Société 

Die-in à Bordeaux contre l’expulsion des demandeurs d’asile vers l’Italie

Pour demander l’arrêt des transferts des migrants vers l’Italie, et la prise en charge de leur demande d’asile par l’État français, les membres du collectif de soutien aux migrants du CAO de Mérignac se sont mis à terre, ce mercredi devant le Grand-Théâtre de Bordeaux.

Dans un silence qui aura duré un peu plus d’une minute, le collectif pour la défense du droit d’asile des migrants du CAO de Mérignac, rejoint par leurs soutiens et quelques passants, se sont étendus sur le sol, devant le Grand-Théâtre de Bordeaux.

Après avoir adressé des lettres restées sans réponse au président de la République, Emmanuel Macron, ainsi qu’aux mairies de Bordeaux et de Mérignac, le collectif a choisi, pour cette nouvelle action, d’attirer l’attention autrement :

« Las de faire des manifestations devant le Centre de Rétention Administrative (CRA) dont la portée a été assez réduite, cette fois, on a décidé de faire les morts sur la place, sans violence, sans bloquer qui que ce soit », explique Alain Roiller, syndicaliste du FSU.

Depuis trois semaines, le collectif se mobilise afin que cesse le transfert vers l’Italie des migrants issus du Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) de Mérignac.

« Procédure inhumaine »

Après la fermeture de ce dernier, le 15 mai 2017, la préfecture de Gironde avait invité ces migrants à se présenter régulièrement, pour contrôler leur situation. A l’issue de ces rendez vous, onze de ces vingt-deux hommes ont été placés en rétention administrative, avant d’être transférés en Italie.

Ces migrants, pour la plupart soudanais, sont soumis à la procédure Dublin. En vertu de cette dernière, il incombe ainsi au pays de l’espace Schengen par lequel ils sont entrés – en l’occurrence, l’Italie – de traiter leur demande d’asile.

Le collectif de soutien demande au préfet de Gironde qu’il fasse jouer le droit de « dédubliner » certains réfugiés, c’est à dire de leur donner la possibilité de faire leur demande d’asile en France. Gérard Clabé, responsable du Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) en Gironde et membre du collectif de soutien, déplore l’inapplication de ce droit :

« En trois semaines, nous sommes mobilisés, nous avons multiplié les actions et notre présence sur la place publique, martèle-t-il. Malheureusement, petit à petit, le préfet arrête les demandeurs d’asile et les expulse en Italie. Nous avons beau retourner la situation dans tous les sens, cette procédure est inhumaine. »

Le diable s’habille en prada

Depuis la fermeture du CAO de Mérignac, les demandeurs d’asiles ont été placés dans une nouvelle structure temporaire, en principe destinée aux migrants en procédure Dublin : les pradas (plateformes régionales d’accueil pour demandeurs d’asile). Celle de Mérignac se trouve dans un Formule 1, situé à deux pas de l’aéroport.

Selon Raymond Blet, avocat membre du collectif qui a travaillé dans la jungle de Calais, cette procédure permettrait de faciliter les transferts des demandeurs d’asile vers d’autres pays :

« Les CAO ne sont pas une domiciliation, expose-t-il. Dans ce cas, l’État ne peut donc pas entreprendre une assignation à résidence. En revanche, en mettant sur pied ce système de prada, il peut se le permettre. »

Enfin, le collectif estime que l’Italie, en raison de ses faibles moyens, ne peut traiter correctement les demandes d’asile.

« L’Italie est si submergée par le problème des entrées qu’elle est parfois contrainte de les refuser avant même de les examiner », affirme Graziella Danguy, secrétaire du FSU Gironde.

Loin de se résigner, le collectif entend poursuivre les pressions afin d’obtenir une réponse et une position claire de la part de la préfecture de la Gironde ou, mieux, du gouvernement.

L'AUTEUR
Margaux Deuley
Margaux Deuley
journaliste en formation à l'EPJ Tours
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