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Hockey sur glace : les Boxers sortent leur réserve du frigo
Sport 

Hockey sur glace : les Boxers sortent leur réserve du frigo

par Walid Salem.
Publié le 1 avril 2014.
Imprimé le 19 janvier 2022 à 21:47
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Tom, dans l'équipe des Boxers de Bordeaux (DR/Coll. familiale)

Tom Grat-Guiraute, dans l’équipe des Boxers de Bordeaux (DR/Archives familiales)

A l’heure où les Boxers de Bordeaux disputent la finale contre les Lions de Lyon pour une place en Ligue Magnus, une autre bataille est en cours pour faire aboutir le projet d’une équipe de troisième division au sein du club. Cette réserve permettrait de faire jouer les jeunes, barrés en équipe première.

Derrière le comptoir de son restaurant dans le quartier des Chartrons, Michel s’agite dès qu’on évoque le hockey sur glace à Bordeaux. Il faut dire que le sujet lui tient à cœur. En témoignent les crosses posées sur les étagères et les photos qui trônent sur les murs.

Il y a surtout celle de son fils, Tom, tout sourire, aux côtés de deux grands joueurs nord-américains qui posent autour de l’imposante coupe Stanley ; le prestigieux trophée de la National Hockey League : l’association sportive professionnelle qui regroupe, dans le meilleur championnat de hockey au monde, les équipes du Canada et des États-Unis.

En 1999, Michel inscrit son gamin âgé de 8 ans chez les Dogues de Bordeaux qui deviennent l’année suivante les Boxers. Il a accompagné son fils, Tom, dans  sa formation, ses tournois et ses premières médailles. Ensuite, Tom fera une section sport étude à Anglet pendant 3 ans où il finit par intégrer l’équipe première en double surclassement. De retour à Bordeaux en 2010, il évolue dans la catégorie U22 et lui arrive de jouer en premier encore une fois surclassé.

Seulement voilà, passé vingt deux ans et écarté de l’équipe première, le grand Tom est contraint d’arrêter. Car chez les Boxers de Bordeaux, en dehors de la D1 (première division, en dessous de la Ligue Magnus), il n’y a pas d’autres niveaux pour pratiquer ce sport, à moins de rejoindre les vétérans !

« Dans une ville comme Bordeaux, ils pourraient faire une équipe en troisième division (D3) pour au moins faire jouer ces gamins quand même ! », s’emporte Michel.

L’attribution des « heures de glace »

« Mais bien sûr ! » répond Arielle Piazza, adjointe aux sports de la mairie de Bordeaux :

« Les choses sont en cours, la D3 est à l’étude, elle est même en bonne voie, il y a juste deux ou trois petites choses à régler ».

Les « deux ou trois petites choses à régler » sont les suivantes :

  1. Finaliser la création et le montage juridique de la SASP qui devrait conduire l’équipe première vers un fonctionnement professionnel.
  2. Définir le rôle et le fonctionnement de l’association qui prendra en charge les autres secteurs du club.
  3. Caler les « heures de glace » entre le club, les écoles et l’accès au grand public au patinage. Sans compter l’utilisation de la patinoire comme salle de spectacle.

Les « heures de glace » sont les créneaux d’accès de la patinoire. Arielle Piazza et Bruno Jaffeux, président actuel des Boxers de Bordeaux, sont dans l’attente du calendrier de la mise à disposition de la patinoire aux écoles. Par ailleurs, les écoles sont en attente de l’application de la réforme des rythmes scolaires. Autant dire pour l’instant que le serpent se mord la queue.

Les Boxers de Bordeaux, saison 2013-2014 (DR)

Les Boxers de Bordeaux, saison 2013-2014 (DR)


Les Boxers de Bordeaux en finale

Les Boxers de Bordeaux jouent leur troisième match ce soir à la maison contre les Lions de Lyon. Cette finale des play-off se déroule au meilleur des 5 matches. Les deux premiers ont eu lieu le week-end dernier à Lyon où les Bordelais se sont inclinés 4-1 et 7-2. Pour remporter la finale et espérer une place en élite Magnus, ils doivent gagner les trois matches restants. Deux à Bordeaux et le dernier à Lyon.

Le président Bruno Jaffeux estime que l’objectif de disputer la finale est atteint. Mais le nouvel entraineur, Martin Lacroix, insiste sur la volonté de la gagner. « On revient devant notre public ! ». Bien que ce dernier estime que « c’est bien qu’on soit là », il reconnaît que les défaites à Lyon se sont jouées à peu de choses et le score ne reflètent pas la réalité.

« Nous avons été souvent pénalisés et Lyon en a profité à chaque fois. Nous avons eu une bonne entame pour le deuxième match, comme quoi on est capable de rivaliser. »

Quelle que soit l’issue de la finale, les Boxers se projettent dans la saison prochaine, avec le recrutement de 2 ou 3 bons joueurs supplémentaires.


Une SASP pour l’élite, 30000 € pour la D3

Le budget actuel du club annoncé par Bruno Jaffeux s’élève à 650 000 €. Le mairie en assure entre 25% et 30%. La subvention du Conseil régional est de 20000 €, celle du Conseil général de 10000 €. Le reste est le produit des recettes des matches (20%) et les contributions des sponsors. La création d’une D3 nécessite 30000 €.

Une SASP – société anonyme sportive professionnelle, structure très proche d’une société anonyme classique – est destinée à la gestion de l’équipe D1 (ou Magnus si tout va bien !). Elle devra fonctionner et trouver les fonds – billetterie, sponsors… – de manière indépendante, soit 500 000 €. La SASP réunira des actionnaires privés et aura pour mission la professionnalisation de l’équipe première. Elle pourra procéder à des distributions de dividendes à ses actionnaires et rémunérer ses dirigeants qui ne seront pas ceux de l’association « support ».

150 000 € seront consacrés au fonctionnement de l’association, l’équivalent des subventions de la Mairie, du Conseil régional et du Conseil général.

« Le budget qui reviendra à l’association en charge de la gestion du club des Boxers de Bordeaux et de la D3 envisagée doit garantir une formation de qualité », déclare Arielle Piazza.

Dans l’attente de la nouvelle salle de spectacles

Une autre convention est à prévoir avec la société en charge de la gestion de la patinoire, Axel Vega. Cette société s’occupe de la programmation des spectacles et de l’attribution des heures de glace. Les rencontres du championnat font partie des heures de glace. Selon Bruno Jaffeux, pour ces rencontres, la location de la patinoire est plus que symbolique ; elle s’élève à 300 €.

Ce fonctionnement s’impose jusqu’à l’ouverture de la nouvelle salle de spectacle prévue à Floirac en juin 2015, qui va entièrement libérer la patinoire de Mériadeck pour une utilisation seulement scolaire et sportive.

On peut être tenté de croire que la création de la D3 va, de ce fait, attendre l’échéance de juin 2015, mais le président Jaffeux, en place depuis 5 ans, croit fermement à l’intérêt de mettre en place dès cette année.

« Ceci nous permettra de mobiliser les joueurs intéressés et de se préparer avec une saison intermédiaire. »

Matthieu Duolle partage le même avis de la nécessité de la création de la D3. Pour cet ancien joueur, « ça aurait du être fait depuis longtemps ! ».

Matthieu Duolle a quitté l’équipe depuis sa montée en D1 en 2006. Il aurait voulu continuer à jouer à un autre niveau parce que, il l’avoue lui-même, il fallait un meilleur niveau pour la D1.

« La D3 m’aurait permis de continuer au lieu de retrouver les vétérans qui, en plus, se retrouvent qu’une fois par semaine pour jouer tard dans la soirée. La D3 permettrait non seulement à d’anciens joueurs de rester mais de permettre aussi aux jeunes joueurs qui sortent du U22 de continuer. Ce qui pourrait constituer une réserve pour la D1. »

La D3, une réserve pour la D1 ?

Martin Lacroix n’est pas de cet avis. L’entraineur canadien de la D1 ne pense pas que la D3 soit en mesure de fournir des joueurs à la D1. Il nous confie :

« C’est une bonne chose de créer une D3. Sauf exception, ça ne pourra pas franchement constituer une réserve parce que le rythme d’entrainements n’est pas le même.
Ceci dit, c’est ma première saison à Bordeaux et je ne connais pas tout l’effectif. Tout est possible et un cas exceptionnel peut se révéler. »

Le président Jaffeux, quand à lui, a confiance dans l’effectif :

« Des joueurs pour la D3, il y en a. Nous avons même l’encadrement pour la mettre en place. Si on obtient le budget et les heures de glace, on fonce. »

A la mairie, Arielle Piazza est confiante et estime le projet sur une bonne voie. Guy Accoceberry, conseiller municipal délégué auprès de l’adjointe pour le sport nous conforte dans ce sens.

Arielle Piazza espère une décision d’ici trois semaines et nous promet une déclaration officielle vers le 1er mai. En attendant, « il faut laisser aux choses le temps de se faire, selon elle, et arrêter de rameuter les réseaux sociaux sur cette question », comme le fait avec une certaine obstination Michel auprès des 6000 fans de son restaurant…

Article actualisé le 01/04/2014 à 10h16
L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
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