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Les taxis obtiennent un arrêté contre Uber en Gironde
Société 

Les taxis obtiennent un arrêté contre Uber en Gironde

par Walid Salem.
Publié le 10 février 2015.
Imprimé le 07 décembre 2021 à 10:12
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"Uberpop=Clandestins, Le préfet doit faire respecter la loi. Il en est la garant", pouvait-on lire sur les taxis bordelais (WS/Rue89 Bordeaux)

« Uberpop=Clandestins. Le préfet doit faire respecter la loi. Il en est la garant », pouvait-on lire sur les taxis bordelais (WS/Rue89 Bordeaux)

Ce mardi, Bordeaux est devenu le centre de la contestation des taxis contre l’application Uberpop. Ils ont réclamé sa suppression au Préfet, qui a concédé un arrêté interdisant Uber en Gironde.

Plus de 500 taxis se sont réunis ce mardi devant la gare Saint-Jean à Bordeaux, certains venus de Toulouse, d’autres de Nantes pour prêter main forte. Nadège Roy, présidente du Syndicat autonome artisans taxi Gironde, l’explique à Rue89 Bordeaux :

« Pour les taxis du grand Ouest, Bordeaux est devenue la capitale. Dans notre profession, l’union fait la force. Les taxis toulousains sont déjà pénalisés par l’utilisation d’Uberpop à Toulouse. En revanche, ce service est annoncé à Nantes pour le 14 mars. »

En fin de matinée, une opération escargot les conduit de la gare jusqu’au tribunal, avant qu’ils ne soient reçus par le préfet de la région Aquitaine et préfet de la Gironde, Michel Delpuech :

« Nous avons obtenu du préfet un arrêté préfectoral qui interdit Uber dans tout le département girondin », nous apprend Nadège Roy à la fin de la réunion.

Un communiqué de la préfecture confirmait que « compte tenu des troubles qu’engendre l’activité illégale dite Uberpop, le Préfet a pris un arrêté de police générale, valable sur tout le département de la Gironde, relatif à l’interdiction de cette activité ».

« Les contrôles ont été intensifiés et continueront à l’être »

Le 4 février, le préfet avait reçu Alexandre Molla, directeur général expansion France d’Uber. Il lui avait rappelé le caractère illégal de son activité en regard de différentes règles fiscales et sociales ainsi que du code des transports. Le préfet avait également attiré l’attention du dirigeant d’Uberpop sur l’absence des assurances nécessaires pour l’exercice de ce métier.

Par ailleurs, il lui avait confirmé que les opérations de contrôle allaient se poursuivre et que les forces de l’ordre allaient mettre en garde les conducteurs concernés.

« Uber est une activité illégale. Les contrôles ont été intensifiés et continueront à l’être », nous affirment les services de la Préfecture.

Lors de ces contrôles, un courrier est remis pour rappeler à chacun les éléments de droit et les risques auxquels il s’expose.

« C’est tout !? se demandait cette après midi Nadège Roy. On nous retire notre licence s’il nous manque une attestation ou un document officiel et aux dirigeants d’Uber, on leur demande gentiment d’arrêter ! L’application devait être interdite depuis le 1er janvier et elle est toujours en ligne et utilisée. On se demande vraiment ce que ça peut cacher ! »

« Pourquoi Uber et pas Blablacar ? »

En effet, le 15 décembre 2014, le porte-parole du ministère de l’Intérieur Pierre-Henry Brandet avait annoncé que le service de covoiturage proposé par Uber via l’application Uberpop serait interdit à partir du 1er janvier 2015, à condition que tous les décrets de la loi Thévenoud sur la régulation de la concurrence avec les taxis soient publiés.

Rien n’a changé depuis et une plainte a même été déposée à Bruxelles contre Paris par la direction France de la startup américaine. Uber estime que la loi Thévenoud n’est pas conforme au droit européen et attend l’avis de la Commission européenne. En attendant, le service d’Uberpop est toujours en ligne.

De ce fait, les taxis maintiennent leur mouvement de protestation.

« Un chauffeur de taxi se doit d’avoir un casier judiciaire vierge et on laisse les citoyens monter dans des voitures de parfaits inconnus, certains au passé douteux, récidiviste ou même proxénète. On a bien vu les cas où des clientes ont même été harcelées sexuellement », déclarait Nadège Roy.

Les dirigeants Uber répètent à qui veut l’entendre que leurs chauffeurs ne sont pas mieux ou moins bien que ceux d’une autre application de covoiturage jamais inquiétée en France : Blablacar.

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
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