puisqu’elle ne concerne qu’un seul capteur (sur les boulevards) et seulement pour le dioxyde d’azote (NO2), un polluant lié à la circulation routière.
« Réconcilier automobilistes et cyclistes »
Mais qu’importe : s’il est élu, Thomas Cazenave demandera un moratoire sur l’extension du secteur piéton centre, « pour privilégier une piétonisation d’îlots à l’échelle des quartiers en concertation ». Il prévoit également de revoir le plan de circulation pour « redonner de l’accessibilité à la ville ». Une méthode dont son adversaire Philippe Dessertine est également partisan.
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