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A Puisseguin, le temps des hommages et de l’enquête
Société 

A Puisseguin, le temps des hommages et de l’enquête

par Mila Ta ninga.
Publié le 26 octobre 2015.
Imprimé le 07 octobre 2022 à 20:20
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L'identification des victimes est la priorité des enquêteurs de la gendarmerie nationale (© Ministère de l'intérieur)

L’identification des victimes est la priorité des enquêteurs de la gendarmerie nationale (© Ministère de l’intérieur)

Les derniers corps des 43 victimes du dramatique accident à Puisseguin ont rejoint l’institut médico légal de Bordeaux dimanche. Deux jours après la collision entre un bus et un camion, le bilan humain est définitif. Les habitants de la région ont rendu hommage aux victimes. François Hollande sera ce mardi à Puisseguin.

L’enquête se poursuit sur les circonstances du drame de Puisseguin, intervenu vendredi 23 octobre. Les experts en accidentologie doivent encore analyser tous les indices collectés. Au niveau de la mécanique tout d’abord. Notamment les systèmes de freinages des véhicules. Car même si l’on sait qu’aucune trace de freinage n’a été retrouvée et que le camion et le bus ont été révisés cet été, il faut exclure toutes les fausses hypothèses.

Il faut également faire parler les fameux Chrono Tachygraphes. Ces sortes de boîtes noires enregistrent divers paramètres comme la vitesse et le temps de parcours. Mais tout comme le système de freinage, les enregistreurs sont fortement carbonisés et endommagés. Ce qui peut rendre encore plus difficile la découverte de la vérité.

« Le bilan de 43 victimes est définitif »

Une autre question se pose : comment les véhicules ont-ils pu s’embraser aussi vite ? La réponse repose sur les épaule de l’expert en incendie, mandaté par le procureur de la République de Libourne. Il a commencé ses relevés ce lundi. Tout comme l’expert en accidentologie, il sera présent à Puisseguin avant et après l’enlèvement des carcasses.

« On ne pense pas trouver d’autres corps. Pour nous le bilan de 43 victimes est définitif », indique Patrick Chilliard, officier de la communication du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale.

Les enquêteurs devront aussi déterminer le déroulé de l’accident. Ils devront tenter de savoir comment le camion s’est retrouvé sur la mauvaise voie de circulation. Le conducteur du bus aurait affirmé à son patron que c’est le camion qui aurait fini la course dans son car. Il aurait été en portefeuille. Des éléments à recouper avec les autres témoignages et avec les éléments relevés sur les lieux de l’accident.

« Chaque corps rendu à chaque famille sans qu’aucun doute ne subsiste »

C’est LA priorité des enquêteurs de la gendarmerie nationale pour faciliter le deuil des familles assure Laurent Dourel qui dirige la cellule ante-mortem à l’IRCGN (l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale). Les douze experts ont récolté des éléments fournis par chaque famille de victime pour les recouper avec les éléments retrouvés sur les corps calcinés. ADN, passé médical, dossier dentaire, radiographie, mais aussi bien les bijoux et objets personnels portés par les victimes. L’identification des 43 corps des victimes sera connue d’ici trois semaines.

Une marche blanche en leur hommage était organisée ce dimanche après-midi à Petit-Palais, en présence de 5 000 personnes venues soutenir les familles des victimes.

Pendant plus d’une heure, le cortège a effectué le tour du village, en empruntant des petites routes de campagne au milieu des vignes et des bosquets, avant de se rassembler devant l’église. Pendant le trajet, la foule s’est aussi arrêtée devant la maison de certains des défunts. Familles, proches, élus et inconnus. Tous ont rendu hommage aux victimes du dramatique accident de vendredi dernier. Quelques altercations ont eu lieu entre les participants et les journalistes tenus à distance du cortège.

Un dimanche de commémoration

En fin de matinée, une cérémonie religieuse a eu lieu dans l’église de Petit-Palais. Cérémonie organisée par les clubs de chasseurs locaux auxquels appartenaient plusieurs victimes pour un moment de recueillement religieux. Les chasseurs ont d’ailleurs annoncé suspendre la période de chasse pendant une semaine.

Cette cérémonie a rendu un premier hommage émouvant aux victimes. Plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées autour d’un petit autel improvisé couvert d’un linge blanc et de 43 bougies, avant un moment de prières et de recueillement collectif dans l’église.

Une autre cérémonie sera organisée à Petit-Palais ce mardi, en présence de François Hollande.

« C’est toute une génération qui a disparu », déclarait vendredi sur le lieu du drame les familles des victimes.

Des proches sous le choc

Les proches qui ont bien voulu adresser quelques mots à la presse étaient sous le choc, comme hébétés. À l’image de Delphine, venue de Bordeaux dès qu’elle a appris la nouvelle aux informations :

« J’ai ma maman qui était dans le bus avec mon beau-père et deux de mes tantes. Je viens aux infos. Mon beau-père apparemment est vivant mais je ne sais pas… Apparemment j’ai perdu tout le reste de ma famille. »

D’autres comme Jacques sont aussi sous le choc. Ce retraité de Montagne a appris que son frère et sa belle-sœur font partie des huit rescapés :

« Je suis soulagé. On voulait que j’aille voir un psychologue, mais je tiens le coup. Ils sont brulés mais vivants. J’ai eu mon beau-frère au téléphone, il a du taper à grand coup de pied pour sortir du bus. Maintenant il faut penser à ceux qui souffrent. »

Béatrice, une habitante de Puissegin, est venue soutenir les familles de victimes. Une de ses cousine aurait du partir ce vendredi matin avec le club. Celle-ci a préféré rester auprès de son mari malade :

« C’est un très gros choc. Je connaissais trois ou quatre personnes dans le bus dont l’ancien maire de Petit-Palais. J’ai habité pendant 19 ans là-bas. J’en est fréquenté quelques uns à des repas. Maintenant je soutiens les familles et ça fait mal. »

L'AUTEUR
Mila Ta ninga
Mila Ta ninga
Journaliste de terrain et de cœur. Vous donner la parole est une de mes priorités, comprendre le monde qui nous entoure une de mes valeurs. Mes terrains de jeux ? L'Aquitaine en général et la Gironde en particulier.

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