Bordeaux, nouvelle république du skate
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Bordeaux, nouvelle république du skate

Tirant le bilan de l’expérimentation Skate(z) zen, qui a permis d’instaurer le dialogue entre les riverains et les skateurs de Bordeaux centre, la ville veut désormais créer des espaces dédiés aux skateurs, comme la place de la République, tout en féminisant la pratique.

La mairie de Bordeaux, en partenariat avec l’association Board-O qui rassemble plus de 400 adhérents a réussi son pari de réguler le nombre de skateurs sur des zones spécifiques (place des Commandos-de-France, place Pey Berland, place Jean-Moulin, rue Saint-Sernin, Parvis des Droits-de-l’Homme et terrasse Koenig) en n’autorisant la pratique que les mercredis et samedis de 11h à 20h.

Si le cours du Chapeau-Rouge et la place de la Comédie sont définitivement interdits au skate, il est toujours possible de pratiquer sur les quais, ou dans les trois skateparks de Bordeaux.

Thomas Pensart, professeur de skate à Board-O (JC/Rue89 Bordeaux)

« La ville est un terrain de jeu »

Mais la mairie souhaite désormais créer de vrais espaces de glisse, intégrant du mobilier urbain sur le modèle de certaines villes européennes comme Malmö en Suède. Dans cette logique, Arielle Piazza, adjointe au maire chargée des sports, de la jeunesse et de la vie étudiante, a annoncé la rénovation de la place de la République pour 2019.

« C’est une place en déshérence. Il n’y a pas de commerce, peu de passage. Avec ce nouveau mobilier urbain, elle pourra reprendre réellement vie. La ville doit devenir un terrain de jeu, pour tous. »

Mais attention, comme le précise Florent Hecquard de Board-O, ces infrastructures ne sont pas uniquement à destination des skateurs.

« Tous les sports de glisse pourront les utiliser, BMX, vélo, roller… Ces infrastructures seront par exemple des bancs en granit qui pourront servir à s’assoir mais aussi à glisser. L’idée c’est qu’elles servent à tous. »

Si les places célèbres de Bordeaux sont prisées par les riders, ces derniers aiment également les quartiers peu connus. C’est en suivant cette logique de reconnexion de certains quartiers que la mairie souhaite également créer des skate dots, des espaces restreints dédiés au skate, disséminés dans la ville pour favoriser la circulation et l’exploration. La présence des skateurs permet au passage de sécuriser ces espaces.

Des projets sont également en cours pour le pont Simone-Veil. Le stade Promis (rive droite) et les Bassins à Flot accueilleront des modules dédiés aux skateurs.

Skater sur la place Pey Berland (SB/Rue89 Bordeaux)

They see me rollin’

Pendant les huit prochains mois, Tom Dick, un des deux médiateurs en service civique fraîchement installés, sera présent sur le terrain :

« Sur place, je ferais beaucoup de pédagogie pour les riverains et trouver les mots positifs sur ce qu’est le skate. Ce sera aussi l’occasion de récupérer leurs témoignages et de voir ce qui coince encore. Après, j’ai aussi un rôle avec les skateurs, notamment les plus jeunes : les sensibiliser et communiquer sur leur liberté, ce qu’ils peuvent faire dans ces espaces et quand. »

Photographe, il travaillera également sur la communication et la documentation de Board-O et de la pratique en général, à destination des jeunes également. Ce service entre en réalité dans un programme de communication plus large. A Bordeaux, le skate « fait partie du patrimoine » affirme Arielle Piazza. L’été dernier, l’association Arc en Rêve présentait son exposition Landskating Anywhere. Présents au Printemps de Caudéran le week-end dernier, les membres de Board-O présenteront une nouvelle vidéo de Bordeaux Ville Skate en juin prochain.

« Avec l’arrivée de ce sport aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, on s’attend à une recrudescence de la pratique. Et c’est pour le mieux ! Mais pour cela, il faut que Bordeaux puisse également proposer aux licenciés des espaces de glisse qui leur sont dédiés », ajoute Arielle Piazza.

Girl power

Autre défi majeur pour les riders : la féminisation de la pratique. Arielle Piazza en fait un objectif.

« Dans les skateparks ou sur les places, on ne voit pratiquement que des garçons. Les filles sont rares et c’est vraiment dommage ! Il faut absolument que la pratique se féminise. Avec les nouvelles infrastructures, j’espère qu’elles y trouveront une certaine sécurité qui les poussera à s’épanouir dans le skate. »

« Des initiatives sont déjà lancées », répond Grégoire Grange, directeur artistique de Board-O. Même si elles sont aussi mercantiles : des marques comme Nike ou Bouygues Télécom surfent déjà sur le mouvement.

L'AUTEUR
Julie Chapman
Julie Chapman
Journaliste, étudiante à Sciences Po Bordeaux. Bordelaise de naissance et de cœur.

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